Grève sauvage dans l'entreprise Grammer (Tchéquie) : un exemple de solidarité ouvrière qui gagne

Publié le par la Rédaction

 

300 employés de l’entreprise Grammer (de la région de Bohême du Nord en République tchèque) ont décidé en janvier dernier de se mettre en grève pour réclamer une augmentation des salaires et protester contre leurs mauvaises conditions de travail.

 

Cette usine emploie 375 personnes, pour la production de pièces pour automobiles pour les usines des environs (Skoda, Volkswagen, Hyunday…). Elle a été implantée en 1996, suite au boom des délocalisations dans le secteur automobile en Europe de l’Est (Renault et Dacia…), où les salaires sont très inférieurs aux standards d’Europe occidentale. En République tchèque, le SMIC est de 200 euros par mois.

 

La grève, qui a été organisé sans le soutien des syndicats a commencé dès 6 heures du matin et s’est renforcée lors du changement d’équipe de 10 heures par les ouvriers de l’équipe d’après midi qui ont décidé de la rejoindre.

 

La direction de l’entreprise a répondu en menaçant les salariés grévistes et a tenté de les intimider physiquement, sans succès. Elle a ensuite déposé un recours auprès de la «justice», qui a décrété en urgence la grève illégale. Les salariés ont alors repris le travail, avec la promesse d’une négociation le début de la semaine suivante, ainsi qu’un engagement que les plaintes contre les grévistes seraient retirées. Les négociations ont permis une augmentation, un meilleur respect des travailleurs et de leur dignité par la direction, qui maintenant craint de nouveaux arrêts de travail spontanés susceptibles de désorganiser la production en flux tendu nécessaire au bon fonctionnement de leur système.

 

Ce qui est intéressant dans cette grève c’est qu’elle a uni dans un même mouvement de solidarité et de revendications l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient «Tchèques» ou «Roms», dans une région où l’an passé s’étaient déroulées de graves émeutes anti-Rom. Des incidents violents étaient survenus, suite à une campagne de haine montée de toutes pièces par l’extrême-droite locale, qui tentait de masquer les problèmes économiques liés à la crise en agitant le bouc émissaire Rom.

 

Un exemple à méditer…

 

D’après des informations de Priama Akcia, section slovaque de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT)

 

Le Niglo en colère… noire !, 29 août 2010 - Bulletin très irrégulier, de tendance anarchosyndicaliste, édité par des gens du voyage et leurs amis, avec le soutien de la CNT-AIT.

 


Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article