Avignon, 6 novembre - La manif la plus speed depuis 1968 ? Peut-être bien !

Publié le par la Rédaction

 

Avignon, 6 novembre tout le monde s’attendait à l’enterrement du mouvement et à la manif la plus planplan de l’année… et bien non, manif sauvage, confrontation avec des CRS débordés, gazage et tabassage de manifestants allaient être au programme !

 

Tout débute à 14 heures à la gare à l’appel de l’intersyndicale, tout au plus un millier de personnes sont rassemblés au départ de la manif (les syndicats avaient annoncé 20'000 manifestants lors de la dernière journée). Puis le cortège s’ébranle et se met à grossir superbement. Combien de manifestants à l’arrivée devant le Pont d’Avignon ? Plusieurs milliers mais en tout cas bien plus que les pronostiqueurs de tout poils ne l’avaient prédit. Première surprise.

 

Puis, à la fin des traditionnelles prises de paroles, une personne (peut-être de SUD) appelle les manifestants à se rendre au Palais des Papes (en centre-ville) où s’achève le «Forum d’Avignon» («rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias» — Sur la première édition de ce Forum de la culture, le journal «Incendo» avait réalisé un article en janvier 2009, «État de siège. Avignon, trois jours sous le forum de la culture».) en présence de toutes les crapules cultureuses imaginables et de leur ministre Frédéric Mitterrand. C’est environ un millier de manifestants qui vers 16 heures converge vers le lieu par petits groupes, sans étiquettes ou syndicalistes (CGT ou SUD).

 

Le secteur en question est verrouillé par un imposant dispositif de CRS et gardes mobiles. Un premier petit groupe de manifestants (SUD, CGT ou sans étiquette) cherche à rejoindre la place du Palais des Papes par une ruelle/escalier mais se trouve face à un léger barrage de gardes mobiles… et repousse alors ces derniers pour passer… Les militaires ripostent par des tirs de grenades lacrymo et un viril matraquage (qui voit un manifestant repartir la tête en sang) et reprennent la rue.

 

D’autres groupes, profitant d’un labyrinthe de ruelles, réussissent à déjouer le dispositif policier pour accéder à la Place du Palais ; ils sont bientôt plusieurs centaines à s’y installer. D’autres centaines de manifestants, dans les deux principales rues d’accès à la place font face à des cordons de gardes mobiles débordés par la situation. Pendant plus d’une heure.

 

 

Les nombreux participants au Forum de la culture ayant fini leur champagne et devant prendre un TGV pour retourner sur Paris, des renforts de CRS sont dépêchés sur la place pour libérer le passage des berlines avec chauffeur qui attendent. Les manifestants présents sur la place sont gazés, bousculés et matraqués. Les rumeurs parlent de deux arrestations (dont un relaché peu après).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis vient le tour des participants du forum de seconde zone (sans berline avec chauffeur) se regroupant dans des cars et minibus sous les sifflets et huées des manifestants… qui bloquent ensuite le départ des véhicules vers la gare TGV. Nouvelle intervention des CRS qui repoussent les trouble-fêtes avec leurs boucliers.

 

 

 

 

Puis c’est le préfet du Vaucluse, en grand uniforme et escorté de flics de la DCRI et de la BAC, qui veut se frayer un passage pour rejoindre la préfecture distante de 300 mètres. Les manifestants, l’ayant repéré, accourent et l’insultent. C’est quoi son nom déjà ? «Enculé !» me répond un responsable cégétiste (un peu homophobe mais bon…). Les CRS doivent speeder pour assurer sa protection jusqu’à la préfecture.

 

 

À ce moment-là tout devient très confus et en plus il commence à faire nuit (il est plus de 18 heures). Les CRS amorcent un mouvement sur la place de l’Horloge où sont massés les manifestants et se rassemblent devant des camions situés sur une rue perpendiculaire (rue Favart). Personne ne comprend ce qu’ils vont faire, mais environ deux cents manifestants se rassemblent devant les fourgons ; on trouve beaucoup moins de syndicalistes badgés, plus de sans étiquettes, mais aussi pas mal de jeunes lascars qui trainaient sur la rue de la République : tout le monde gueule «Police partout, justice nulle part !», «Libérez Avignon !» mais surtout un vibrant et répétitif «Cassez-vous !». En fait les CRS s’étaient rassemblés à cet endroit pour décrocher de la place ; une haie de bouclier doit se déployer pour faire un passage aux fourgons qui se replient sous les insultes, huées, sifflets et jets de quelques projectiles de fortune. Dernier «incident» lorsqu’une manifestante ouvre la porte du dernier camion (logistique) des flics ; les CRS gazent alors pour se dégager mais sont talonnés un bon moment par les manifestants hurlant «Cassez-vous !». Victoire non militaire mais au moins morale si ce n’est politique.

