Fos : le plus important dépôt pétrolier de Paca bloqué depuis ce matin

Publié le par la Rédaction

 

Ce blocage est la première «action coup de poing» d'une longue série selon les syndicats.

 

 

Les terminaux pétroliers de Fos-Lavera, dans les Bouches-du-Rhône, étaient à l'arrêt jeudi pour la onzième journée consécutive mais les syndicats ont échoué à entraîner massivement les salariés des raffineries voisines dans le mouvement.

 

Le mouvement d'opposition à la réforme portuaire se double de revendications dans le cadre de la réforme des retraites et menace, à plus ou moins court terme, le sud-est de la France d'une pénurie de carburant, qui a déjà touché la Corse.

 

Pour protester contre le projet de loi sur les retraites en débat au Sénat, les employés de la raffinerie Ineos ont cessé le travail à 03h00 GMT et un nouveau vote est prévu en début d'après-midi, a-t-on appris auprès de la CGT.

 

Cependant, les raffineries Total, d'Exxon et de LyondellBasell ne sont pas touchées par la grève pour l'instant, a-t-on précisé de même source.

 

Une assemblée générale est prévue vendredi matin à la raffinerie LyondellBasell.

 

Dans la matinée, plusieurs dizaines de manifestants, venus des terminaux pétroliers et de plusieurs raffineries, ont bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (DPF), le plus important de toute la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

 

Le blocage, première «action coup de poing» d'une longue série selon les syndicats, a été levé vers 09h00 GMT.

 

«Il y aura des débats sur les actions à mener avec les salariés», a déclaré Jean-Marie Michelucci, délégué syndical CGT d'Arkema et responsable de l'union régionale de la fédération Chimie.

 

Les syndicats ont d'ores et déjà annoncé qu'ils bloqueraient les expéditions partant des dépôts pétroliers mardi prochain, date de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

 

 

«Le gouvernement joue l'enlisement»

 

Selon plusieurs syndicalistes, la pénurie de carburant est proche.

 

«On nous a annoncé que l'unité de distillation atmosphérique (première étape du processus de raffinage-NDLR) s'arrêterait dimanche matin par manque de produits», a expliqué à la presse Michel Denis, délégué CGT chez Total. «Les autres unités suivront naturellement», a-t-il estimé.

 

Sur les terminaux pétroliers, les salariés ont poursuivi la grève mais le travail a repris dans les terminaux de marchandises, a annoncé la direction du Grand port maritime de Marseille (GPMM).

 

Les pourparlers entre la direction et les syndicats des terminaux pétroliers étaient jeudi au point mort, aucune réunion n'étant planifiée dans la journée, selon la direction du port.

 

Au total, 51 navires sont affectés par la grève contre la réforme portuaire, dont plus d'une trentaine de pétroliers, précise un communiqué.

 

À Marseille, la réforme portuaire prévoit notamment la création d'une filiale pétrole, détenue à 60% par le GPMM, dans laquelle seraient employés les 220 salariés actuellement en charge des terminaux.

 

La direction du GPMM estime avoir donné suffisamment de garanties aux salariés qui s'inquiètent pour leur avenir dans cette filière.

 

Pour Pascal Galéoté, secrétaire général CGT des agents du port de Marseille, «le gouvernement joue l'enlisement» dans ce conflit.

 

«Le message est clair avec l'entrée dans le mouvement des raffineries», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. «Il y aura certainement une pénurie de carburant dans les prochains jours.»

 

Selon l'Union maritime et fluviale de Marseille-Fos, des bateaux de marchandises ont commencé à être détournés vers d'autres ports européens comme Gênes, Anvers et Barcelone.

 

Les pétroliers, eux, ne peuvent être détournés vers d'autres ports pour des raisons de sécurité et parce que quatre des plus grandes raffineries de France ainsi qu'un pipeline vers l'Allemagne sont situés dans la région.

 

Leur presse (Reuters), 7 octobre 2010.

 


 

Publié dans Colère ouvrière

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