Entre enthousiasme et résignation...

Publié le par la Rédaction

Depuis quelque temps entre militants radicaux, on voit qu'il y a un nombre important de textes sur le mouvement contre la réforme des retraites et son monde. Comment pouvons-nous a priori penser sur l'avenir de ce mouvement qui, face aux médias dominants, aux flics et aux jaunes tentant de le minimiser, paraît ancré durablement dans un conflit. Alors oui partageons l'optimisme de certains camarades sur l'extension des idées de blocages des flux de l'économie marchande, sur le caractère inter-générationnel (des déjà retraités en passant par les travailleurs précaires, ou non, jusqu'aux jeunes scolarisés, ou non) et interprofessionnel (des cheminots aux postiers en passant par les professeurs et agents administratifs jusqu'à quelques secteurs du privé) de cette lutte, en plus de son caractère de classe à travers les grèves et les affrontements que ce soit dans la rue, devant un lycée ou bien devant des unités de production stratégiques (les raffineries) pour l'économie capitaliste et marchande.

 

C'est vrai, que pour une fois une lutte semble avoir soulevé un certain malaise que nous qualifions de sentiment de haine et d'injustice à l'égard de cette réforme, mais plus généralement de ce gouvernement (pas besoin de sondage pour le savoir, sortir dans la rue suffit…). Alors nous sortons pour exprimer notre colère, notre rage, pour grèver, pour bloquer, pour porter des attaques (verbales ou physiques) à ce gouvernement et le système économique qu'il défend.

 

Néanmoins ces attaques suffiront-elles à faire tomber ce gouvernement qui se la joue à la Thatcher et engage également sa crédibilité face aux néo-libéraux sauvages de la planète ? Il y a en tout cas certains signes qui ne trompent pas : nous avons été surpris par la relative radicalité dans le discours des grandes organisations syndicales comme la CGT ou la CFDT, mais bon disons que poussées au cul par leurs bases, elles étaient dans l'obligation de faire appel à des journées d'actions prochainement.

 

Ainsi, nous pouvons nous demander s'il n'y a pas un choix tactique politique pour les syndicats qui ne veulent pas perdre la face dans un premier temps, face à leur base et à la population (de leur incapacité de nuisance) et dans un second face à un gouvernement avec lequel il a été trop timoré ces dernières années (souvenons-nous des journées d'action de l'année 2009 pour «le pouvoir d'achat» ou bien de la «réforme Fillon» en 2003, etc.), et est prêt à vouloir négocier. C'est pourquoi, cette posture combative soudaine (au moins médiatique) des hiérarchies syndicales  peut paraître suspecte. D'autant plus que viennent se greffer, comme d'habitude, les raclures et autres «ténors» sinistres du Parti Socialiste qui  surfent sur cette vague antigouvernementale pour que la population les porte au fauteuil élyséen : ses relais d'organisations de jeunesse (MJS, UNEF, FIDL, UNL, etc.) tentent de canaliser la révolte estudiantine et lycéenne pour qu'elle rentre dans le rang des urnes pour 2012.

 

À cela s'ajoutent les diverses propagandes médiatiques du personnel  non gréviste des radios nationales (par exemple ceux de Radio France), puis celle du patronat MEDEF et CGPME réunis qui joue l'arme de la culpabilisation des salariés de secteurs-clés du capitalisme hexagonal avec comme méthode de les faire culpabiliser… Bref, pas mal de stratégies et de techniques politiciennes de la résignation se mettent en place. Seul, pour le moment, ce vaste mouvement avec des grèves sporadiques sur un long terme, avec ses blocages économiques à répétitions effectués à la base par des intersyndicales locales très combatives et/ou bien par des coordinations autonomes qui ne veulent pas négocier mais imposer un rapport de force, peuvent mettre à mal justement cette résignation qui veut poindre le bout de son nez.

 

Bloque, bloquons, bloquez !

Pour la destruction du vieux monde…

 

Poitiers, le 25 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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