Expropriation massive du livre "Inquiétudes" sur la révolte de décembre 2008 en Grèce

Publié le par la Rédaction

Grèce : expropriation massive du livre «Inquiétudes», sur la révolte de décembre 2008

Au début du mois de décembre, quelques jours avant le premier anniversaire de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos et de la révolte qui a marqué une rupture en Grèce — et dans toute l’Europe —, une publicité déguisée en «information» a fait son apparition dans les grands titres de presse écrite et les médias grecs. Une des plus importantes maisons d’édition, si ce n’est la plus importante, les Éditions Kastaniotis, publiait un livre : Inquiétudes. Affiches, slogans, lettres anonymes, tracts, manifestes, pamphlets, graffitis, photos de la révolte… Le tout concentré dans un beau livre qui devait se vendre bien et à bon prix.
Comme une épitaphe au mois de décembre : maintenant que le danger est éloigné, nous avons capturé pour vous toute la beauté de décembre 2008. Vous pouvez en profiter calmement et en toute sécurité. Approchez-vous ! Achetez ! Il n’y a aucun risque. Il n’y a pas de flammes. Il n’y a pas de colère. Rien que des mots. De jolis mots. Rien que des images. De belles images. Nous avons capturé le rêve et nous l’avons dévêtu de sa dangereuse force, et nous vous l’offrons à bon prix. Et bien sûr avec copyright…
Nous qui avons lu «l’information», avons été submergés par la rage. Comment osent-ils ? Mauvaise question. Ils osent parce qu’il est urgent pour eux, ceux d’en haut, d’en finir avec ce mois de décembre. D’en faire une «belle histoire». De le restreindre à un instant «spontané» qui s’est achevé. Pourtant, eux aussi se trompent : le «spontané» n’existe pas. Il n’a jamais existé. La colère ne peut être réduite à un instant. C’est du passé, et c’est aussi un présent que nous inventons et un futur que nous rêvons… Et on ne peut emprisonner le rêve… Pas plus que la colère… L’histoire s’égraine comme un récit quotidien, rien de plus… Un récit…

Mardi 15 décembre, une grande quantité du livre Inquiétudes a été expropriée des Éditions Kastaniotis

L’histoire pourrait commencer ainsi : Par un jour ensoleillé… Mais non ! Le 15 décembre, il pleuvait, et peu importe le temps qu’il faisait. La ville dormait ou travaillait aux rythmes exhaustifs de la normalité. Nous, nous avions d’autres intentions. Nous avions pris notre décision en accord avec nos souhaits et nos propres nécessités. Une idée de plus, un travail de plus du «négatif». Rien ne rend une idée plus pointue que de la ciseler avec la réalité. Le rendez-vous était fixé, cette fois-ci par nous-mêmes. Nous nous sommes rendus aux Éditions Kastaniotis. Notre objectif était l’expropriation du plus grand nombre possible du livre Inquiétudes.

Contrairement à ce livre, nos inquiétudes n’ont pas de «prix», pas plus que de copyright. Même si nous devions nous reconnaître dans les pages de ce livre, il ne plairait pourtant à personne que ses rêves et ses luttes soient transformés en archives des supermarchés de la pensée et en «nourriture» devant la faim conformiste et consumériste d’un «public alternatif». Ainsi, après avoir bien étudié notre plan d’action, nous sommes entrés dans la librairie. «Bonjour, nous sommes venus chercher quelque chose qui nous appartient», leur avons-nous dit. Il est vrai que nous avons de sérieux problèmes avec le capital et la propriété, mais nous avons aussi un problème sérieux avec ceux qui commercent avec les perceptions et les pratiques révolutionnaires, qui plus est lorsqu’il s’agit de notre vécu de décembre 2008. Nous nous sommes dispersés dans tout le magasin. Quelques-uns sont restés dans l’entrée à expliquer aux travailleurs les raisons de cette surprise festive, alors que d’autres mettaient les livres dans des sacs. L’expropriation s’est rapidement terminée sans aucun incident. Un employé nous a posé la question classique : «Pourquoi ne pas nous avoir demandé les livres ? Nous vous les aurions donnés.» Mais nos intentions étaient claires : nous ne venions pas faire la manche, nous venions exproprier les livres pour les rendre à la rue, car c’est à la rue qu’ils appartiennent. Et cela s’est passé ainsi.

