Grève des chômeurs partout

Publié le par la Rédaction

grevedeschomeurs.jpg

Occupation du Pôle Emploi à Caen, grève des chômeurs

Une trentaine de chômeurs s’est retrouvée devant l’hôtel de Ville vers 13h30 dans le cadre d’une journée nationale de grève des chômeurs. Après une petite demi-heure, les manifestants se sont dirigés au pas de course vers le Pôle Emploi de la rue Fred-Scamaroni. L’agence a été envahie. Une AG s’est tenue dans une des salles de réunion. À l’issue de celle-ci, les manifestants ont quitté les lieux sans être inquiétés par la police. 

 

Bellaciao/Résistances Caen, 3 mai 2010.

 

caen1.jpg

 

caen2.jpg

 

caen3.jpg

 

caen4.jpg

 

caen5.jpg

 

caen6.jpg

 

caen7.jpg

 

caen8.jpg

 

caen9.jpg

 

caen0.jpg

 

caenv.jpg

 

caenx.jpg

 


Grève des chômeurs : visite de trois Pôles Emploi à Nice

À Nice, l’appel Bloquons la machine à précariser - Et si on inventait la grève des chômeurs a été diffusé lors du rassemblement à Nice Étoile.


Les R.G. nous ont appris que le Pôle Emploi de Menton était fermé suite à la diffusion annonçant la grève des chômeurs.

Puis nous sommes partis à une dizaine de personnes visiter trois Pôles Emploi (rue Pastorelli, Barberis et Port). En général, nous avons eu un bon accueil avec les personnes présentes, autant chômeurs que salariés et même avec les directions des agences P.E.

Nous avons demandé :

— L’arrêt des radiations et autres harcèlements. 
— Que l’appel «Grève des chômeurs» soit faxé à la direction de P.E., 
— Un affichage dans toutes les agences du département informant de notre permanence sociale, afin que les chômeurs, chômeuses, précaires et autres intermittents ne restent pas isolés. 
— Une rencontre avec les salarié(e)s de Pôle Emploi à qui nous avons transmis le communiqué de Solidaires en demandant son affichage.


Il n’y a pas 200'000 «offres d’emploi» pour les 10% de la population active sans taf (soit environ 4 millions de personnes officiellement inscrites à Pôle Emploi et 9 millions de personnes vivant, en France sous le seuil de pauvreté).

Assez du chantage à la misère !

Le capitalisme global abolit massivement le «travail», tout en restaurant les pires formes de domination, d’asservissement et d’exploitation, en contraignant tous à se battre contre tous, à tous les âges de la vie, pour obtenir ce «travail» qu’il abolit, en prétendant le perpétuer comme une obligation, comme une norme, comme un fondement irremplaçable des droits (dont le droit à la retraite qui n’est pas le moindre), et de la dignité.

Ce même travail, précisément, il en abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Franchement, nous avons mieux à faire que de vendre notre temps de vie pour un salaire de misère, à des entreprises qui décident à notre place quoi et comment produire.

Avec ou sans emploi, à la retraite ou plus jeunes, nous voulons un revenu garanti pour tous et toutes, inconditionnel, qui nous permette de vivre et ne plus penser le travail comme ce que nous avons ou n’avons pas, mais comme ce que nous faisons.

«Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi. Inventons ensemble la grève des chômeurs et précaires !»

Le collectif sort renforcé de cette action. Rendez-vous dans une semaine…

Collectif du 3 mai - Nice / AC ! - 06
HNS-info, 4 mai.

 

 

Bruxelles / En grève : des chômeurs rencontrent l’ONEm … et la police ! 

 

Ce lundi matin, dès 9 heure, une douzaine de policiers visibles, dont plusieurs en civil, ainsi que deux chiens policiers défendaient l’entrée de l’ONEm. Des bruits courraient, ceux du «saccages orchestrés à Liège par des chômeurs»… Il y a 10 ans… Et les «saccages» n’en furent pas, ces chômeurs et chômeuses furent acquittés par les Tribunaux placés devant un dossier vide…

 

Expliquant le pourquoi de notre action à la police, celle-ci nous confirma le droit de manifester devant l’ONEm, afin de rentrer en contact avec les chômeurs et chômeuses. À 15, pourquoi tenter le coup de force ? Et cela avait-il un sens lors d’une première action, annoncée comme de contact ? Après un court palabre, il fut conclu que tout se passerait bien, y compris nos éventuelles arrestations.

