Installation d'un campement anti-Loppsi place du Capitole à Toulouse

Publié le par la Rédaction

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jo 24/01/2011 12:29



http://abasloppsi.flext.net/


Tract distribué lors du rassemblement parisien devant le Sénat


Nous nous battons, paraît-il, contre la loi loppsi.


Profitons-en pour être un peu sincères, et tenter de dire quelques vérités.


Cette loi est avant tout un discours, qui nous rappelle le processus
immonde dans lequel nous sommes engagés, dans lequel la défaite des luttes
passées nous a enfermés.


Ce que les organisations prétendument démocratiques appellent la
restriction de nos libertés se résume en fait à l’ajout de quelques
chaînes à celles que nous avons déjà. Ce n’est pas une loi qui en est à
l’origine, mais la croissance économique, qui implique qu’à mesure
qu’avancent nos capacités productives, se renforce le contrôle dont nous
sommes l’objet. La loi vient couronner cette nécessité, la traduire dans
un langage compréhensible pour l’ordinateur bureaucratique.


Nous sommes les idiots qui fabriquent les caméras qui les filment, les
prisons qui les angoissent, qui nourrissent les porcs qui les arrêtent, les
éducateurs qui les dressent.


En mettant un coup d’arrêt à la logique de la surveillance et du contrôle
au moment où elle ressent le besoin de s’expliquer et de s’intensifier,
nous voudrions la faire voler en éclats. Nous voudrions surtout faire la
révolution.


Mais le rapport entre une révolution et la mobilisation contre une loi
minable, aussi aisée qu’en soit la justification théorique, est la plupart
du temps inexistant. Ce rapport peut s’établir n’importe quand, pour à peu
près n’importe quoi. Par exemple, le seul moment où, au cours de la
mobilisation contre les retraites, l’idée d’en finir avec ce monde en
pétant tout a commencé à connaître une application pratique, est apparu
lorsque suffisamment de gens étaient dans la rue pour que cette idée ne
soit plus honteuse.


Et comme ces gens étaient dans la rue pour de mauvaises raisons, ils n’ont
évidemment pas compris -ou pas osé comprendre- ce que voulaient -ce qu’ils
voulaient- ceux qui osèrent tout péter.


Nous ne nous sentons jamais à notre place dans un rassemblement pacifique
et revendicatif, bien que nous soyons probablement ceux qui les
fréquentent le plus. C’est que nous aimerions les transformer en leur
contraire, renouer avec le principe originel du conflit social, la
violence, et ce qu’elle signifie, l’absence totale de conciliation avec
l’oppresseur, la négation de tout ce qui nous unit à lui. Ceux qui ont
plus de considération pour leurs chiens que pour ceux qui crèvent au coin
des rues, que méritent-ils ?


Nous voulons transformer les rapports sociaux, pas modifier leur
règlementation. Le premier rapport social à transformer, c’est celui qui
nous prive de nos luttes, qui fait parler des bureaucrates à notre place.
Ce n’est qu’en le subvertissant que nous parviendrons à nous dégager des
discours qui rendent incompatibles théorie et pratique révolutionnaire.


Par exemple, les déclarations qui émanent des aspirants au pouvoir
tunisien depuis la fuite du dictateur sentent tellement le pourri qu’on en
serait dégouté de toute insurrection. Si personne ne parvient à leur
clouer le bec, et que dans les jours qui viennent ils continuent
impunément de traiter la population insurgée de «provocateurs payés par la
police», cette révolution finira comme toutes les autres. Et les
pisse-froid pourront se faire plaisir en disant qu’elles ne peuvent finir
autrement ;


Les singularités quelconques anonymes