Grèves à Marseille

Publié le par la Rédaction

Grève sur le port de Marseille : les croisiéristes n'ont pu accoster, blocage jusqu'à lundi

 

Deux bateaux de croisière Costa et MSC n'ont pu accoster samedi matin au terminal croisières du port de Marseille en raison du blocage initié par les dockers, a-t-on appris auprès de la CGT. Les 8.000 passagers de chacun des deux navires ont dû débarquer en chaloupes pour pouvoir gagner la cité phocéenne.

 

 

«Le blocage du port continue», a confirmé le délégué syndical CGT Pascal Galéoté, qui avait annoncé jeudi «un durcissement du mouvement». Seuls sont préservés les passagers au départ ou à destination de la Corse et du Maghreb, confirme la direction du port. La situation devrait perdurer au moins jusqu'à lundi, les négociations entre la direction du port et la CGT ayant été pour l'heure interrompues.

 

«Une fois de plus, le port de Marseille est bloqué par une grève inacceptable de la CGT», a déploré samedi Roland Blum, le premier adjoint au maire UMP de Marseille, délégué à l'expansion économique.

 

Tous les accès terrestres au port de Marseille sont en outre bloqués depuis vendredi par les agents portuaires et les dockers. Des barrières, des cadenas et des chaînes ont été installés devant chacune des portes d'entrée. Des renforts de police ont été acheminés autour du port. L'activité est également interrompue sur les sites des terminaux pétroliers de Lavera et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

 

Le mouvement de grève fait suite à un appel de la Fédération CGT des ports et docks qui entend protester contre la pénibilité du travail, la réforme des retraites et la réforme portuaire en cours d'application.

 

Au total, trente-neuf navires, pétroliers, gaziers ou chimiquiers, sont à l'arrêt au large de Marseille dans l'attente de leur déchargement. La CGT s'inquiète de la création d'une filiale destinée à gérer les terminaux pétroliers.

 

En Corse, l'approvisionnement en gasoil est interrompu. Depuis vendredi soir, la quasi-totalité des stations-service d'Ajaccio et de Bastia sont en rupture de stock.

 

Le trafic d'hydrocarbures représente près de 60% du tonnage actuel du port de Marseille-Fos. Les quatre raffineries de la zone de Marseille assurent le tiers du raffinage français.

 

Leur presse (AP), 2 octobre 2010.

 

 

Marseille au bord de la paralysie

 

Depuis un mois, le port de Marseille-Fos est paralysé par une grève dure. Vendredi matin, les terminaux passagers Corse et Maghreb ont été, à leur tour, bloqués.

 

Une fois de plus, Marseille jouera les prolongations. À 17 heures, ce samedi après-midi, il sera partout en France l’heure de se disperser après la manifestation. Pas à Marseille, où le front syndical a annoncé hier qu’il maintenait la pression : après avoir défilé à travers toute la ville, de la fontaine de la place Castellane aux quais du Vieux-Port, les principales unions départementales tiendront un meeting intersyndical (commun avec l’Unef) sur le quai des Belges. Objectif : annoncer que la mobilisation continue. «Et réaffirmer notre refus du projet de loi sur les retraites porté depuis le 7 septembre par tous les syndicats du département», prévient Éric Chesnais, secrétaire départemental CGT.

 

Des crèches et des centaines cantines scolaires en grève

 

Effectivement, dans la cité phocéenne, la pression est forte depuis le début du mouvement. Il y a, bien sûr, les «habituelles» raisons sociologiques : «Traditionnellement, dans une région où la Fonction publique et le tissu industriel restent plus forts qu’ailleurs, l’engagement des salariés est aussi beaucoup plus volontaire», rappelle Gérard Dossetto, secrétaire général départemental FO. Et puis il y a les raisons plus conjoncturelles. La plus évidente s’observe sur la Méditerranée, où des dizaines de supertankers sont bloqués en rade. Explication : le port de Marseille-Fos est en grève, mobilisé contre le projet de retraite (les dockers, qui veulent faire reconnaître la pénibilité de leur travail, sont déjà mobilisés dans un mouvement de grève partielle depuis plusieurs semaines), mais aussi, depuis quatre jours, contre un projet de privatisation du port. La CGT, majoritaire sur le port, s’y oppose depuis de longs mois déjà.