Extrait du texte qui a été distribué à cette occasion :
… Si décembre dernier avait un sens, celui-ci ne se limite pas à l’expression d’une inquiétude de la jeunesse, comme tentent de le faire croire au public tous ceux qui veulent nous ranger au musée et dans les archives, pour perpétuer la satisfaction d’une bonne lecture sur un canapé. Car décembre n’est tout simplement pas fini.
Décembre avait un sens car il fut une revendication qui nous permit de prendre conscience de la vie et de sa richesse, totalement opposée à la mort : de cette vie qui ne se vit pas car elle sert à tout le reste : travailler, consommer, s’empoisonner pour tenir bon, se reproduire pour oublier. C’est cela que nous avons nié, ensemble, par milliers : des immigrés, des hooligans, des «vagabonds», des adolescents, des fous, des punks, des anarchistes, des communistes…
L’expropriation du livre Inquiétudes nous rappelle que cette pratique, celle de l’expropriation massive, était habituelle en décembre 2008. Comme nous avons exproprié-libéré collectivement le produit de notre activité créative, de la domination du capital, nous exproprions-libérons le produit de l’activité destructive-créative de ce décembre-là. Ce produit est libéré de vos pages bien illustrées. Cette expropriation nous permet de retrouver calme et sérénité, malgré la manifestation de votre mauvaise éducation, lorsque vous avez publié nos matériels et que vous les avez mis en vente.
La logique qui régit nos pamphlets, manifestes, affiches, autocollants et tout autre type d’action, est celle du partage. Nous ne revendiquons aucune originalité, ni droits d’auteur, ni même la «sainteté» de ce que nous avons fait et écrit, parce que tout est issu de la sphère «collective», de l’usage commun, et nous voulons qu’il en reste ainsi. Nos actes sont ceux des «communautés de lutte» qui les ont créés, et qu’elles continueront de créer par milliers. Ainsi, nous ne pouvons en aucune manière permettre la transformation de tous ces gestes en archives pour musées ou pour esprits «de lecteurs sensibilisés». Le regroupement des archives est nécessaire comme outil pour un usage futur, et toujours dans le cadre des mouvements sociaux. Leur usage est utile. Les archives ne sont pas belles. Outil, pas fétiche. Le minimum que nous pouvions faire était de les exproprier et de les distribuer à leurs véritables créateurs.
Le regroupement de tout ce matériel signifie, et présuppose un éloignement, une distance très claire de son contenu. Une distance qui pour les responsables de cette publication fut une «distance en temps réel» quand tout ce matériel vivait dans les rues. Et cela présuppose l’admiration de ce matériel depuis le canapé de vos maisons au moment des faits. C’est ainsi qu’avec la sécurité que vous offre cette «chronique à distance», protégés par votre univers de «propriété intellectuelle», vous essayez d’apporter votre contribution à ce qui s’est passé il y a un an. Pourtant, tout ce à quoi vous contribuez, c’est sa répression.
Propriété intellectuelle sur quelque chose qui a dédaigné tout type de propriété, cela signifie que l’esprit de ce dédain n’est pas très clair pour vous. Cela signifie que les responsables de cette publication n’ont pas voulu se reconnaître parmi les sujets enragés qui figurent sur le matériel édité. Cela signifie que dans «un monde qui marche la tête à l’envers», l’authentique est seulement un instant du mensonge. Le regard «sensible» et photographique des deux responsables ne suffit pas à expliquer la haine et la rage. Ce dont ils ne font pas l’éloge dans ce livre-marchandise, c’est la haine des personnes impliquées envers la marchandise. Ce qu’ils ne racontent pas dans cette «propriété intellectuelle», c’est la haine de toutes les personnes impliquées devant tout type de propriété…
… Dans tous les cas, ne vous préoccupez pas. Vous aurez de nouveaux matériels pour la deuxième édition. Et à chaque nouvelle édition, c’est nous qui aurons le dernier mot. Comme le dit le résumé du livre, «… ce monde a existé». Nous ajoutons seulement que ce monde continue d’exister, et aujourd’hui, une petite partie de ce monde a décidé de rendre une visite aux librairies de votre maison d’édition. Votre tentative d’incorporer ce monde n’est et ne sera rien d’autre que des coups d’épées dans l’eau. Nos attaques seront sans fin.
Mis à part nous, vos inquiétudes. Les hostilités continuent.

