In memoriam deux bolcheviques

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In memoriam deux bolcheviques

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L.D. Trotsky
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V.I. Lénine
«Il y a tout lieu de croire que le K.A.P.D., tel qu’il est représenté par ses chefs actuels, aventuriers et anarchistes, ne se soumettra pas à la décision de l’Internationale et, se trouvant ainsi en dehors d’elle, essayera, probablement, avec d’autres éléments “extrémistes de gauche”, de former une IVe Internationale. Notre camarade Kollontaï a soufflé, au cours de notre Congrès, un peu dans la même petite trompette. Ce n’est un secret pour personne que notre Parti constitue pour le moment le levier de l’Internationale Communiste. Cependant la camarade Kollontaï a présenté l’état de choses dans notre parti de telle façon qu’il pourrait sembler que les masses ouvrières, avec la camarade Kollontaï en tête, seront obligées, un mois plus tôt ou plus tard, de faire une “troisième révolution” afin d’établir un “véritable” régime des soviets. Mais pourquoi une troisième et non pas une quatième, puisque la troisième révolution faite au nom d’un “véritable” régime de soviets a eu déjà lieu au mois de février à Cronstadt ? (…) Il y a encore des extrémistes de gauche en Hollande. Peut-être y en a-t-il encore dans d’autres pays. Je ne sais pas s’ils ont été tous pris en considération. Toujours est-il que leur nombre n’est pas extraordinaire et c’est le péril de devenir très nombreuse qui menacerait le moins la IVe Internationale, si par hasard elle était fondée.»

Trotsky, «Une école de stratégie révolutionnaire : le IIIe Congrès de l’I.C.» ; recueilli dans Nouvelle Étape, 1922.





«Pour compléter ce que nous avons dit plus haut, rapportons encore les paroles, profondément justes et significatives, de Kautsky à propos du projet de nouveau programme du Parti social-démocrate autrichien : “(…) Par suite, la conscience socialiste serait le résultat nécessaire, direct, de la lutte de classe prolétarienne. Cela est entièrement faux. Comme doctrine, le socialisme a évidemment ses racines dans les rapports économiques actuels au même degré que la lutte de classe du prolétariat ; autant que cette dernière, il procède de la lutte contre la pauvreté et la misère des masses, engendrées par le capitalisme. Mais le socialisme et la lutte de classe surgissent et ne s’engendrent pas l’un l’autre ; ils surgissent de prémisses différentes. La conscience socialiste d’aujourd’hui ne peut surgir que sur la base d’une profonde connaissance scientifique. En effet, la science économique contemporaine est autant une condition de la production socialiste que, par exemple, la technique moderne et malgré tout son désir le prolétariat ne peut créer ni l’une ni l’autre ; toutes deux surgissent du développement social contemporain. Or, le porteur de la science n’est pas le prolétariat, mais les intellectuels bourgeois ; c’est en effet dans le cerveau de certains individus de cette catégorie qu’est né le socialisme contemporain, et c’est par eux qu’il a été communiqué aux prolétaires intellectuellement les plus développés, qui l’introduisent ensuite dans la lutte de classe du prolétariat là où les conditions le permettent. Ainsi donc, la conscience socialiste est un élément importé du dehors dans la lutte de classe du prolétariat, et non quelque chose qui en surgit spontanément (…).”»

Lénine, Que faire ?, 1902.
Internazionale situazionista no 1, juillet 1969.
Version française de «In memoria di due bolscevichi» (Écrits complets de la section italienne de l’I.S., Contre-Moule, 1988) ; parue partiellement sous le titre «In memoriam L.D. Trotsky» dans le numéro 11 de la revue Internationale situationniste en octobre 1967.


Publié dans Debordiana

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