 

Après le comité de réception, la réception, inattendue autant que surprenante. Majoritairement francophone, nous serons reçus par le sous-directeur, qu’il m’excuse si j’écorche son titre, commettant par là le seul méfait du jour. Nous discuterons à 5 pendant 45 minutes environ. 3 chômeurs, le représentant de l’ONEm … et un policier ! Présent à titre préventif, informatif ? On ne saura pas. Mais s’il fallait une preuve d’ouverture, là voilà. Ouverture, de notre part. Démocratie, quand tu nous tiens…

 

Notre hôte, pas le policier, l’autre, nous dira qu’il se sent garant de la sécurité sociale qu’il défend, un mauvais terme reconnaîtra-t-il ensuite, contre les chômeurs et chômeuses qui ne veulent pas… Pas quoi ? Une offre d’emploi pour vingt, ça se mérite ! «S’il n’y avait pas de contrôle, ce serait la porte ouverte à …» À quoi ? Pourquoi serions-nous des profiteurs, des menteurs, des manipulateurs ? Notons que, mentir et manipuler, l’État s’en charge déjà… Et, paradoxe, pourquoi pensant cela nous place-t-on sous le seuil de pauvreté ? Pourquoi ne nous reconnaît-on pas de la «valeur» dans ce que nous pouvons produire socialement, politiquement, culturellement ? Pourquoi ne pas s’en prendre aux banques off-shore, pourquoi ne pas réguler la finance mondiale ? Pourquoi ne pas penser que, en bonne santé et heureux, nous coûterions «moins cher» ? Pourquoi considérer que nous voulons la fin du service public, de la sécurité sociale ? Serions-nous folles et fous ? À ces questions, pas plus de réponse que de fond(s)… À cette dernière non plus, pourquoi sommes-nous passés de «l’assurance chômage» à une «charge» sociale ? Stratégie politique ? 

 

Une question ne dut pas être démontrée étant donné la composition de notre table d’hôte. Ayant pour interlocuteur l’ONEm, après une sanction «nécessaire», nous pourrions directement nous adresser à la police ! On nous conseille, chez Actiris et au Forem, dans les CPAS, de travailler «au noir», pourquoi ne pas voler ?

 

Une chose doit être pointée dans l’atmosphère. Le représentant de l’ONEm en est sûr, il œuvre pour notre bien. Il veut notre bien. Nous sommes prêtEs à mener une lutte de longue haleine afin de ne pas nous laisser dérober notre bien ! ! !

 

Nous sommes résoluEs à rejoindre les travailleurs et travailleuses en grève, celles et ceux forcéEs aux «prise d’otage» de patrons ! Nous sommes engagéEs à nous joindre aux pensionnéEs dont 20%, au minimum ! connaissent la précarité, l’insécurité et la solitude politique ! Nous sommes déterminéEs à resserrer les liens avec cette main d’œuvre délocalisée que sont les personnes «sans papiers» ! Nous ne détournerons pas le regard des personnes mendiant dans nos rues ! La seule sécurité pour NOTRE bien est un peuple uni exigeant des «responsables» qu’ils le soient de «la situation» et devant nous, non l’inverse !

 

Aussi n’avons-nous pas d’autre message, pour l’instant, que de rappeler que cette situation est notre histoire, à toutes et tous, ce pays, notre pays, les services publics, nos services publics, et que, par et pour toutes et tous, ce n’est pas un message qui nous attend, mais des lendemains possibles et de la joie !

 

Refusons de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force. Refusons de nous laisser contrôler et sanctionner. Refusons d’accepter un travail quelconque sous peine de perdre une allocation de survie. Refusons de participer à la pression mise sur les autres travailleurs et travailleuses. Refusons d’avoir honte de ne vouloir, de ne savoir nous vendre à un prix quelconque ainsi qu’au détriment d’autrui et de l’environnement. Refusons de plier devant la raison économique et les guerres capitalistes. Refusons de renoncer à une écologie politique, non partisane, où articuler sphères personnelles et collectives, où participer, proposer et expérimenter des «valeurs» correspondant à nos histoires et cultures, à nos attentes et aspirations personnelles et collectives, refusons de renoncer à un «milieu» où poser des actes «propres».

 

C4rivé près de chez vous, 4 mai
Infos sur la grève des chômeurs, chômeuses et précarisés.



