Jugement, procès de Caen !!!

Publié le par la Rédaction

Caen, Caen, Caen, cancrelats !

 

 

2000 ans d'Histoire avec Patrick Gélinet : aujourd'hui,  l'audience du 8 décembre 2010 au tribunal de Caen où comparaissaient 5 militants et deux militantes du GANVA pour le blocage du convoi Castor du 5 novembre dernier !

 

 

Ce train transportait des déchets destinés à être stockés puis enfouis en Allemagne. La logique anti-enfouissement justifiait d'entraver sa marche. Pas chez nous, pas chez eux (d'ailleurs là-bas on fait comme chez nous !).

 

Cinq personnes s'étaient cadenassées dans des tubes passés sous les voies, retardant le train de plusieurs heures. En coupant les tubes, les policiers brûlaient deux personnes au troisième degré, et coupaient deux tendons à la troisième. Pendant qu'ils hurlaient, les CRS leurs répondaient : «Tu pourras faire  le héros devant tes camarades» ou encore : «Attends, j'ai bientôt fini» (citations  authentiques).

 

Quant à la SNCF, elle alignait pour tout remerciement 16 trains annulés (un service en vaut un autre).

 

Tout cela nous mène à l'audience du 8 décembre.

 

Le procureur demande suivant les personnes 2 à 3000 euros d'amende, et deux à trois mois de cage avec sursis.

 

La plainte pour violences volontaires déposée par les militants contre les CRS est classée sans suite.

 

AREVA demande un euro de dommages et intérêts à chaque militant en contrepartie de la campagne «anxyogène» menée contre elle.

 

La SNCF réclame 40'000 euros de dommages et intérêts.

 

200 personnes étaient présentes dans la rue pour soutenir les  militant/e/s.

 

Délibéré rendu fin janvier.

 

À retenir qu'il faut s'estimer heureux de ne sortir que blessé d'une action non violente, mettre deux heures de retard à un train mérite au moins de ne plus avoir l'usage de sa main. Justice est faite sur place, le domaine de compétence des CRS s'élargit.

 

Au moment de défendre devant le tribunal la logique de leur action, les accusés s'entendent répondre : «N'y a  t-il pas confusion entre désobéissance civique et un combat qui ne réussit pas  par les voies traditionnelles de la démocratie ? On peut appliquer ce raisonnement à la prise du pouvoir par Hitler en 1933, la prise du  pouvoir par une minorité.» On atteint là un pinâcle de comparaison malsaine, Hitler étant précisémment arrivé au pouvoir par les voies démocratiques traditionnelles, nommé chancelier après que son parti ait fait 43 pour cent aux Législatives suite à une campagne très agressive.

 

Continuons pour ce qui est du «combat qui ne réussit pas par les voies traditionnelles de la  démocratie»… Si tant est qu'on nous ait jamais demandé notre avis en 35 ans, notre lutte a une aspiration démocratique. 60'000 électeurs meusiens et haut-marnais ont par exemple signé une demande de référendum local sur la question de l'enfouissement il y a deux ans. L'écologie gagnant les mentalités, les cartons de pétition sont bel et bien arrivés au centre de tri des ordures ménagères. Ce n'est pas nous qui foutons la démocratie à la benne.

 

Enfin, pour ce qui est de la question de la minorité voulant prendre le pouvoir ; quand la communauté (une «minorité» !) afro-américaine avec Luther King mit à genoux par boycott (entre parenthèse, la pratique du boycott vient elle aussi d'être interdite en France !) la compagnie de bus de Montgomery en Alabama dans laquelle les Noirs ne pouvaient s'asseoir qu'au fond, c'est sans doute parce qu'avant cela, l'égalité raciale était un combat qui n'avait «pas réussi, par les voies traditionnelles de la démocratie». Ce n'est qu'ensuite que la Cour suprême déclara illégale les mesures ségrégationnistes. Les Blancs avaient un peu tardé à abolir d'eux-mêmes l'apartheid dans un cadre parlementaire ! Autant le dire et l'assumer : oui, le cadre  parlementaire, comme beaucoup nous n'en attendons pas grand chose. La faute n'en revient pas à nous mais à ceux qui y siègent.

 

ANARCAVIAR - jeudi 9 décembre 2010.

 


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