Journée internationale contre la brutalité policière à Montréal Mardi 15 mars

Publié le par la Rédaction

Appel pour le 15 mars 2011 : 15e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière !

 

En juin dernier, des milliers de militant-e-s anticapitalistes convergèrent vers la ville de Toronto afin de dénoncer la tenue du Sommet du G20. Tout au long de la fin de semaine, nous avons été témoins de la plus vaste opération d’arrestations de masse et de répression policière au Canada. En seulement trois jours, plus de mille personnes ont été arrêtées de façon arbitraire, et détenues pendant des dizaines d’heures, souvent sans accusations, dans des conditions qui relèvent de la torture. On ne compte plus les bavures policières ayant eu lieu lors de ce week-end de juin à Toronto. Si ces évènements passeront dans l’histoire comme une opération de répression policière inégalée, il ne faut pas oublier que cette violence de la part des «forces de l’ordre» est le lot de plusieurs au quotidien. Parce que la police se met au service de l'État, un système dominant, exploiteur et oppresseur.

 

 

Les politiques d'une clique comme le G20 font sentir leurs effets nocifs dans nos vies quotidiennes. C'est la job non-syndiquée au salaire minimum, c'est les milliers de pubs qu'on croise, le loyer trop cher qu'on n'arrive plus à payer, c'est la rue. Pour les populations marginalisées du centre-ville, ses effets se font sentir de façon encore plus évidente. Avec la complicité des élu-e-s et des gens d’affaires, le SPVM pratique un profilage social qui cible les itinérant-e-s, les jeunes de la rue et les travailleuses et travailleurs du sexe. Imposition de quadrilatère, distribution massive de tickets pour des infractions mineures, intimidation, harcèlement, arrestations brutales ; les moyens utilisés dans le but de «nettoyer» les quartiers, afin de favoriser les développements immobiliers et commerciaux pour les biens nantis, sont nombreux et critiquables. Le chantier du futur Quartier des spectacles est un exemple flagrant de ce nettoyage social orchestré par les gens d’affaires, avec les élu-e-s municipaux-ales dans leur poche et appliqué par les agent-e-s du SPVM. Désormais, les marginaux ne sont plus les bienvenus dans un tout nouveau centre-ville embourgeoisé, prestigieux et propre.

 

Dans ces «nouveaux» quartiers aseptisés, la notion d’espace public est de plus en plus restreinte pour celles et ceux qui vivent dans la rue. Pour en rajouter, le SPVM ne se satisfait plus seulement de défendre les intérêts des plus riches comme «service public», mais vend ses services de sécurité au plus offrant. En 2009, la location de policier-ère-s a permis au SPVM d'amasser 4,2 millions de dollars. Les commerçant-e-s de la Place Dupuis font partie des entreprises qui achètent les services du SPVM afin d'augmenter la présence policière autour du centre commercial. Ainsi, non-content de contrôler l'accès au Carré Berri par une présence massive de policier-ère-s qui harcèlent ceux et celles qui le fréquentent, le SPVM intensifie sa main-mise sur cette partie du centre-ville en vendant ses services aux commerçant-e-s.

 

 

Et ce n’est certainement pas la prétendue aura de sainteté du nouveau directeur du SPVM, Marc Parent, qui viendra changer la donne. Celui que l’on surnomme le «Obama» de la police, issu d’une supposée «aile gauche» du SPVM est dans les faits un ardent défenseur de l’utilisation du Taser. Sur la question du profilage, Tremblay et Parent ont bien beau affirmé sur toutes les tribunes vouloir mettre un terme aux profilages, dans les faits, ils contribuent à maintenir en place ces attitudes discriminatoires. Si la Ville et le SPVM veulent véritablement s’attaquer au phénomène du profilage social, ils devraient tout d’abord se positionner sur les recommandations contenues dans l’avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse paru en 2009 qui affirme que la surjudiciarisation des personnes itinérantes repose sur des pratiques policières ciblées destinées à libérer l’espace public plutôt qu’à l’application neutre et impartiale de la loi.

 

Pour une quinzième année, le Collectif Opposé à la Brutalité Policière invite toute la population à prendre part à une manifestation dans le cadre de la Journée Internationale contre la brutalité policière. Cette année, nous occupons l’espace public dans le centre-ville de Montréal ! Nous en avons assez des tickets, assez de nous faire repousser toujours plus loin. Cette fois-ci nous restons !

 

Revendications

 

Nous exigeons :

— Que le SPVM mette fin à toutes formes de profilage qu'il soit social, racial ou politique ;
— La reconnaissance du principe selon lequel tant qu'il y aura des inégalités économiques, il y aura de l'insécurité sociale ;
— La fin de l'impunité et des abus policiers ;
— Que les policier-ère-s ayant commis des abus soient jugé-e-s comme tout autre citoyen-ne, devant un tribunal impartial ;
— L'abolition de tout règlement restreignant le libre accès aux espaces publics, tel que le règlement interdisant la présence de chiens dans les parcs du centre-ville ;
— La fin de la vente des services du SPVM à des intérêts privés.