Manifestation de chômeurs à Bruxelles

Des chômeurs ont décidé d’exprimer leur ras-le-bol à propos des conditions qui leur sont faites. Certains d’entre eux se sont réunis lundi pour une action. Ils s’étaient donné rendez-vous devant les bureaux de l’Office national de l’emploi à Bruxelles.


Leur slogan : «l’Onem, on n’aime pas». Ils tentaient ainsi de sensibiliser les «utilisateurs» de l’Office national de l’emploi en essayant d’occuper les locaux. Mais ce n’est pas si simple, les locaux de l’Onem, chaussée de Charleroi, avaient été «sécurisés» pour l’occasion par des policiers, bien plus nombreux que les quelques manifestants venus dans l’intention d’«occuper» le bureau de chômage de Bruxelles. Il faut dire que, depuis la fin du système de pointage, approcher les chômeurs pour les sensibiliser à l’action, est de plus en plus difficile.

 

bruxelles.jpg

 

À leur grande surprise, une délégation a été reçue par Bernard Bourion, l’adjoint au directeur régional, du bureau de chômage de Bruxelles : «Ce qui les heurte, c’est l’aspect activation, ce contrôle les blesse mais j’ai rappelé le rôle premier de l’Onem qui est d’assurer un revenu de remplacement.»

Pour Olivier Hofman, chômeur, «on a vu un début de dialogue mais on vit dans deux mondes différents».

Chacun est donc resté donc sur ses positions.

 

Écouter le reportage complet.
Leur presse (B. Cleeren, RTBF), 4 mai.



Grève des chômeurs : Compte rendu de la journée du 3 mai à Rennes

Salut,

Ce lundi pour le premier jour de la grève des chômeurs, nous nous sommes retrouvés à la Place du Parlement à 10H. Le temps de discuter un peu et nous nous retrouvions à 50 pour occuper la CAF. Nous avons diffusé des tracts, discuté avec des «bénéficiaires», été rencontrer des agents dans les étages. Très vite, la direction a décidé de fermer l’accueil et tenté de retourner les allocataires contre nous en nous en faisant porter le chapeau. Une fois le bâtiment évacué de ses usagers et de ses agents, la police a pu faire son travail de nettoyage tranquillement. L’accueil a ensuite repris sous escorte policière

Ensuite nous sommes allés manger au chaud à la Maison des Associations, histoire de passer un petit bonjour à la directrice qui n’avait pas tenu sa promesse de nous donner une salle le 5 décembre après la manifestation et donner libre accès à la BAC et aux flics pour nous tabasser (cf. manif du 5 décembre à Rennes).

Nous avons ensuite décidé de nous diviser en groupes d’une quinzaine de personnes pour rendre visite à trois Pôles Emploi. L’accueil fut quasiment chaleureux : pas de problème pour afficher, distribuer des tracts, soutenir les personnes qui avaient des problèmes : les dossiers se réglaient immédiatement. La direction avait même le temps de discuter… Par contre, interdiction de discuter avec les agents, qui pour certains étaient en grève il y a peu. C’est seulement à la fin de journée que quelques échanges ont pu avoir lieu, loin de leur hiérarchie…

Nous nous sommes retrouvés ensuite à la Place du Parlement pour tenir une assemblée générale à 18 heures.

Il a été décidé de poursuivre et d’intensifier la lutte avec un nouveau rendez-vous à 10 heures mardi matin et une assemblée générale à 18 heures. Ces deux rendez-vous sont à la Place du Parlement et valent pour tous les jours de la semaine sauf indications contraires.

L’A.G des chômeurs et précaires de Rennes exige la libération immédiate de tous nos camarades parisiens et l’absence totale de poursuites et nous enjoignons, au vu de ce qui s’est passé, toutes les villes à se mobiliser quotidiennement. Nous ne pouvons laisser l’État et ses institutions continuer de nous foutre en taule, de nous humilier, de nous contrôler…

Vive la grève.


Rdv 10H et 18H tous les jours. Place du Parlement. Rennes

 

Collectif du 3 mai (contact
Indymedia Nantes, 3 mai.



Mobilisation nationale des chômeurs et des précaires

 

Les chômeurs et les précaires se sont mobilisés, lundi 3 mai, pour un premier jour de grève contre la dégradation des offres d’emploi. «On cherche à remettre à plat ce que sont devenues les institutions de gestion de la précarité», précise Étienne, membre des Cafards de Montreuil, collectif faisant partie de la coordination nationale qui a lancé le mouvement du 3 mai.


