Égypte : L'armée tue place Tahrir - nuit du 8 au 9 avril

Publié le par la Rédaction

Nouvelle manifestation place Tahrir au Caire, l'armée visée

 

Des manifestants qui ont résisté à l'intervention de l'armée égyptienne dans la nuit de vendredi à samedi sur la place Tahrir, au Caire, ont réclamé samedi que les militaires rendent le pouvoir à la société civile et exigé le procès de Hosni Moubarak.

 

 

Des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées la veille sur la place devenue le symbole de la révolution égyptienne pour réclamer des poursuites judiciaires contre l'ancien président et reprocher aux autorités militaires, qui ont pris les rênes du pays, leur lenteur dans la lutte contre la corruption.

 

Dans la soirée, des incidents ont éclaté alors que les forces de sécurité intervenaient, tirant en l'air et faisant usage de pistolets paralysants et de matraques, pour disperser les derniers manifestants et faire respecter le couvre-feu, en vigueur entre 02h00 et 05h00.

 

Mais plusieurs centaines de militants sont restés sur les lieux, défiant les forces de l'ordre. Plusieurs véhicules de l'armée ont été incendiés et des pierres ont été lancées par les manifestants.

 

De sources médicales, on indique que deux hommes ont succombé à des blessures par balles après l'intervention de l'armée.

 

Celle-ci a démenti avoir tiré à balles réelles sur les manifestants qui refusaient de partir et affirme que son intervention n'a entraîné aucune mort d'homme.

 

Quoiqu'il en soit, ces incidents illustrent le ressentiment croissant d'un noyau dur de la révolution à l'égard des forces armées, soupçonnées de collusion avec les derniers réseaux du régime de Moubarak.

 

«Le conseil militaire fait partie intégrante du régime corrompu. Il est constitué de chefs militaires qui ont tiré profit de Moubarak et de ses trente années de vol au détriment du peuple égyptien», dénonçait samedi matin Abdallah Ahmed, 45 ans, croisé place Tahrir.

 

L'armée a pris directement les commandes du pays, au départ de Moubarak le 11 février dernier.

 

Le Conseil suprême des forces armées a programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l'armée a annoncé qu'elle remettrait alors le pouvoir à un gouvernement civil.

 

L'ancien président, âgé de 82 ans, et sa famille vivent eux dans la station balnéaire de Charm el Cheikh depuis leur départ du Caire. Il leur est interdit de quitter l'Égypte.

 

En début de matinée, samedi, aucun signe de présence de l'armée n'était plus visible autour de la place. «Grâce à Dieu, nous leur avons tenu tête et nous sommes toujours là», a dit un manifestant.

 

De plusieurs centaines, le nombre de manifestants a augmenté dans la matinée. À la mi-journée, ils étaient plus de 2.000 sur la place-symbole de la contestation qui a abouti au départ du raïs après dix-huit jours de mobilisation.

 

La participation à la manifestation de vendredi organisée par les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, dans le cadre d'un «Vendredi de la purification et des responsabilités», en fait l'une des plus importantes depuis la chute de Moubarak.

 

«Nous resterons ici tant que Moubarak n'aura pas été jugé», a promis Mahmoud Salama, qui travaille dans une agence de voyage.

 

D'autres réclamaient la démission du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, inoxydable ministre de la Défense sous Moubarak qui dirige aujourd'hui le Conseil suprême des forces armées.

 

«Soit le maréchal Tantaoui traduit ces gens — Moubarak, son fils Gamal et les autres — en justice, soit il quitte son poste et laisse quelqu'un d'autre le faire. Car la lenteur du processus rend les gens soupçonneux à l'égard du commandement militaire», résume Achraf Abdel-Aziz, un commerçant de 36 ans.

 

L'armée a déjà dispersé par la force une précédente manifestation sur la place Tahrir après le renversement de Moubarak. Elle avait présenté des excuses le lendemain, affirmant qu'aucun ordre n'avait été donné pour cette intervention.

 

«L'armée est dans une position difficile. Ce qui s'est produit vendredi résulte d'erreurs d'appréciation de l'armée sur la manière de conduire la révolution, mais pas d'une complicité avec l'ancien régime», analyse l'universitaire Hasan Nafaa, spécialiste des sciences politiques très impliqué dans le «printemps égyptien».

 

«L'armée, ajoute-t-il, tente de parvenir à un équilibre entre mise en œuvre de réformes, purge de l'ancien système et maintien de la stabilité économique et politique. L'armée sait bien que de nombreuses personnalités issues de l'ère Moubarak contrôlent l'économie et sont profondément ancrées dans la société. Elle agit par conséquent par étapes mesurées.»

 

Leur presse (Reuters), 9 avril 2011.

 

 

L'armée disperse les manifestants avec violence

 

Deux personnes ont été tuées et au moins 18 blessées dans la nuit de vendredi au Caire sur la place Tahrir, tandis que des militants ont mis le feu à un bus militaire.

