Première semaine de grève des chômeurs, nous persistons

Publié le par la Rédaction

 
Depuis le début de la grève des chômeurs, lundi 3 mai, des actions et des occupations ont eu lieu à Brest, Bruxelles, Caen, Lannion, Lorient, Nantes, Paris, Périgueux, Nice, Menton, Montpellier, Montreuil, Quimper, Rennes, Tours, dans des Pôles Emploi et des CAF. Le siège national de Pôle Emploi a également été occupé par une centaine de personnes et évacué par la police. Nous demandons à la direction de Pôle Emploi de retirer sa plainte, exigence soutenue par les syndicats SNU et Solidaires de Pôle Emploi.
Les jours suivants des Pôles Emploi d’Antony, Brest, Montreuil, Paris et Caen (où une autoréduction au resto U a également eu lieu) étaient visités et occupés, ainsi que la direction régionale de Pôle Emploi à Rennes. Lors de cette occupation, la direction a concédé que l’absence à convocation lors de la grève n’entraîne pas de radiation, ce qui constitue une forme de reconnaissance de la grève des chômeurs.
Vous trouverez là le récit de la dernière action marquante en date. Ces actions vont continuer. Dautres villes se préparent également à rejoindre le mouvement.
Au moment où un énième plan de rigueur est annoncé au prétexte de la crise, lorganisation dun sommet «social» cette semaine se traduira par une intense propagande gouvernementale. Les tentatives dorganisation des premiers concernés, les pratiques collectives et les expressions auxquelles elles donnent lieu restent passées sous silence par les mass media, ce qui tend à vider de son sens la notion de débat public, pourtant placée au fondement de la démocratie. La question Qui informe les journalistes ? est à nouveau posée.
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.

CIP-IDF, 9 mai 2010.

 Bruxelles : La grève des chômeurs a déjà commencé … suites

Rencontre(s), discussions, continuations et ruptures après la première «action», lundi 10 mai à partir de 17h au «Foyer occupé», 129 avenue Buyl à Ixelles, en bordure du campus du Solbosch Tram 94 et 25, bus 71 arrêt ULB : stratégies, perspectives, pratiques, désirs, espaces d’interventions, liaisons, etc.

Une grève des chômeurs, nous le sentons déjà, ça commencerait par un mouvement de refus, un refus absolu, catégorique, générique et sans appel : refus de se faire insérer de force, de devoir devenir l’entrepreneur de sa propre domination, refus du contrôle, des radiations, refus de payer le prix monétaire et subjectif de laccès à la satisfaction des besoins, refus des pressions psychologique et morale, etc. Nous ne discuterons plus, ni ne ferons entendre nos raisons. Les hommes qui refusent et qui sont liés par la force du refus, savent qu’ils ne sont pas encore ensemble. Le temps de laffirmation commune nous a été enlevé. Ce qui nous reste, cest lirréductible refus, lamitié de ce non certain, inébranlable, rigoureux qui nous rend à la fois unis et solitaires. Ce que nous refusons nest pas sans valeur ni importance. Cest bien à cause de cela que le refus est nécessaire. Il y a une raison que nous nacceptons plus, il y a une apparence de sagesse qui nous fait horreur, il y a une offre daccord et de conciliation que nous nentendons plus. Lentement mais irrévocablement une fêlure sest produite qui affecte nos vies, une faille qui s’allonge, s’arrête, s’approfondit en nous et hors de nous, un écart qui constitue chacune de nos existences, singulièrement. Nous avons été ramenés à cette sorte dhonnêteté qui ne tolère plus la complicité. Refuser nest jamais facile, nous le savons que trop. Nous devons (ré)apprendre à maintenir intact le pouvoir de refus que désormais chacune de nos affirmations devrait vérifier ainsi qu’ouvrir le faculté de refuser qui est en propre la faculté de n’importe qui. Mille chemins s’ouvrent alors, chemins fragiles, partiels, vulnérables, ouverts, autant de chemins qui passent aux bords de l’abîme et tentent de ne pas y tomber. C’est sur ces chemins que nous pourrions nous rencontrer, élaborer des tactiques et des pratiques de résistances, partager nos savoirs sur le chômage et ses petites enroules et sur bien d’autres choses, se donner des conseils, inventer de nouvelles formes de solidarité, etc.

Quelques chômeurs parmi d’autres




saintJean-du-Gard : Revenu minimum, colère maximum !

Le passage du RMI au RSA nous aura permis, entre autres, de payer notre taxe dhabitation, comme tout le monde ! Cest au compte goutte, dans un but de division, que l’État nous fait parvenir lordre de paiement de cette taxe. Ce nest évidemment pas avec nos 4 ou 600 euros que nous allons pouvoir la payer (50 à 500 euros par an suivant les communes et la superficie) !
Ce n est qu un énième moyen de nous appauvrir, de nous pousser à accepter n ’importe quels boulots ; sans compter les suppressions d allocations, les retards dans les paiements, les contrôles CAF, les convocations intempestives, l obligation de signer un contrat d insertion, d accepter des boulots pourris ou des formations infantilisantes…
L accès aux minimas sociaux devient de plus en plus compliqué quand les radiations deviennent de plus en plus courantes ! Sous prétexte de nous aider, l ’État cherche à nous contrôler et nous rendre corvéable à merci. Quand il lâche des milliards aux banques, il nous supprime le peu avec lequel nous tentons de survivre.
Trop souvent, nous sommes seul-e-s et impuissants face à ces administrations (CAF, AS, Conseil Général, Pôle Emploi, patrons…). Agir collectivement devient indispensable ! Ici ou là, à Paris, Marseille, Montpellier ou plus près de nous au Vigan, des collectifs se forment pour enrayer la machine. À saintJean-du-Gard, une réunion est prévue pour discuter de tous ces problèmes et envisager l organisation d un collectif : lieu de solidarité, de réflexions autour de notre survie, de nos moyens d interventions et d actions, bref, du dépassement de nos conditions de «vie»…

Réunion publique à saintJean-du-Gard
Vendredi 14 mai à 18h30 salle du Mont-Brion

Contact 
Courriel, 8 mai.

Publié dans Chômeurs - précaires

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