«Des organismes comme la Caisse d’allocations familiales et le Pôle Emploi font semblant de croire qu’il y a du travail partout, et que s’il y a des chômeurs c’est seulement parce qu’ils ne veulent pas bosser», poursuit l’organisateur, qui déplore «un système où on est obligé d’accepter des boulots de merde, très loin du domicile ou qui n’ont rien à voir avec nos qualifications, tout ça pour jouer le rôle du chômeur motivé et toucher nos allocations».

 

Le nombre de demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite faute de mieux (près de 1,3 million fin mars) est en augmentation constante depuis une quinzaine d’années. En 2010, ce sont près d’un million de chômeurs en fin de droits qui devraient perdre leur assurance chômage, selon les prévisions du Pôle Emploi, tandis que le nombre de chômeurs de longue durée (947'000) a augmenté de 24% entre fin 2008 et fin 2009, selon l’Insee.

Le collectif pour la grève des chômeurs s’était fait connaître en envahissant le plateau de Guillaume Durand le 21 avril, lors de son émission «L’Objet du scandale». Ils avaient alors annoncé le mouvement du 3 mai et expliqué aux téléspectateurs et aux invités, dont Frédéric Mitterrand, leurs revendications.

grevechomeurs.jpg

À Paris lundi, des syndicalistes, des intermittents du spectacle (CIP-IDF) et plusieurs collectifs ont occupé le dernier étage de la direction nationale du Pôle Emploi, porte des Lilas. Ils ont ensuite été évacués par la police, a constaté l’AFP sur place, et conduits dans des commissariats pour vérification d’identité, selon la préfecture. «Ils ont un peu tout saccagé et bu les bouteilles prévues pour le pot de départ d’une collègue», a précisé la direction du Pôle. «Nous étions près de deux cents, et avons été dispersés dans plusieurs commissariats. Certains sont partis en garde à vue, mais on est relâchés au compte-gouttes», a expliqué au Monde.fr un organisateur, qui a prévu des actions «sur toute la semaine, dont un piquet de grève permanent à Montreuil».

 

Parmi les occupants se trouvaient également des délégués syndicaux (SNU) du personnel du Pôle Emploi, qui contestent la pression croissante à laquelle sont soumis les agents face à la dégradation de l’emploi. Selon un communiqué, évoquant «un collectif d’une centaine de personnes» présentes lors de l’action d’occupation, deux des syndiqués étaient toujours en garde à vue en fin d’après-midi.

En Bretagne, d’où est partie l’initiative, une trentaine de personnes se revendiquant du «Collectif du 3 mai» se sont rassemblées dans le centre-ville de Rennes, devant une banderole «À partir du 3 mai : grève des chômeurs et précaires tous les jours AG - 10 heures et 18 heures - Place du Parlement», a constaté l’AFP. Une quarantaine de manifestants ont brièvement occupé la CAF pour distribuer des tracts, avant d’être refoulés dans le calme par la police, selon un des participants. À Quimper, cinq personnes, des chômeurs selon la police, ont manifesté au Pôle Emploi, distribué des tracts avant d’aller manifester à Brest.

«On organise cette grève des chômeurs pour faire se retrouver des personnes isolées face aux institutions, pour résister face aux 500'000 radiations par an, face aux emplois de plus en plus dégradés» qu’on leur propose, a expliqué à l’AFP Laurent, 30 ans. «Nous voulons aussi contrer le discours dominant sur la valeur travail, devenue obsolète.»

À Montpellier, une dizaine de manifestants se sont installés dans un Pôle Emploi, sans empêcher les agents de travailler, pour distribuer des tracts, a constaté un journaliste de l’AFP. «On n’avait pas d’autre lieu pour manifester notre désespoir», ont expliqué les manifestants, membres du Collectif pour une répartition équitable de l’emploi et des revenus. 