 

Comment appuyer l’appel du Collectif Opposé à la Brutalité Policière

 

Le succès de cette manifestation ne peut être garanti sans l’appui et l’apport de la communauté. D’ailleurs, à chaque année, le Collectif Opposé à la Brutalité Policière invite les groupes à contribuer de différentes façons. C’est pourquoi nous sollicitons le soutien de votre groupe dans la réalisation de ce projet. Votre appui peut s’exercer de différentes façons :

— Un appui symbolique de votre organisme ; 
— Un coup de main au niveau de la diffusion de l’événement dans vos réseaux (du matériel de mobilisation est disponible à cet effet) ; 
— Un appui financier ; 
— En rédigeant un article pour le journal du 15 mars (pour plus d’informations à ce sujet, lire appel de contributions pour le journal du 15 mars au bas de ce message) ; 
— En organisant une vigile contre la brutalité policière durant le mois de mars (pour plus d’informations à ce sujet, lire l’appel pour l’organisation de vigiles au bas de ce message) ; 
— Ou toute autre forme de contribution, laquelle serait aussi grandement appréciée.

 

Nous vous remercions de l’intérêt et de la solidarité dont vous faites preuve envers les victimes de brutalité policière.

 

Si vous avez des questions ou si vous voulez en savoir plus au sujet de l’organisation de la manif, n’hésitez pas à nous contacter.

 

Collectif Opposé à la Brutalité Policière (COBP).

 

 

Manifestation improvisée : Des manifestants cagoulés devant un poste de police 

 

Plusieurs dizaines de personnes, dont certaines portaient des cagoules, ont tenu une manifestation impromptue au centre-ville de Montréal, samedi soir. Les manifestants se sont notamment mobilisés devant le Centre opérationnel Sud du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), situé sur la rue Guy, près du boulevard René-Lévesque Ouest.

 

Ils ont par la suite continué leur chemin en scandant plusieurs slogans en se dirigeant vers le quartier général du SPVM sur la rue Saint-Urbain.

 

L’événement a été qualifié «d’embryonnaire» par Simon Delorme, porte-parole pour le SPVM.

 

Des ressources policières ont été déployées afin d’éviter tout débordement. Au moment de mettre sous presse, aucun incident majeur n’avait été signalé.  

 

Leur presse (Laurent Dionne,
 Agence QMI), 12 mars 2011.

 

 

Brutalité policière : Le collectif militant invite les groupes communautaires

 

Le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) a annoncé vendredi préparer des célébrations entourant la 15e Journée internationale contre la brutalité policière du 15 mars en invitant les groupes communautaires à se joindre à eux et s’approprier l’espace public.

 

L’essentiel de cette invitation se matérialisera par le biais de vigiles qui auront lieu durant le mois de mars.

 

«L’invitation s’adresse aux groupes de femmes, aux organismes qui défendent les droits des immigrants et aux gens qui œuvrent auprès des personnes itinérantes. Nous souhaitons que les groupes prennent parole sur des enjeux qui les touchent afin de créer un rapport de force collectif face aux abus policiers», a expliqué Sophie Senecal, porte-parole au sein du collectif, lors d'une conférence de presse.

 

Parmi les activités, notons le spectacle contre la brutalité policière le 11 mars, la traditionnelle manifestation le 15 mars et la «Marche sur l’hôtel de ville», organisée l’Association québécoise pour la défense des droits et l’inclusion des personnes qui consomment des drogues.

 

Le grabuge n’est pas dans les plans

 

Comme les années précédentes, le Collectif a dénoncé «une dérive sécuritaire qui s’effectue au profit de l’élite politique économique au détriment des plus démunis de notre société».

 

Questionnée à savoir si le collectif s’attendait à du grabuge durant la marche du 15 mars, la porte-parole s’est fait plutôt évasive.

 

«Nous, ce qu’on organise, ce n’est pas une émeute, c’est une manifestation festive, dynamique et colorée avec des discours et de l’animation visuelle», a dit Mme Sénéchal.

 

L’an dernier, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) avait arrêté une centaine de manifestants.

 

Leur presse (Agence QMI), 11 mars.

 

 

Vandalisme : Des graffitis sur la façade du quartier général du SPVM

 

Le quartier général du Service de police de la Ville de Montréal a été la cible de vandales dans la nuit de jeudi.

 

Des graffitis ont été tracés sur la façade de l'immeuble situé sur la rue Saint-Urbain. On a aussi retrouvé des graffitis sur les roulottes de chantier de construction de la nouvelle salle de l'Orchestre symphonique de Montréal. L’un d’entre eux mentionne «SPVM 62».

 

«62» est le nom donné à l'Unité d'intervention ouest au SPVM. Des sources ont indiqué à TVA Nouvelles que des membres du Collectif opposé à la brutalité policière pourraient se trouver derrière ces actes de vandalisme. «On pense que c'est vraiment prématuré de prétendre que parce qu'il y a un graffiti, que c'est associé au Collectif opposé à la brutalité policière», a expliqué Sophie Sénécal, porte-parole du Collectif.

 

«Il y a beaucoup de personnes à Montréal qui ont des problèmes avec la police, a-t-elle poursuivi. Sur l'ensemble de la population montréalaise, il y a bien des personnes qui auraient pu commettre ce graffiti-là. Et justement, ce n'est pas dans notre intérêt de faire des graffitis avant notre manifestation prévue le 15 mars prochain.»

 

Le SPVM a ouvert une enquête. Les policiers entendent examiner les enregistrements des caméras de sécurité afin d'identifier le ou les suspects.

 

Leur presse (Agence QMI), 11 mars.

 


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