Égypte : La révolution continue

Publié le par la Rédaction

 

À nouveau, nous laissons le front libyen pour faire un détour par le Caire et la place Tahrir, récemment évacuée et nettoyée par le nouveau pouvoir.

 

Malgré l’expulsion de la place Tahrir, mercredi 9 mars, certains Égyptiens tentent toujours de s’organiser pour que la révolution continue. Ainsi pour ne pas se laisser affaiblir par les nouvelles tentatives de divisions, a été décidé un rassemblement commun entre chrétiens et musulmans, sur cette même place.

 

Place Tahrir, vendredi 11 mars à 14 heures, plusieurs milliers d’Égyptiens, chrétiens et musulmans confondus, se sont donc retrouvés, Bible et Coran à la main. Depuis huit jours, les coptes occupent jour et nuit la place en face du siège de la télévision d’État. Deux de leurs églises ont été totalement détruites, de violents affrontements en ont résulté, l’armée empêche la reconstruction des lieux de culte à leurs emplacements initiaux, et les médias égyptiens n’en disent rien.

 

Place Tahrir, après les morts et l’évacuation, les gens sont heureux de se retrouver ensemble ; danse, musique, discussions, prières.

 

Depuis le début de la révolution, et encore le jour de l’expulsion de la place, des centaines de manifestants ont été arrêtés. Impossible de connaître leur nombre, qui ils sont et où ils sont. Les jugements commencent à tomber, on parle de 5 à 15 ans de prison. L’armée ayant pris le contrôle du pays, c’est un  tribunal militaire qui les juge. Ce tribunal n’autorise aucun appel, c’est la loi martiale.

 

17 heures. L’ambiance se transforme sur la place Tahrir. Un rassemblement plus spécifique demande la libération de ces prisonniers, et la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis trente ans dont l’abrogation a toujours été une des revendications du mouvement. Pour parer à toute tentative de réoccupation du centre de la place, le terre-plein central, lieu de l’ancien campement, a été inondé. Certains tentent d’assécher le terrain en bouchant les vannes d’eau et en creusant des rigoles. L’armée arrive immédiatement pour faire refermer ces tranchées. À partir de ce moment-là, des petits groupes de militaires commencent à circuler au sein du rassemblement ce qui crée une certaine agitation. Des gens se mettent à courir, d’autres les poursuivent. Quelques personnes se font emmener par l’armée, tout type de rumeurs se propagent à leur sujet. Dans cette confusion générale, la place se vide petit à petit.

 

Les stratégies contre-révolutionnaires du pouvoir militaire ne semblent pas affecter la détermination des manifestants. Plusieurs rendez-vous sont pris pour discuter de la suite du mouvement.

 

Le Caire, le 12 mars 2011
En route !

 


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