 

 

Deux hommes ont été tués par balles au Caire où des incidents ont éclaté dans la nuit sur la place Tahrir, après l'intervention de l'armée égyptienne pour disperser des manifestants, a-t-on appris samedi de source médicale.

 

L'armée a démenti avoir tiré à balles réelles sur les centaines de manifestants qui refusaient de partir et dit que son intervention n'a entraîné aucune mort d'homme. Mais dans un hôpital du Caire, on précise qu'une quinzaine de personnes ont été admises pour des blessures par balles, dont deux qui ont succombé à leurs blessures.

 

Bus brûlé

 

Des manifestants ont mis le feu à un bus militaire et à un camion civil sur la place Tahrir au Caire, où quelques 200 personnes étaient encore réunies samedi matin pour réclamer le départ du chef de l'armée, le maréchal Hussein Tantaoui, selon un journaliste de l'AFP.

 

La police militaire a déployé des barbelés aux abords du rassemblement.

 

Certains manifestants étaient armés de gourdins, et des traces de sang étaient visibles par endroits. Un camion de l'armée à moitié brûlé se trouvait également à proximité de la place.

 

 

 

Ces affrontements témoignent d'une récente montée des tensions et des controverses autour du rôle de l'armée, en charge du pays depuis le départ de M. Moubarak il y a deux mois, après une période de large consensus.

 

Sur la place Tahrir

 

Des manifestants ont affirmé vouloir rester place Tahrir jusqu'au départ du maréchal Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dépositaire du pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février.

 

Le maréchal Tantaoui, 75 ans, a été pendant 20 ans ministre de la Défense du président déchu.

 

«Je suis venu place Tahrir parce que nous assistons à une contre-révolution», a affirmé un étudiant venu manifester, Malik Asam.

 

Visages de l'armée et du peuple

 

«J'attendais de voir l'autre visage de l'armée. Si elle continue comme cela, elle va voir l'autre visage du peuple», a déclaré un autre étudiant, Anas Mohamed.

 

Selon des témoins, la police militaire égyptienne a tiré en l'air à l'arme automatique samedi à l'aube pour disperser ces manifestants qui se trouvaient encore place Tahrir, au lendemain d'un rassemblement de dizaines de milliers de personnes réclamant le jugement de M. Moubarak et d'autres ancien responsables.

 

Les lieutenants prennent la parole

 

Vendredi, bravant des consignes de leurs supérieurs de ne pas manifester en uniforme, sept lieutenants avaient également pris la parole sur une tribune pour réclamer «le jugement des corrompus» et une épuration de l'armée.

 

Les jours précédents, plusieurs vidéos étaient apparues sur le site internet Youtube, dans lesquelles des personnes se présentant comme d'anciens officiers accusaient le CSFA de trahir les idéaux de la révolte populaire.

 

L'armée est très populaire en Égypte, en raison en particulier de la retenue dont elle a fait preuve face à la foule pendant la révolte qui a provoqué la chute de M. Moubarak. Mais son image a été ternie ces dernières semaines par des accusations de violences et de tortures, et par les incertitudes et les désaccords qui persistent sur les modalités du retour à un pouvoir civil.

 

L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils vers la fin de l'année, après des élections législatives et présidentielle.

 

Leur presse (20 Minutes), 9 avril.

 

 

 

 

 

L'armée disperse par la force des manifestants en Égypte

 

L'armée égyptienne a dispersé par la force vendredi soir plusieurs centaines de manifestants restés sur la place Tahrir du Caire, a rapporté un témoin. Les forces armées ont notamment tiré en l'air et fait usage de matraques.

 

Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées vendredi sur cette place, épicentre de la contestation ayant abouti le 11 février au départ du président Hosni Moubarak.

 

Les manifestants souhaitaient ainsi exhorter l'armée, qui a pris les rênes du pays, à répondre à leurs revendications, notamment en ce qui concerne des poursuites judiciaires contre l'ancien chef de l'État.

 

Dans la soirée, les forces de sécurité égyptiennes ont encerclé la place, ont tiré en l'air, ont fait usage de pistolets paralysants et de matraques et ont procédé à des arrestations pour disperser les derniers manifestants, selon un témoin interrogé au téléphone par Reuters.

 

«Ils s'approchent de nous avec une force particulièrement agressive, je vois des gens courir dans toutes les directions», a déclaré Mohamed Fahmi, tandis que résonnaient derrière lui des cris et des coups de feu, tirés en l'air par la police selon ce témoin.

 

Un soutien en déclin

 

L'armée bénéficie d'un large soutien au sein de la population depuis qu'elle a pris directement les commandes du pays en promettant de remettre le pouvoir à un gouvernement civil issu d'élections. Elle est aussi de plus en plus contestée et il lui est surtout reproché une lenteur dans la mise en œuvre des procédures judiciaires contre Hosni Moubarak.

