Grève des travailleurs sans papiers : Mais y sont où les journalistes ?

Publié le par la Rédaction

5000 travailleurs sans-papiers en grève, Xavier Darcos fait diversion

Alors que 5000 travailleurs sans-papiers — qui cotisent et paient des impôts pour la plupart — sont en grève depuis quatre à cinq semaines en région parisienne, occupants chantiers, restaurants et agences d’intérim pour obtenir un cadre unique et clair de régularisation par le travail, le ministre du Travail fait diversion.

Xavier Darcos vient ainsi de menacer les entreprises dans lesquelles travaillent des sans-papiers de fermeture administrative au prétexte de lutter contre le travail illégal. Les donneurs d’ordre impliqués seront sanctionnés.

Rien que de très normal, mais le lien ainsi fait entre la grève des sans-papiers et le travail au noir n’est pas une coïncidence. Il instille l’idée que les sans-papiers sont les responsables du travail illégal et des fraudes dont ils sont les premières victimes !

En sus, ces déclarations ont une dimension d’avertissement à l’égard des travailleurs sans papiers. N’hésiteront-ils pas à entrer dans le mouvement s’ils savent qu’en se déclarant sans-papiers ils risquent de faire fermer leur entreprise et de priver certains de leur collègues de leur emploi ?

Le travail illégal — non déclaré, sans paiement de cotisations — est un vrai problème, bien plus large que celui de sans-papiers qui eux sont souvent déclarés et paient des impôts.

Ce travail illégal coûte 60 milliards par an à l’État, empêche toute couverture santé ou retraite pour les salariés qui en sont victimes, et prive la Sécurité sociale d’énormes ressources.

C’est justement pour fermer la porte aux employeurs qui sur-exploitent et ne déclarent pas des sans-papiers que les syndicats demandent une régularisation de ces travailleurs : autorisés à travailler légalement, ils peuvent plus facilement refuser le travail au noir et les conditions de travail indignes.

Des négociations sont en cours, elles piétinent depuis 6 semaines. Les organisations et syndicats — CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, Ligue des Droits de l’Homme, Cimade, RESF, Droits devant… — qui soutiennent les demandes de régularisation par le travail estimaient le 18 novembre que «le ministère du Travail doit désormais s’y associer pleinement, puisque les questions posées sont par excellence de sa compétence»…

Viva, 23 novembre 2009.

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