Il faut interdire le Flash-ball

Publié le par la Rédaction

Premiers comptes-rendus de la conférence de presse Flash-ball à Nantes hier

(On regrettera vivement la sous-présentation des argumentations de nos invités venus de Paris, Philippe Castel pour la FSU et Benoit Muracciole pour Amnesty international, alors que certains journaux locaux ont préféré exposer la thèse de policiers nantais qui ne sont d'ailleurs pas désignés clairement. Il faudra donc organiser une nouvelle conférence de presse de toutes les familles de victimes avec leurs avocats, prochainement à Paris.)

(Ce mail n'est pas responsable des imprécisions ou omissions relevables dans ces articles.)

(Nota : L'article de Guillaume Frouin paru ce matin dans 20 minutes semble le meilleur de la Presse écrite régionale, et le seul à évoquer les déclarations de Didier Hude, de la FSU 44, selon lesquelles, en substance, les policiers républicains à Waldeck-Rousseau seraient marginalisés et intimidés par des collègues extrémistes.)

(Post-scriptum : On notera que selon 20 minutes, François Mainsard, directeur départemental de la sécurité publique, déclare n'avoir jamais reçu de demande de pièces de la part du juge d'instruction… Étonnant non ? Allégation également parue dans Ouest-France ce matin.)

(Les ex-RG du «Renseignement intérieur» nous ont téléphoné tout à l'heure, mardi après-midi… : ils voulaient savoir ce qu'était ce projet de coordination des familles et avocats des victimes de tirs de flash-ball au visage…)

Luc Douillard - Infozone, 10 novembre 2009
Liste d’information pour la France sauvage.


Jeunes blessés à l'œil par Flash-Ball : les familles se mobilisent

Le père d'un jeune Nantais blessé à un œil par un tir de Flash-Ball lors d'une manifestation étudiante en 2007 a annoncé lundi que plusieurs familles de victimes se mobilisaient pour faire interdire l'usage de cette arme «inappropriée au maintien de l'ordre». «Nous avons mis en place une coordination nationale des familles de victimes et de leurs avocats qui travailleront désormais en réseau», a dit Luc Douillard à la presse à Nantes.

Son fils de 16 ans a quasiment perdu l'usage d'un œil après avoir été touché par un tir de Flash-Ball fin novembre 2007 lors d'une manifestation contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités à Nantes. «Notre objectif est qu'une telle chose n'arrive plus à personne d'autre. Nous sommes pour la suppression totale du Flash-Ball, inapproprié au maintien de l'ordre», a-t-il ajouté.

Après l'incident, son fils avait eu trois semaines d'interruption temporaire de travail. Le jeune homme aura des séquelles à vie. Dans cette affaire, une enquête de l'Inspection générale de la police nationale a conclu en juin 2008 à l'emploi d'un Flash-Ball par un policier désormais «identifié, sans que celui-ci ne soit mis en examen», a dit M. Douillard, précisant que le suspect avait été placé «sous statut de témoin assisté».

«Nous attendons depuis deux ans cette mise en examen, cela nous paraît (un délai) exagéré, sachant que, dans une affaire similaire comme Montreuil, il a fallu moins de trois mois pour aboutir à ce résultat», a-t-il conclu. Début juillet, un homme de 34 ans avait perdu l'usage d'un œil pendant une manifestation en Seine-Saint-Denis après avoir été touché par un tir de Flash-Ball. Un policier de la brigade anticriminalité (BAC), soupçonné d'en être l'auteur, avait été mis en examen pour «violences volontaires» fin septembre. Plusieurs incidents du même type ont eu lieu cette année à Toulouse, Villiers-le-Bel (Val d'Oise) et Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), a rappelé M. Douillard.

AFP, 9 novembre.


Ils veulent interdire le flash-ball

Deux ans après la blessure de Pierre Douillard, à Nantes, ses parents haussent le ton et lancent une coordination.

«Cela fera bientôt deux ans que Pierre a eu l'œil droit mutilé par un tir de flash-ball. Il n'y a plus d'incertitude sur le policier qui a tiré. Mais il n'a eu aucune sanction et l'instruction est toujours en cours», s'impatientent les parents du lycéen de 17 ans blessé le 27 novembre 2007, lors d'une manifestation au rectorat.

Ils dressent un parallèle avec une affaire à Montreuil. «Une personne a eu oeil grièvement blessé par un flash-ball cet été. Le policier est, depuis, mis en examen, avec interdiction d'utiliser une arme, soulignent Luc Douillard et Emmanuelle Lefevre. À Nantes, nous avons le sentiment que les autorités tardent à remettre des documents réclamés. Nous demandons notamment la saisie de l'intégralité des films effectués par les policiers le 27 novembre, ou encore les circulaires d'origine sur l'utilisation du flash-ball. Nous craignons des entraves à l'avancée de l'enquête du juge d'instruction.»

