Jours de grève des chômeurs à Montreuil

Publié le par la Rédaction

 

Le Premier Mai, il y avait eu la grande banderole Grève des chômeurs au dessus du cortège syndical. La CFDT avait dû dégonfler son ballon à l’hélium pour passer. Pour le lancement de la grève, lundi 3 mai, c’était l’occupation du siège de Pôle Emploi. Ça commençait bien.

 

C’est mardi 4 mai que s’est tenu le premier piquet de grève des chômeurs dans une rue piétonne de Montreuil, au métro Croix de Chavaux. Il faisait très frais mais il ne pleuvait pas. Sur la tente de jardin, une banderole «grève des chomeurs-meuses». Diffusion des tracts et conversations avec les passants curieux. Certains disaient «ah ça une grève des chômeurs, on aura tout vu».

Plus tard quelques grèvistes sont partis visiter le Pôle Emploi rue de Beaune. Une fois entrés, la directrice a tout fait fermer en empêchant ses subalternes de nous adresser la parole.

La grève créerait-elle de l’emploi ? Deux vigiles sont là au lieu d’un habituellement. Après avoir été apidement exfiltrés pour raison de sécurité, certains allocataires présents nous retrouveront à la projection du soir. Nous décidons d’emboîter le pas aux expulsés pour prolonger la balade grêveuse du jour.

Le Pôle Emploi de la rue Kleber est, comme à l’accoutumée, déjà fermé lorsque nous arrivons. Depuis que le piquet a commencé, la sous-directrice de l’agence s’inquiète. Paraît qu’elle appelle la direction générale toutes les dix minutes. Nous discutons avec une agente CFDT (organisation qui a voté la dernière convention UNEDIC pour «sauver l’assurance chômage, qui aurait été, sinon, laminée par Sarkozy et ses sbires»). Nous reviendrons le lendemain.

Le soir, beaucoup de monde se retrouve à la projection de Busqueda Piquetera, un film sur des luttes de chômeurs en Argentine. Puis nous parlons longuement de la pertinence d’une grève des chômeurs, de revendication ou pas et de quelles revendications, de mouvement, d’attentisme, de masses, d’avant-garde, de grève humaine et de révolution.

Nous avons appris que quelque chose a démarré à Caen aussi et — vérification du devenir chômeur de l’étudiant ? — que l’acronyme de Collectif de chômeur-euse-s, Précaires Enragé-e-s se prononçait CPE.

Un communiqué de Solidaires en soutien à la grève des chômeurs était sorti avant le 3 mai. L’occupation du siège de Pôle et la répression qui s’en est suivi (93 arrestations en présence du préfet, menaces de procès, tous les manifestants filmés, etc.) a conduit les syndicats de Pôle Emploi (SNU, Solidaires) à prendre position en faveur des revendications des chômeurs. Le Comité d’entreprise du 4 mai a d’ailleurs été consacré exclusivement à l’occupation de la veille, 5 syndicats exigeants de Charpy que Pôle Emploi retire sa plainte.

L’occupation de la direction régionale de Pôle Emploi en Bretagne réclame elle-aussi l’abandon des poursuites et le retrait de la plainte de Pôle Emploi. Les occupants réussissent à obtenir un écrit de la direction qui reconnaît la grève et autorise les absences à convocations.

Nous apprenons que des initiatives se préparent dans d’autres villes.

Mercredi. Les tractages-collages continuent. Les Pôles ferment à chaque passage de grévistes. Des enfants jouent aux pirates non loin de la tente du piquet de grève aux sons d’une petite chorale Brassens et de la clarinette. L’hiver dure, venteux. La chaleur des crêpes sera pas de trop.

Demain jeudi, la Coordination des intermittents et précaires participe à la manif «en défense de la culture» avec son tract qui appel à la grève Est précaire ce qui s’obtient par la prière et Montreuil tient le piquet de grève.

Le programme est là.
Le tract distribué jeudi 6 mai.

 

CIP-IDF, 6 mai 2010.

 

Publié dans Chômeurs - précaires

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