 

L'armée a déjà dispersé par la force une précédente manifestation sur la place Tahrir après le renversement de Moubarak. Elle avait présenté des excuses le lendemain, affirmant qu'aucun ordre n'avait été donné pour cette intervention.

 

L'ancien président, âgé de 82 ans, et sa famille vivent dans la station balnéaire de Charm el Cheikh depuis leur départ du Caire. Il leur est interdit de quitter l'Égypte.

 

Leur presse (ats), 9 avril.

 

 

 

 

 

Manifestation monstre au Caire contre la corruption

 

Près de 200'000 Égyptiens se sont rassemblés place Tahrir pour demander des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak.

 

Jusqu'à 200'000 Égyptiens sont retournés vendredi place Tahrir, au Caire, pour réclamer des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak et reprocher aux autorités militaires leur lenteur dans leur lutte contre la corruption. «Maréchal, nous avons été très patients», ont-ils scandé à l'adresse du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui a pris les commandes du pays après le départ de Moubarak, le 11 février. «Si Moubarak n'est pas poursuivi, nous irons à Charm el-Cheikh», pouvait-on lire sur une banderole brandie au milieu de drapeaux égyptiens. L'ex-président s'est réfugié dans cette station balnéaire sur la mer Rouge.

 

En fin d'après-midi, la foule place Tahrir était estimée à 200'000 manifestants, soit l'une des principales mobilisations depuis la chute du raïs, au terme de dix-huit jours de contestation. Avocats et juges ont organisé une parodie de procès de Moubarak et d'anciens proches collaborateurs, poursuivis pour «avoir corrompu l'Égypte, politiquement et économiquement, commis la torture et privé le peuple de ses droits». Les manifestants ont réclamé, en outre, la destitution de responsables encore en poste nommés sous Moubarak. Ils ont aussi pris pour cible la justice égyptienne et ses «procureurs endormis».

 

«C'est un message fort, le signal que la révolution n'est pas encore terminée, qu'elle se poursuit et qu'elle ne calmera pas tant que ses objectifs n'auront pas été atteints», a estimé Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques et figure de proue du mouvement réformateur. Les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, avaient appelé à cette nouvelle manifestation contre la corruption dans le cadre d'un «Vendredi de la purification et des responsabilités». Les militaires égyptiens ont programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l'armée a annoncé qu'elle remettrait le pouvoir à un gouvernement civil.

 

Leur presse (Le Point), 8 avril.

 

 

Manifestation géante place Tahrir pour réclamer des poursuites contre Moubarak et les siens

 

Des dizaines de milliers de personnes, brandissant des drapeaux, ont investi vendredi la place Tahrir, dans le centre du Caire, pour réclamer que le président déchu Hosni Moubarak et sa famille soient jugés pour corruption présumée.

 

Cette manifestation était l'une des plus importantes depuis la chute du «raïs» il y a deux mois, signe de la frustration croissante de la population face à la lenteur du pouvoir intérimaire à traduire en justice les membres de l'ancien régime.

 

Les militaires au pouvoir semblent chercher à accélérer le mouvement : jeudi, ils ont annoncé l'interpellation de l'ancien directeur de cabinet de Moubarak, Zakariya Azmi, le plus haut dignitaire arrêté à ce jour. Ils ont aussi fait savoir qu'un autre haut responsable, Safwat el-Sharif, ancien chef du parti au pouvoir, allait bientôt être interrogé, également pour corruption.

 

Place Tahrir, les manifestants ont réclamé que la justice s'en prenne à Moubarak et à ses fils, y compris Gamal, hommes d'affaires et successeur présumé du «raïs».

 

«Tantaoui, protèges-tu Moubarak ?», pouvait-on lire sur une banderole, à l'adresse du maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et chef du Conseil des forces armées, qui dirige actuellement le pays.

 

«Nous ne partirons pas tant que Moubarak ne sera pas jugé», a lancé un orateur, la foule scandant «le peuple veut juger le président déposé», comme un rappel du slogan des 18 journées d'occupation par la foule de cette même place, qui avaient débouché, le 11 février, sur la démission du «raïs», en résidence surveillée depuis dans un palais de Charm el-Cheikh, station balnéaire sur la Mer rouge.

 

Leur presse (AP), 8 avril.

 


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le journal de personne 09/04/2011 16:38



le Caire brisé
Qui peut confisquer la révolution égyptienne ?

La plupart d’entre nous étaient à peine des hommes qui ont décidé du jour au lendemain de se donner la peine de rompre toutes les chaînes…
d’un pouvoir aux abois, parce qu’il ne tient plus personne en laisse… à part… les CHIENS.
Contre les cyniques il n’y a qu’une solution chimique à base d’acide sulfurique… que nous jetions dans les yeux de l’opinion publique…
pour réclamer de tous, le droit à un minimum de dignité… à un maximum de liberté…

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/02/le-caire-brise/