«Les délais se rallongent et sont difficiles à vivre, temporise leur avocat, Me Franck Boëzec. Le juge s'est donné un mois supplémentaire pour réunir les pièces.» Jusqu'à fin novembre. «Il faudra établir toutes les responsabilités individuelles : celle du policier et des supérieurs qui ont donné l'ordre de tirer.»

Pierre Douillard avait été touché par un lanceur de balles de défense (LDB-40), plus puissant qu'un flash-ball. «Cette arme était alors en expérimentation, rappellent ses parents. Pierre fut le premier mutilé. Cinq autres personnes ont depuis été blessées : à Montreuil, Toulouse, Villiers-le-Bel, Neuilly-sur-Marne. Nous créons une coordination nationale des familles de victimes et de leurs avocats afin d'obtenir l'interdiction définitive du flash-ball.»

Emmanuel Vautier, Presse Océan, 10 novembre.


Lycéen blessé en 2007 : l'enquête se poursuit

Il avait été sérieusement blessé à l'œil, lors de l'évacuation du rectorat. Ses parents ont organisé une conférence de presse hier.

Il y a deux ans

Le 27 novembre 2007, étudiants et lycéens manifestent contre la loi Pécresse au rectorat. L'inspecteur d'académie demande l'évacuation. Les forces de l'ordre interviennent. Les manifestants sont poussés dehors et certains lancent des projectiles. Les policiers font usage d'un flashball et d'un lanceur de balles de défense, muni d'un laser. Cette arme plus puissante que le flashball est alors en expérimentation à Nantes. Celle-ci pourrait être à l'origine de la blessure d'un lycéen, de 17 ans, touché à l'œil droit. «La rétine a été irrémédiablement abîmée», précise sa mère qui a porté plainte.

Un policier témoin assisté

L'enquête de la police des polices ne permet pas d'éclaircir les circonstances dans lesquelles le lycéen a été blessé. Le procureur saisit deux juges d'instruction. L'été 2008, une enquête est ouverte pour «blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours avec la circonstance que les faits ont été commis avec arme par une personne dépositaire de l'autorité publique». Le fonctionnaire qui a tiré avec le lanceur de balles est placé sous le statut de témoin assisté. Il a accès à l'ensemble du dossier mais ne fait l'objet d'aucune poursuite.

Au printemps, une reconstitution a lieu avec deux experts en balistique. «Un policier casqué et cagoulé tire à travers les grilles du rectorat qui sont fermées et quand les manifestants sont dehors. Pourquoi ? Sur qui tire-t-il ? À quelle distance ?», interroge la famille. «L'intervention s'est faite dans un cadre réglementaire», insiste le syndicat de police Alliance.

Ça patine ou pas ?

Pour la famille du lycéen et le groupe du travail créé à cette occasion, «l'instruction s'enlise. Sur les enregistrements vidéos remis par la police, ne figure pas la scène du tir.» Le patron de la police affirme qu'il transmettra tous les documents que la justice lui demandera.

Ailleurs en France

Une coordination nationale des familles de victimes et de leurs avocats est sur le point de se constituer. L'objectif : interdire l'usage du flashball en s'appuyant sur des incidents similaires. Notamment avec ceux de Montreuil où un manifestant a eu un œil arraché. Dans cette affaire, un policier a été mis en examen. Amnesty international France a demandé au ministre de l'Intérieur, un rapport sur l'utilisation des armes non létales. «Nous constatons que la formation des policiers n'est pas suffisante.»

Marylise Couraud, Ouest France, 10 novembre.


Le super flash-ball dans le viseur

C'était le 27 novembre 2007. Au rectorat de Nantes, en marge d'une manifestation contre la loi Pécresse, un lycéen de 17 ans recevait en pleine tête un tir de lanceur de balles de défense (LBD), un «super flash-ball» réputé sept fois plus puissant qu'un pistolet à balles en caoutchouc ordinaire. Depuis, Pierre D. «a perdu l'usage de son œil droit», se désole sa mère. Hier, avec son mari, elle s'est inquiétée de «l'entrave» faite par les autorités policières à l'enquête des deux juges d'instruction. Elle a réclamé la mise en examen du policier responsable — clairement identifié —, comme d'autres l'ont été dans des circonstances similaires, en juillet, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