 

Les agents du port ont durci le mouvement, bloquant vendredi matin les terminaux passagers Corse et Maghreb, après avoir bloqué les terminaux pétroliers depuis mercredi. Premier effet collatéral : en Corse, la préfecture a déjà pris des mesures de limitation de l’approvisionnement. Un autre port, celui du Havre, a connu dès hier des blocages. Autres secteurs perturbés par l’opposition au projet de réforme des retraites, les crèches municipales (une dizaine sont en grève) et les cantines scolaires, dont plus d’une centaine (sur 449) ne servent plus de repas aux enfants depuis plus d’une semaine. La vie quotidienne des Marseillais doit aussi se faire avec une grève partielle des bus municipaux. Cet après-midi, à Marseille, il risque effectivement d’y avoir du monde à pied dans la rue. Sans compter que 14.000 croisiéristes sont attendus à l’escale ce weekend…

 

Leur presse (Guylaine Idoux, Le Journal du Dimanche), 2 octobre.

 

 

Monoprix : la police intervient mais la grève continue

 

Les représentants de Monoprix et les grévistes n'ont pas réussi à trouver un accord pour sortir d'un conflit qui dure depuis le 17 septembre. Cet après-midi, la direction a ainsi suspendu les négociations qui devraient reprendre demain. La police est toutefois intervenue dans la soirée, vers 18h30, afin d'évacuer les salariés. Ceci s'est fait sans violence, et les grévistes, pour la plupart des femmes, ont pris place sur le trottoir d'en face où ils ont continué de manifester leur colère.

 

Pour rappel, les salariés de plusieurs antennes de l'enseigne réclament une augmentation de salaire, la titularisation des CDD et le passage des salariés à temps partiel à temps plein. L'étalement du paiement des jours de grève est, bien sûr, inscrit dans ces négociations.

 

Leur presse (La Provence), 1er octobre.

 

 

Luttes dans la région de Marseille

 

— Le port (Marseille-Fos). 72 heures de blocage. Des dizaines de pétroliers en rade, des croisiéristes qui risquent fort de se retrouver aujourd’hui et demain dans la tempête sociale. C’est ainsi que la CGT du Grand port maritime de Marseille entend protester contre la réforme des retraites et celle des ports.

 

— Monoprix (Marseille). Deux des magasins Monoprix de Marseille, ceux du Prado et de la Canebière, sont en grève depuis le 17 septembre. Les salariés réclament des augmentations de salaires, la titularisation des CDD ou encore le passage à temps plein des personnels à temps partiel. Depuis quatre jours, des négociations ont débuté qui n’aboutissent pas. Suite à un référé de la direction, la justice a ordonné aux grévistes du Prado de libérer les accès pour les livraisons sous peine d’une astreinte de 300€ par jour.

 

— Cantines scolaires (Marseille). Depuis la journée d’action contre les retraites du 23septembre et à l’appel de l’intersyndicale SDU13-FSU, CFDT, CFTC, CGT et Unsa, la grève a été reconduite dans les cantines scolaires et les crèches de la ville de Marseille. Chaque jour, entre 100 et 130 restaurants scolaires restent fermés. Dans les crèches, le mouvement est moins perceptible car l’accueil des enfants est ajusté selon le nombre de grévistes.

 

— Pétrochimie (Martigues et Fos). De l’avis des syndicats, ce secteur comme celui de la métallurgie connaît de nombreuses restructurations. «Personne n’ose faire des annonces en cette période perturbée par la contestation de la réforme des retraites mais on sent des frémissements», nous dit-on. La CGT organise, ce lundi, une conférence de presse qui liera retraites et avenir de la pétrochimie dans les Bouches-du-Rhône.

 

Leur presse (extraits de La Provence), 2 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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