En grève... jusqu'à la retraite ! / Lycéens, pas casseurs ?

Publié le par la Rédaction

En grève… jusqu'à la retraite !

 

La lutte doit-elle se limiter à une grosse manif plan-plan ? À marcher pendant des heures autour des remparts puis à retourner chez nous plus ou moins dégoûtés et insatisfaits ? UMP et MEDEF l'espèrent. Quant aux centrales syndicales, elle préfèrent ça plutôt que d'appeler à une grève générale illimitée qu'elles ont trop peur de ne pouvoir contrôler. C'est donc à nous de prendre l'initiative pour propager la grève.

 

C'est le moment de se rencontrer, de discuter, de s'auto-organiser à la base, sans grands manitous ni petits chefs, dans chaque boîte, dans chaque établissement, sans pour autant s'y enfermer. D'aller au delà des divisions que nous impose le capital : travailleurs du privé ou de la fonction publique, chômeurs, étudiants, lycéens, etc. Nous sommes tous des chômeurs en puissance, avec pour seul avenir des retraites de misère ? ou pas ! Nous sommes à un tournant, c'est le moment, si nous voulons gagner, de prendre en main la lutte, de rejoindre les secteurs en grève et d'être ingérables car c'est ça que craint le gouvernement (et les patrons derrière lui).

 

Si les lycéens font peur à l'État c'est qu'ils ne sont pas contrôlables et qu'une fois dans la rue ils vont où ils le décident, font ce qu'ils veulent (ce n'est pas encore notre cas). Ce con de Luc Ferry disait qu'ils sont comme du dentifrice «une fois sortis du tube, on sait pas comment les faire rentrer». C'est à nous d'être du dentifrice !

 

Si les cheminots et les camionneurs font si peur à l'État c'est parce qu'ils peuvent paralyser l'économie en bloquant les transports de marchandises et de travailleurs (les TER de prolos mais surtout les TGV remplis de pôôvres cadres sup).

 

Ce qui a fait reculer l'État sur le CPE, ce n'est pas les quelques grands défilés intersyndicaux. Ce sont des milliers de jeunes (étudiants rejoints par lycéens, des chômeurs, des précaires, etc.) qui à travers le pays s'auto-organisaient pour mener des actions de blocages de routes, de gares, etc., des opérations «péages gratuits», des occupations, des manifs sauvages et que la situation devenait ingérable et intenable pour nos dirigeants.

 

Si l'on veut, «au minimum», faire plier le gouvernement, il y a 36 solutions et on peut en inventer d'autres ! Nous savons tous que la grève de 24 heures une fois par semaine n'en fait pas partie. Déjà ça commence dans pas mal de villes : blocages de dépôts pétroliers ou de bus, de ponts, de gares, de zones industrielles…

 

Auto-organisons-nous,

bloquons tout et même le reste !

 

La peur est en train de changer de camp,

c'est le moment ou jamais de foutre le paquet !

 

Mettons les capitalistes à la retraite !

 

Quelques chômeurs, précaires et dentifrices, sans étiquette

 

 

Lycéens, pas casseurs ? Syndicalistes, pas voyous ?

 

Lorsque les ouvriers de Conti saccageaient leur sous-préfecture, ils étaient pour l'État «des délinquants et des casseurs», alors qu'ils étaient des travailleurs en lutte. Lorsque les manifestants du 12 octobre envahissent la mairie de Montélimar et saccagent le bureau du député-maire UMP, flics et journalistes constatent la présence de «casseurs» mais regrettent amèrement qu'en majorité il s'agit de classiques manifestants ? Qui sont les casseurs ?

 

Eh non, nous ne sommes pas tous dans la rue pour «défendre le régime des retraites»… pour beaucoup, c'est la (grosse) goutte qui fait déborder un vase bien trop plein, pour beaucoup c'est le ras-le-bol de ce qu'ils appellent «Sarko» : capitalisme triomphant, flics omniprésents (en uniforme, à Pôle emploi ou à la CAF), racisme d'État, travail de merde payé des miettes,  chômage, galère, misère, etc. Certains sont même dans la rue parce qu'ils haïssent l'État et le capital (c'est fou non ?). Certains ont juste la rage contre ce système. Et si tout le monde ne met pas des mots sur sa rage, ça n'empêche pas de vouloir l?exprimer, et nous n?avons pas tous la même manière de le faire. Alors, qui sont les casseurs ?

 

Lorsqu'un lycéen fout une poubelle au milieu de la rue, lorsqu'il allume un fumigène, il n'est plus un lycéen, il devient un «casseur». Faut pas se voiler la face, pour les flics et les journalistes, racistes, et les autres, le casseur c'est bien souvent le jeune «des quartiers», bref c'est le jeune arabe qui est lui aussi salarié, chômeur, lycéen ou branleur comme nous tous. Alors c'est quoi un casseur ?

 

Lorsqu'un lycéen jette un caillou sur des flics équipés de protections, de casques, de boucliers, ce n'est plus un casseur, c'est un «déferlement de violence» !

 

Mais lorsqu'un CRS tire au flashball dans la tête d'un lycéen qui déplace une poubelle (Montreuil) ou envoie à tir tendu une grenade lacrymogène dans la tête d'un autre (Caen), c'est juste un flic qui fait son travail.

 

Qu'est-ce qui est violent ? Un lycéen qui brise la vitre d'un abribus de la multinationale Decaux ? Un patron qui brise la vie de milliers de prolos ? La réforme des retraites ?

 

Le mot «casseur» est utilisé par les flics (de tout poils) pour nous diviser. Et pour l'État, nous sommes tous des casseurs en puissance. Toi aussi ! Le problème, pour lui, c'est que c'est vrai !*

 

* Note : Les flics du syndicat Alliance (présent dans cette manif), demandent à l'État «plus de moyens pour se défendre» contre les «casseurs», c'est-à-dire pour tirer au flash-ball sur les lycéens qui sont en tête de la manif. Pour tirer sur vos potes, sur vos gosses et peut-être même sur les leurs !

 

Tract distribué à Avignon lors de la manif
du 19 octobre par quelques chômeurs et précaires.

 


Publié dans Colère ouvrière

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