José Manuel Barroso à l'Université de Genève

Publié le par la Rédaction

Petit passage en revue des actions et textes qui sont sortis entre hier et aujourd'hui [14 octobre] sur la venue de l'infâme Barroso à Genève

 

 

1.  Action banderole-tract sur les politiques migratoires européennes à Uni Mail le 13 octobre :


Contre Barroso, docteur en génocide

 

Demain le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se verra remettre le titre de docteur honoris causa lors du Dies academicus 2010, pour l'occasion ce gros porc verra à parler de «droits humains». Parmi des étudiants anesthésiés, quelques faceless choisissent de passer à l'action.

 

Aujourd'hui, vers midi, on a pu admirer dans le hall de l'usine à diplôme (Unimail) une banderole «BARROSO ? Dr EN GÉNOCIDE. Solidarité avec les migrants» et un mannequin symboliquement pendu, assassiné par les politique migratoires de la Forteresse Europe.

 

 

À remarquer la rapidité des sécus qui déchirent la banderole après à peine une demi-heure et s'acharnent, très amusés, à donner des coups des pieds au mannequin-migrant. Ils arrivent même à ramasser un par un tous les tracts lancés par les anonymes, histoire d'éviter qu'il se puisse réveiller une quelconque conscience sociale parmi les étudiants-zombies qui se baladent par les couloirs de l'UNIGE.

 

Que l'Université n'était pas un lieu d'expression on le savait bien, mais penser de nous arrêter de cette manière c'est au moins très naïf…

 

À suivre le tract distribué par voie aérienne :

 

Hideux dans son apothéose, le rectorat de l’Université de Genève poursuit sa nouvelle ligne politique d’une université «autonome» soumise aux puissant-e-s et exploiteur-se-s en tout genre. Pouvait-on faire mieux que Pascal Lamy, directeur de l’OMC ? 
Eh bien oui.
Nous avons le plaisir d’annoncer que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se verra remettre le titre de docteur honoris causa lors du Dies academicus 2010.
On pourrait s’attarder longtemps à commenter cette génuflexion permanente de l’université envers la caste politique, mais il nous intéresse plus de commenter le contexte de cette remise. Ce prix parait en effet révélateur de la sympathie de la «communauté universitaire» pour les politiques de gestion des flux migratoires qui enferment et assassinent chaque jour des centaines de migrant-e-s.
Barroso incarne mieux que quiconque l’idée d’«Europe forteresse», un projet de société néocoloniale défendu sous les sacrés signes du néolibéralisme et des politiques sécuritaires.
Durant sa présidence on a définitivement imposé l’idée d’une Europe close, dominée par les intérêts des lobbies, voyant dans les migrant-e-s une main d’œuvre à prix imbattable, prête à être exploitée ou renvoyée «chez elle» selon les nécessités du «marché unique européen». «L’immigration est une ressource essentielle pour la société européenne», donc une ressource au même niveau que les autres facteurs du processus marchand. On dénie le statut d’être humain aux migrant-e-s : enfermé-e-s dans des centres de rétention dans des conditions monstrueuses, abattu-e-s à bout portant par la police des frontières et obligé-e-s de se soumettre à l’humiliante attente d’un bout de papier qui leur donne le droit d’exister.
C’est notamment dans «l’ère Barroso» qu’a été créé Frontex, la redoutable police européenne chargée de défendre, à tout prix, l’étanchéité des frontières de l’espace Schengen. Depuis 2005, Frontex a connu une augmentation vertigineuse de son budget qui est passé de 6 à 88 millions d’euros ; ce qui lui a permis d’être à la pointe des technologies militaires modernes.
Chaque heure, chaque jour, chaque nuit une Guerre se déroule sous nos fenêtres loin des cameras des mass medias : d’un côté les réfugié-e-s qui fuient la guerre et la faim, de l’autre les intérêts de la caste politique et économique de l’Union.
Le sinistre Barroso viendra parader aujourd’hui à l’UNIGE, un doctorat tout frais sous le bras. Pour compléter cette mascarade, il se déplace pour nous donner des leçons en matière de «droits humains» alors que ses mains sont encore pleines du sang des migrant-e-s tué-e-s aux frontières.
Quand l’injustice se fait droit, la résistance est un devoir. José Manuel, on t’emmerde !


Indymedia Suisse romande, 13 octobre 2010.

 

 

2. Long texte très documenté sur les liens entre Barroso et le groupe Bilderberg : «Fahrenheit 451. L’Université de Genève s’enfonce dans la fange» (Unige-Infos, 13 octobre).

 

 

3. Chahut pendant le discours de Barroso le 14 octobre et distribution de la «vraie» charte éthique de l'UNIGE :

 

Barroso chahuté pendant son discours

 

Alors qu'il devait prononcer un discours lors de l'obtention de son titre de docteur honoris causa, dans le cadre du très bourgeois Dies Academicus, à l'université de Genève, Jose Manuel Barroso a été hué et des slogans tels que «Solidarité avec les sans-papiers» et «No border, no nation, stop deportation» ont été lancés.

 

Une fausse charte éthique a été distribuée à l'entrée de l'auditoire en guise de tract et est disponible ici :

Portrait de l'intéressé :

Jose Manuel Barroso est le premier lauréat de la volée 2010 de doctorats honoris causa de l’Université de Genève. Diplômé de l’IEUG, ancien premier ministre portugais, président de la Commission européenne depuis 2004, José-Manuel Barroso s’est honoré par le zèle qu’il a mis, en 2002, à soutenir l’intervention armée des forces américaine et anglaise en Irak. 
Lors de son règne interminable à la tête de la Commission européenne, il a soutenu la directive Bolkenstein de libéralisation de services publics et ignoré les «non» néerlandais et français au Traité constitutionnel européen, démontrant ainsi son amour de la justice sociale et de la démocratie. 
Ces dernières années, il a participé à l’instauration de Frontex, la police des frontières européennes. Ce nouvel instrument de l’appareil répressif européen est aux premières lignes de l’Europe forteresse, ce marché unique dont l’immigration choisie est une des ressources essentielles.

 

Indymedia Suisse romande, 14 octobre.

 


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