 

 Grève dans une agence du Pôle Emploi
Vingt-huit agents du Pôle Emploi étaient en grève lundi à Champigny-sur-Marne, entraînant la fermeture de l’un des deux sites de la ville, a précisé à l’AFP la direction régionale du Pôle. Ils protestaient contre des «locaux inadaptés» à l’accueil du public et «des conditions de travail qui se dégradent».
«Avant la fusion [ANPE-Assedic], ce site ne recevait que des demandeurs d’emploi. Aujourd’hui, les agents voient arriver des personnes pour des problèmes d’indemnisation. Les locaux sont inadaptés à la population», dénonce Philippe Valéry, délégué syndical départemental FO. Pointant «des conditions de travail qui se dégradent» et des «agressions qui se multiplient», le délégué syndical assure que les agents ont «la peur au ventre».
Bernard Chambre, directeur régional délégué du Pôle Emploi, se dit «surpris» par cette grève. «Il est vrai que les locaux sur le site ne sont pas adaptés mais nous avons proposé aux agents des plans de réaménagement des locaux des deux sites et ils étaient tout à fait satisfaits», a-t-il dit à l’AFP. Les travaux, prévus pour durer quinze jours, devraient démarrer «dans les prochains jours», après leur présentation au CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) cette semaine, a-t-il précisé.

 

Leur presse (Le Monde), 3 mai 2010.

 

 

Monpellier : Une dizaine de chômeurs occupent un Pôle emploi

Plusieurs collectifs de chômeurs et  précaires ont manifesté aujourd’hui dans l’Hexagone, notamment «contre les emplois dégradés qu’on leur propose», en Bretagne et à Paris. À Montpellier, plusieurs dizaines d’entre eux ont brièvement occupé le dernier étage du siège de Pôle emploi.


Les doléances sont nombreuses, allant de la faiblesse des minimas sociaux aux pressions pour accepter n’importe quel travail précaire, et d’une manière générale la situation faite aux chômeurs marquée selon les organisateurs par «une logique de contrôle et d’exploitation».

Le nombre de demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite faute de mieux (près de 1,3 million fin mars) est en augmentation constante depuis une quinzaine d’années et a beaucoup progressé avec la crise.  En Bretagne où est née l’idée, une trentaine de personnes se revendiquant du «Collectif du 3 mai» se sont rassemblées au centre-ville de Rennes, devant la banderole «À partir du 3 mai : grève des chômeurs et précaires tous les jours AG - 10H00 et 18H00 - Place du Parlement».

Une quarantaine de manifestants ont brièvement occupé la Caisse d’allocations familiales (Caf) où ils ont distribué des tracts, avant d’être refoulés dans le calme par la police, selon un des manifestants.  Parmi les manifestants : des membres du Mouvement des précaires et chômeurs en lutte (MCPL), anarchistes, Alternatifs libertaires, associations écologistes locales, objecteurs de conscience.

«On organise cette grève des chômeurs pour faire se retrouver des personnes isolées face aux institutions, pour résister face aux 500'000 radiations (de chômeurs) par an, face aux emplois de plus en plus dégradés» qu’on leur propose, a expliqué Laurent, 30 ans. «Nous voulons aussi contrer le discours dominant sur la valeur travail, devenu obsolète.»  À Quimper, cinq personnes, des chômeurs selon la police, ont manifesté au Pôle Emploi, distribué des tracts avant d’aller manifester à Brest.

À Montpellier, une dizaine de manifestants se sont installées dans un Pôle Emploi, sans empêcher les agents de travailler, pour distribuer des tracts. «On n’avait pas d’autre lieu pour manifester notre désespoir», ont expliqué les manifestants, membres du Collectif pour une répartition équitable de l’emploi et des revenus.

À Paris, des syndicalistes (SNU, SUD), des intermittents du spectacle (CIP-Idf) et plusieurs collectifs ont revendiqué l’occupation du dernier étage du siège national de Pôle Emploi avant d’être évacués par la police, a constaté l’AFP sur place. Des personnes ont été conduites au poste pour vérification d’identité, selon la préfecture.

Les manifestants ont affirmé avoir «dégusté le champagne initialement destiné pour les pontes du management de Pôle Emploi». «Ils ont un peu tout saccagé et effectivement bu les bouteilles prévues pour le pot de départ d’une collègue», s’est désolé la direction, qui avaient auparavant indiqué que les manifestants avaient enjambé les portillons de sécurité du hall d’entrée avant de gagner le 7e étage.

 

Leur presse (Midi Libre), 3 mai.