«Il ne s'agit pas de s'en prendre à un lampiste, prévient le père du lycéen. Nous voulons qu'une enquête soit menée sur sa hiérarchie pour mise en danger de la vie d'autrui : cet homme n'aurait pas tiré sans en avoir reçu l'ordre.» Le couple a reçu dans sa démarche le soutien de syndicats enseignants. «Certains policiers se conduisent comme des cow-boys, car ils ont un sentiment d'impunité, fustige Didier Hude, secrétaire de la FSU en Loire-Atlantique. À Waldeck-Rousseau, quand on est un policier républicain, il faut savoir se faire petit pour ne pas avoir de soucis avec ses collègues.» Contacté par 20 Minutes, le directeur départemental de la sécurité publique n'a pas souhaité faire de commentaire. «Si le juge d'instruction me demande des pièces, je m'exécuterai immédiatement», a simplement déclaré François Mainsard.

Guillaume Frouin, 20 minutes, 10 novembre.


Les parents d'un lycéen blessé réclament l'interdiction du Flash-Ball

Les parents d'un jeune Nantais ayant quasiment perdu l'usage d'un œil à la suite d'un tir de Flash-Ball réclament «l'interdiction de l'usage de cette arme inappropriée au maintien de l'ordre».

Les faits sont survenus le 27 novembre 2007 lors d'une manifestation étudiante. Deux ans après avoir déposé plainte, la famille de la victime s'impatiente. «Le policier qui a tiré est désormais clairement identifié mais rien ne se passe, dénonce Luc Douillard, père du blessé. À Montreuil, le 8 juillet, une personne a eu l'œil grièvement blessé par un tir de Flash-Ball. Les autorités ont réagi, le policier est mis en examen, avec interdiction d'utiliser une arme.» À Nantes, l'auteur présumé du tir a été placé sous le statut de témoin assisté. La partie civile exige la saisie de l'intégralité des films tournés par les policiers, ainsi que les circulaires relatives à l'emploi du lanceur de balles de défense, arme plus puissante que le Flash-Ball, alors en expérimentation.

Yan Gauchard, Le Monde, 10 novembre.


Les parents d’un lycéen éborgné combattent l’usage du flashball

Elles s’organisent, les familles de blessés tels que Pierre Douillard. Ce lycéen avait perdu un œil le 27 novembre 2007 suite à un tir de flashball venant d’un policier. Cela dans l’évacuation par les forces de l’ordre de la manifestation qui se tenait dans le rectorat de Nantes. Les étudiants luttaient alors contre la loi Pécresse.

Deux ans et un long parcours judiciaire plus tard, la famille de Pierre Douillard tenait une conférence de presse hier. Elle dressait un bilan de ceux deux ans, et avertissait de ses intentions. «Cela fera bientôt deux ans que Pierre a eu l’œil droit mutilé par un tir de flash-ball. Il n’y a plus d’incertitude sur le policier qui a tiré. Mais il n’a eu aucune sanction et l’instruction est toujours en cours», s’indignent les parents. Toutefois, le policier incriminé ne peut plus porter d’armes.

Ils sont décidés à aller jusqu’au bout de la procédure. Mais l’avenir, pour la famille, consiste aussi à s’organiser pour lutter contre ces armes dites de défense. Après Pierre, cinq personnes en France ont été blessées par ces lanceur de balles de défense (LDB-40 de leur petit nom). «Nous créons une coordination nationale des familles de victimes et de leurs avocats afin d’obtenir l’interdiction définitive du flash-ball», ont annoncé les parents de Pierre.

evous.fr, 10 novembre.


Les victimes de flash-ball s’impatientent

Visé à la tête et frappé par un flash-ball dans une manifestation lycéenne parfaitement calme, Pierre a perdu l’œil droit le 27 novembre 2007 à Nantes. Inconnu de la procédure pendant des mois, le policier cagoulé de la brigade anticriminalité (BAC) qui, derrière une grille, a tiré sur le lycéen est désormais identifié. Mais pas mis en examen pour autant. Une anomalie judiciaire qui provoque l’impatience de la famille.

En lien avec d’autres jeunes victimes de flash-ball en France, elle a tenu lundi une conférence de presse. «Nous voulons réparation pour notre fils, ont dit les parents de Pierre, mais surtout que plus jamais des jeunes puissent être mutilés pour avoir manifesté.» L’arme, un LBD, lanceur de balle de 40 mm, est-elle autorisée hors légitime défense, la visée au visage permise ? Le juge d’instruction a accordé un délai supplémentaire à la police qui rechigne à fournir le texte réglementaire d’usage de ce matériel et les images vidéo manquantes tournées sur place. Lors du tir, une caméra serait justement tombée en panne et un autre policier aurait arrêté de filmer à l’instant précis.

Libération, 10 novembre.

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