Traduit de l’espagnol par Info Sud Télé, 4 janvier 2010.


Expropiación masiva del libro «Inquietudes», sobre la revuelta del Diciembre pasado

En los primeros de diciembre de 2009, unos dias antes del primer aniversario del asesinato de Alexis Grigoropoulos y del aniversario de la revuelta que significó una ruptura para Grecia — y toda Europa —, apareció en los grandes periodicos y medios de comunicación de Grecia, una publicidad-anuncio disfrazada en “noticia”. Una de las más grandes –quizás la más grande- casas editoriales de Grecia, Editorial Kastaniotis, publicaba un libro: Inquietudes: un registro de lo “espontáneo” en diciembre de 2008: Carteles, consignas, cartas anonimos, folletos, manifestos, panfletos, graffitis, fotos de la revuelta… palabras nuestras, momentos nuestros… todo concentrado en un libro, bien disenado para venderse bien y en precio bueno.
Como un Epitafio a Diciembre: ahora que ya está lejos el peligro, hemos capturado para vosotros toda la belleza del diciembre. Pueden disfrutarla con calma y seguridad. ¡Acerquense! ¡Compren! No hay riesgo. No hay llamas. No hay rabia. Sólo palabras. Bonitas. Sólo imagenes. Bonitas. Hemos capturado el sueño, desnudado de su fuerza peligrosa. Y se los ofrecemos. En buen precio. Y, claro: con copyright…
Quienes hemos leido la “noticia” nos ahogamos por la rabia: ¿Como se atrieven?. Nos equivocamos en la pregunta. Se atrieven porque urge para ellos, los de arriba, terminar ya con el diciembre. Hacerlo todo un “cuento bonito”. Restringuirlo en un momento “espontaneo” que ya ha pasado. Sin embargo… tambien ellos se equivocan: Lo “espontaneo” no existe. Nunca ha existido. La rabia no es un momento. Tiene un pasado, su presente que lo inventamos y un futuro que lo soñamos… y no puede encancerlarse el sueño… tampoco la rabia… La historia sigue como un cuento cotidiano, nada mas…
Un cuento…
EuropaZapatista, 31 de diciembre de 2009.

El Martes 15 de Diciembre se expropió una gran cantidad de libros, del libro «Inquietudes» de la editorial Kastanióti

Podría empezar como: Fue un día soleado… Pero no! Fue un día lluvioso, 15 de Diciembre, y el tiempo no importa. La ciudad estaba durmiendo o trabajando bajo los ritmos exhaustivos de la normalidad. Nosotros teníamos otras intenciones. Habíamos tomado nuestras decisiones basadas en nuestros deseos y necesidades. Una idea más, un trabajo más del «negativo». Nada hace una idea más puntiaguda que cincelarla con la realidad. La cita ya estaba acordada, pero esta vez por nosotros mismos. No dirigimos hacia la editorial Kastanióti. Nuestro objetivo fue la expropiación del mayor número posible del libro Inquietudes. Contrariarmente a ese libro, nuestras inquietudes no tienen «precio» y tampoco tienen copyright. Aún reconociendo a nosotros mismos dentro de las paginas de este libro, sin embargo a nadie le gustaría que sus sueños y luchas se transformaran en archivos en los supermercados del pensamiento y «comida» ante el hambre comformista y consumista de un «público alternativo». De esa manera, despues de haber estudiado bién nuestro plan de acción entramos en la libreria. «Buenos días, hemos venido a coger algo que no os pertenece», les dijimos. Puede que tengamos serios problemas con el capital y la propiedad, pero también tenemos un problema muy serio con los que transforman a comercio percepciones y practicas revolucionarias, y ademas comercializando lo que para nosotros es la vivenvia del Diciembre. Todos nos dispersamos por el almacen. Algunos se quedaron en la entrada explicando a los trabajadores las razones de esa pequeña sorpresa festiva y otros metieron los libros en bolsas. La expropiación se completó rapidamente sin incidente alguno. Un empleado nos preguntó, el clásico «Por qué no nos pidisteis los libros? Os los ibamos a dar.» Sin embargo nuestras intenciones eran clarisimas. No fuimos para pedir limosna, sino para expropiar los libros y devolverlos a donde pertenecen, es decir a las calles. Y así ocurrió.