 

 

Quand les chômeurs se mettent … en grève

Précarité : Pas de bureau, pas d’usine, ni d’atelier. Malgré cela…


Calmes et sereins en apparence. Révoltés, «dégoûtés» à l ’ intérieur. Hier matin, après Paris, Rennes et Brest, les membres du MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires) ont entamé une grève à Montpellier. «Devant trop de culpabilisation et une mise au travail forcée, il y a nécessité d ’ inventer ensemble une grève des chômeurs et de tous les précaires.» Boostés par la récente parution du livre Confessions d ’ une taupe à Pôle Emploi ainsi que par le récit en immersion de Florence Aubenas intitulé Le quai de Ouistreham, où la journaliste s ’ est fait passer pour une travailleuse précaire durant six mois, Isabelle, Nicolas, Jean-Paul et les autres ont décidé d ’ embrayer et de passer eux aussi à l’action.

 

isaz.jpg«Déjà qu’être au chômage est un calvaire, aujourd’hui, depuis la fusion chaotique entre les Assedic et l’ANPE, c’est un double calvaire !» Et de raconter, les uns après les autres, «toutes ces réformes qui cherchent à nous isoler pour nous faire accepter des emplois de 1 heure, 5 heures, 10 heures par semaine payés une misère, dans les secteurs les plus difficiles». Et de dénoncer, «le manque d’humanité et le mépris des conseillers de Pôle Emploi, les contrôles permanents sans queue ni tête et les menaces de radiation».


Aujourd’hui, le MNCP se refuse catégoriquement à ce que «Pôle Emploi devienne le bracelet électronique des chômeurs». Écœurée, Isabelle raconte ainsi comment elle a été obligée «de manipuler son CV en fonction du conseiller». Après de nombreuses formations, Isabelle était à la recherche d’un emploi dans la peinture décoration. «On m’a clairement demandé de changer l’intitulé par femme de ménage ou employée polyvalente ! Je me retrouve avec plusieurs CV qui tuent mon identité. Avec Pôle Emploi, on ne sait plus qui on est. On est tout et rien et on finit, comme moi, avec un CDI de 26 heures par mois en tant que femme de ménage. Je n’ai pas le droit de tomber malade, je me retrouve piégée. Comme si on s’était débarrassé de mon cas et qu’on m’avait casée n’importe où…»

 

Hier, la vingtaine de chômeurs présents a investi le Pôle Emploi de Celleneuve pour tenter d’engager un dialogue. Avec des revendications fermes et définitives : que les minima sociaux soient réévalués, que la politique de création d’emplois soit réelle, que les pressions-sanctions-radiations cessent, que le tout téléphone et le tout informatique soit supprimé pour un retour au contact direct et à l’humain.

 

Leur presse (Midi Libre), 4 mai.

 

 

Chômeurs et précaires : «Contre les emplois dégradés»
 

 

Plusieurs collectifs de chômeurs et précaires ont manifesté hier, notamment «contre les emplois dégradés qu’on leur propose», à Brest, Rennes, Paris et Montpellier. Les doléances sont nombreuses, allant de la faiblesse des minima sociaux aux pressions pour accepter n’importe quel travail précaire et, d'une manière générale, la situation faite aux chômeurs marquée, selon les organisateurs, par «une logique de contrôle et d’exploitation».

 

En Bretagne, où est née l’idée, une trentaine de personnes se revendiquant du «Collectif du 3 mai» se sont rassemblées au centre-ville de Rennes, devant la banderole «À partir du 3 mai : grève des chômeurs et précaires. Tous les jours assemblée générale - 10h et 18h - Place du Parlement». Les manifestants ont brièvement occupé la Caisse d’allocations familiales où ils ont distribué des tracts, avant d’être refoulés dans le calme par la police.

 

bre1q.jpg

 

À Brest, où se tenait le rassemblement départemental, une cinquantaine de chômeurs et précaires, rejoints par cinq Quimpérois, se sont mobilisés. Un groupe a fait un sit-in dans les locaux de l’agence Pôle Emploi de la rue Jean-Jaurès.

 

À Montpellier, ils étaient une dizaine de manifestants et à Paris, des syndicalistes (SNU, SUD), des intermittents du spectacle (CIP-IDF) et plusieurs collectifs ont revendiqué l’occupation du dernier étage du siège national de Pôle Emploi avant d’être évacués par la police. 

 

Leur presse (Le Télégramme), 4 mai.

 

 

Publié dans Chômeurs - précaires

Commenter cet article