Iran : Cinq prisonniers exécutés, grève générale au Kurdistan

Publié le par la Rédaction

Cinq prisonniers politiques exécutés

 

Comme vous le savez certainement, cinq prisonniers politiques ont été exécutés dimanche 9 mai à Téhéran. Il s’agit de Shirin Alamhouli, Farzad Kamangar, Ali Heidarian, Farhad Vakili et Mehdi Eslamian.

Farzad Kamangar, instituteur et militant ouvrier kurde, était bien connu du mouvement ouvrier iranien et international. Jusqu’à son exécution, il restait confiant dans les capacités et les forces de notre classe sociale à briser l’oppression et à construire un monde digne du XXIe siècle.

 

Quelques liens de ses textes écrits en détention :

Lettre de Farzad Kamangar à ses élèves ; 
«Soyez forts camarades», message adressé aux enseignants emprisonnés ; 
«Laissez battre mon cœur» où il exprime le rêve qu’une fois exécuté, on donne son cœur à un enfant pour qu’il continue de battre «dans la poitrine de quelqu’un, et la langue qu’elle ou il parle ou la couleur de sa peau n’a aucune importance, mais que ce soit l’enfant d’une personne travailleuse, à qui les mains calleuses du père fassent brûler dans mon cœur la colère contre les inégalités» ; 
— Et enfin sa «lettre d’adieu d’un condamné à mort à un autre condamné à mort», écrite jusque après l’exécution de notre camarade Ehsan.

 

Shirin, elle aussi exécutée le 9 mai, avait écrit une dernière lettre le 2 mai où elle dit «je suis une otage».


 

Graffiti à Naziabad, quartier sud de Téhéran :

«Nous nous vengerons des exécutions !»

 

 

Or, le 2 juin, s’ouvre à Genève la conférence de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Est-il possible de laisser des assassins de militants ouvriers y participer ? Voir le communiqué de Solidarité Ouvrière Internationale du PCOI à ce propos.

 

Merci de faire circuler cet appel dans vos milieux, en particulier syndicaux, et si vous connaissez des représentants d’organisations syndicales qui participeront à cette conférence et souhaitent y protester contre les récentes exécutions ou plus largement la répression que subit le mouvement ouvrier en Iran, de leur demander de prendre contact avec nous.

 

 

Autres communiqués suite à l’assassinat de cinq prisonniers politiques :

Notre Farzad est vivant (Maryam Namazie) ;
 Communiqué du syndicat des travailleurs de la compagnie de bus Vahed de Téhéran et sa banlieue ;
 Organisation de Femmes du 8 mars (Iran - Afghanistan) ;
 «Ne les laissez pas exécuter nos jeunes» (Iran Solidarity) ;
 «Iran : Assez de crimes» (PCF) ;
 Campagne de Labour Start.

 

Il est à noter qu’en plus de la barbarie de ces exécutions, le régime fait pression sur les familles en deuil et refuse de leur rendre les corps de leurs proches.

 

 

Grève générale au Kurdistan

 

En réponse à ces cinq exécutions, Komalah (Parti Communiste d’Iran) a lancé dès le 10 mai un appel à la grève générale au Kurdistan pour le 13 mai. Le Parti Communiste-Ouvrier dIran sest immédiatement joint à cet appel, suivi ensuite par la quasi-totalité des organisations de la gauche iranienne.

 

Les nationalistes kurdes du PDKI (Parti Démocrates du Kurdistan Iranien) nont finalement appelé à cette grève que la veille. Ni lopposition interne au régime islamique comme Karroubi ou Moussavi, ni lopposition de droite, nont appelé à cette grève. Cette grève, initiée, organisée et lancée par des organisations communistes, a été un immense succès dans toute la province du Kurdistan et dans les villes kurdes dAzerbaïdjan. Bien des écoles, universités, lieux de production ont été fermés, bien des familles nont pas envoyés leurs enfants en cours ou des travailleurs ne se sont pas rendus sur leurs lieux de travail, et plus de 80% des commerces du Kurdistan étaient fermés. Et cela malgré les pressions des forces de répression et de larmée. Au-delà du succès de cette grève, qui montre léchec de la politique de terreur du régime, cette grève est aussi une étape importante pour le mouvement révolutionnaire en Iran, elle montre en effet comment la force organisée du monde du travail peut balayer la République Islamique, sa répression, sa machine à assassiner et son apartheid sexiste !

 

Informations sur la grève générale du 13 mai au Kurdistan :

Succès de la grève générale au Kurdistan ; Grève générale au Kurdistan ; Affrontements lors de la grève générale ; 
Vidéos ;
— Photos : Sanandaj en grève, ici et là ; Bukan en grève, ici et là ; Marché de Divandara.

 

Partout dans le monde, ces exécutions ont provoqué la colère et des manifestations devant les consulats et ambassades de la République Islamique, quelques exemples :

— 9 mai : Paris, ici et là ; Londres ; Stockholm ; Francfort ; Souleimaniye ; Vienne, Cologne, Toronto, etc.
— 11 mai : Oslo ; Toronto. 
— 13 mai : Jalalabad, Copenhague, Stockholm, La Haye, Erbil… Manifestation à la frontière Turquie / Iran.

 

Iran en lutte, 14 mai 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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Philosofille 15/05/2010 13:57



Ils ont voulu faire la grève générale et ils l'ont fait. Tout simplement. Pas de conflit, pas de chichi, pas de luttes d'intérêt, seulement solidaires. Les Kurdes d'Iran ont toujours été
exemplaires de bien des façons. Chapeau bas camarades!