Parte del texto que se repartió:
… Si tenía un sentido el Diciembre pasado, este no se limita en la expresión de una inquietud juvenil, como intentan convencer el público todos los que intentan meternos en museos y archivos, para perpetuar la «satisfación del sofa». Y no se limita, porque aquel Diciembre todavía no ha pasado.
Tenía sentido porque fue una reivindicación concienciada de la vida y de su riqueza, totalmente opuesta con la muerte, sea por la bala de un madero o del «gotero»: de la vida que no vive porque hace todo el resto: trabajar, consumir, envenenarse para aguantar, reproducirse para olvidar. Este fue lo que negamos, jutnos con otros miles: inmigrantes, hooligans, «vagabundos» quinceañeros, luben, locos, punkys, anarquistas, comunistas etc. etc.
La expropipación del libro Inquietudes, enseña algo que durante el Diciembre se estableció como una prácrica habitual: la de la expropiación masiva. Como durante el Diciembre se expropió-liberó colectivamente el producto de nuestra actividad creativa, de la dominación del capital, de esa manera ahora se expropia-libera el producto de la actividad destructiva-creativa de aquel Diciembre. Liberandolo de vuestras paginas bien ilustradas. En realidad, la expropiación es una acto de mantener nuestra calma y serenidad, la cual — la sede de su editorial — para nada va a quierer que se pierda. Calma y serenidad que mantenemos, a pesar de la mala educación por vuestra parte de publicar material nuestro y ponerlo en venta.
La lógica que rige nuestros panfletos, manifestos, carteles, pegatinas y cualquier tipo de gesto es la de repartimiento. No reivindicamos ningún tipo de originalidad, derechos de autor ni siquiera la «santidad» de lo que hicimos y escribimos, porque todo eso ocurrió en la esfera de «lo colectivo», del uso común y es donde queremos que se queden. Es decir que se queden en las «comunidades de lucha» que han creado, y seguirán creando, los miles de proletarios rebeldes. Así, que de ninguna manera podemos permitir la transformación de todos eso gestos vivos en archivos para museos o mentes «de lectores con sensibilidades». La concentración de material archivista es necesaria como herramienta para un uso futuro, y siempre dentro de los marcos de los movimientos sociales. Su uso es útil, no es bonito. Herramienta, no fetiche. Conocimiento, no archivo en la biblioteca. Lo mínimo que podríamos hacer era expropiarlo y repartirlo entre sus verdaderos creadores.
La concetración de todo ese material significa, y presupone un alejamiento-distancia muy claro de ese contenido. Una distancia, que para los encargados de esa publicación fue una «distancia en tiempo real» cuando todo ese material se vivía en las calles. Y esto presupone, la admiración de ese material desde el sofa de sus casas, cuando todo estaba ocurriendo. Por eso, y dentro de la seguridad que les ofrece esa «distancia crónica» y el mundillo de la «propiedad intelectual» intentan con retraso contribuir lo que ocurrió un años antes. Sin embargo, en lo único que contribuyen es su represión.
Propiedad intelectual sobre algo que desdeñó todo tipo de propiedad, significa que el espiritú de ese tipo de desdeño no se quedó bien claro. Significa que los dos encargados no quisieron reconocerse dentro de los sujetos rabiosos de ese material publicado. Significa que en «un mundo patas arriba», el verdadero es solamente un instante de lo falso. La vista «sensible» y fotográfica de estos dos encargados no basta para explicar el odio y la rabia. Lo que no elogian en este libro-mercancia, es el odio de los sujetos implicados hacia la mercancia. Lo que no cuentan en esa «propiedad intelectual», es el odio de los sujetos implicados ante todo tipo de propiedad…

En todo caso no os preocupéis. Váis tener material nuevo para la segunda edición. Y por cada edición nueva, nosotros daremos la última palabra. Porque según opina el resumen del libro «… ese mundo existió». Nosotros solamente añadir que ese mundo sigue existiendo, y hoy una parte pequeña de ese mundo decidió visitar los almacenes de vuestra editorial. La «incorporación» que intentais no será nada más que disparos en el vacio. Nuestros ataques no tendrán fin.
Fuera de nosotros vuestras inquietudes. Las hostilidades siguen.
Feliz Navidad.

Grecia Libertaria, 21 de diciembre de 2009.

Publié dans Grèce générale

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mmmm 01/05/2010 12:25



Euxaristoumeeeeeee


 


très très beau ! mais ... cachez les visages des manifestants comme même !