Grenoble : Procès de la militante arrêtée le 1er Mai

Publié le par la Rédaction

 

 

Le 1er Mai, lors de la manifestation, deux caméras (globe 360°) fraichement installées en douce par la mairie de Grenoble ont été démontées dans la bonne humeur par un cortège festif et coloré contre la vidéosurveillance.

 

Manifestement énervés par leur excès d’inefficacité, les flics de la BAC ont décidé d’intervenir place de Verdun, une fois la manif terminée. Ils ont interpellé violemment une militante de la CNT. Des personnes ont essayé de s’interposer alors que les coups de matraques pleuvaient. L’une d’entre elles à été frappée à la tête puis évacuée par les pompiers. La militante arrêtée est passée en procès mercredi 19 mai au Tribunal de Grande Instance de Grenoble.

 

Une petite centaine de personnes étaient présentes à l’extérieur et dans le tribunal en soutien à la camarade, avec banderole (contre le Parti Sécuritaire et la vidéo-surveillance), drapeaux syndicaux (CNT, CNT AIT 05 et Solidaires 38) et table de presse (infokiosk).

 

Convoquée à 14h, la prévenue n’est pas appelée à comparaître avant 17h.

 

L’avocat fait remarquer dès le début qu’il y a des personnes qui veulent entrer et qu’il reste des places. L’accès à la salle, à la demande du parquet, est limité au nombre de places assises ! On compte les places restantes et des personnes entrent. Les flics sont, eux aussi présents à l’extérieur comme à l’intérieur et en nombre.

 

Comme tout procès, l’audience commence par l’identité de la prévenue, les faits reprochés (dégradation d’une caméra appartenant à une personne publique), la lecture des PV de la police puis quelques questions factuelles sur le déroulement de la manif (vous étiez où, quel cortège, qu’est-ce que vous avez fait…).

 

La partie politique : la juge cite le Postillon, PMO et leur hostilité à la vidéo-surveillance (l’avocat dit que les Verts municipaux aussi sont contre !). Le proc qui n’avait pas de question à poser, parle dans son réquisitoire des anarcho-libertaires, des casseurs présents à chaque manif, nous rappelle qu’un flic ne peut pas se tromper et que «malheureusement» les caméras ne sont plus là pour nous soutenir puisque cassées !

 

La défense : l’avocat rappelle le contexte. L’an dernier le même policier avait porté plainte contre deux camarades suite à la manif du 1er Mai (dont un de la CNT), qu’il avait été débouté. Les deux copains ont ensuite porté plainte contre les flics pour violences policières. Plaintes que le procureur a refusé d’instruire, juste avant le 1er Mai 2010…

 

Sur le fond, il est étrange que les policiers encadrant la manif n’aient pas remarqué d’échelle, tout aussi étrange qu’ils puissent, en nous regardant, affirmer que nous sommes des anarcho-libertaires. Tous les témoignages écrits et photographiques indiquent que la prévenue était habillée pareil du début à la fin de la manif, qu’il y a peu de chances qu’elle se soit changée deux fois en cours de cortège sans que la police ne le remarque, qu’elle est restée dans le cortège de la CNT, que les flics malgré toutes leurs certitudes se sont trompés sur la taille de l’accusée et de la prévenue, qu’ils ont menti en indiquant avoir procédé à l’interpellation avec brassards ce qui est prouvé par les photos et témoignages. Et que s’ils étaient si sûrs d’eux ils n’auraient pas eu à attendre la fin de la manif pour interpeller quelqu’unE.

 

En conséquence et devant l’absence manifeste de preuve, la relaxe est demandée !

 

Le procureur demande 2000 euros d’amende (10'000 selon GreNews qui doit avoir des intérêts sur l’amende) et environ 6500 pour la Mairie, partie civile dans l’histoire.

 

Le délibéré sera rendu le 7 juin à 14h au tribunal.

 

Ni condamnation, ni vidéo-surveillance !


Infozone, 22 mai 2010
Liste d’information pour la France sauvage.

 


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