 

Bref, du jamais vu pour une petite ville paisible comme Avignon ! La lutte continue ! Pas de retraite à l’attaque !

 

Indymedia Paris, 6 novembre 2010.

 

 

 

 

Incidents après la manif pour les retraites : «La CGT est allée trop loin» pour le préfet

 

Hier, 200 manifestants contre la réforme des retraites ont pris la direction du Palais des Papes à Avignon où se tenait le Forum européen de la culture et où ils pensaient trouver la ministre de l'Economie Christine Lagarde. D'abord stoppés par les forces de l'ordre, à coups de gaz lacrymogènes, ils ont ensuite été délogés par les CRS alors que les participants au Forum étaient évacués.

 

Pour le préfet François Burdeyron, l'organisation des forces de l'ordre n'avait pas, en amont, été irréprochable notamment au niveau du «bouclage» de la place du Palais des Papes. «Je crois que l'on a été un peu trop confiant», nous a-t-il juste glissé. «Mais en même temps, moi je fais confiance aux organisations syndicales et la seule qui n'a pas respecté ses engagements au niveau du parcours de la manifestation c'est la CGT. Et quand on ne respecte pas ses engagements, et bien oui on va trop loin.»

 

Leur presse (La Provence), 7 novembre.

 

 

 

 

Réforme des retraites : Les manifestants accueillis par les lacrymogènes

 

À 16 heures, en fin de manifestation contre la réforme des retraites, entre 600 et 700 personnes se sont dirigées vers la place du Palais des Papes où a lieu le Forum de la culture.

 

Ils voulaient interpeller les ministres, participants au Forum de la culture. «La venue des ministres était une occasion de se faire entendre, explique Gilles Fournel, délégué CGT. On voulait simplement accéder à la place du Palais et on a été reçus par les forces de police qui ont utilisé la force. C'était disproportionné.» Les manifestants ont forcé le barrage de gendarmes mobiles qui barraient l'entrée de la place du Palais. Des projectiles sont partis des rangs des manifestants et les forces de l'ordre ont répliqué à coup de gaz lacrymogène. L'intervention des CRS peu avant 17 heures a dispersé les manifestants. À 17 heures 45, les rues menant à la place étaient toujours bloquées par le service d'ordre.

 

Un gendarme mobile de Nîmes a été blessé par un projectile reçu au visage. Il a été pris en charge par les sapeurs pompiers d'Avignon et conduit à l'Hôpital Duffaut. Il a été touché à l'arcade.

 

Le bilan des échauffourées : quelques blessés léger et au moins deux personnes interpellées qui seront relâchées.


Leur presse (Avignews), 6 novembre.

 

 

Les manifestants entendent empêcher Christine Lagarde de prendre son train [16h19]

 

Les organisateurs de la manifestation contre la réforme des retraites viennent de décider de se rendre au palais des Papes où se tient actuellement un forum en présence de la ministre de l'Économie et de l'Emploi. Ils tenteraient de la retarder pour qu'elle ne puisse pas prendre le TGV qui doit la reconduire en fin d'après-midi sur Paris. Christine Lagarde participe actuellement au Forum d'Avignon, un congrès annuel qui réunit les experts de l'économie et de la culture.

 

Les manifestants partis interpeller Christine Lagarde bloqués [16h34]

 

Une centaine de manifestants contre la réforme des retraites, qui tentent de se rendre au palais des Papes pour interpeller la ministre de l'Économie et de l'Emploi, sont actuellement bloqués par les forces de l'ordre à hauteur de la rue Gérard-Philipe. Ils tenteraient d'empêcher Christine Lagarde qui participe actuellement au Forum d'Avignon, de reprendre son train pour Paris prévu à 18 heures. Pour l'heure, aucun incident n'est à déplorer.

 

 

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Les gendarmes utilisent les gaz lacrymogènes au Palais des Papes [16H39]

 

Environ 200 manifestants ont réussi à contourner le cordon des forces de l'ordre qui tentaient de les empêcher de rejoindre le palais des Papes où la ministre Christine Lagarde participe actuellement à un congrès. Les gendarmes ont utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants rassemblés sur la place du Palais. Les grilles du jardin du Rocher des Doms ont été fermées, par mesure de sécurité, emprisonnant ainsi les flâneurs du week-end qui pour l'heure ne peuvent pas sortir.

 

 

Retraites : les CRS en renfort repoussent les manifestants [17h14]

 

Les CRS, appelés en renfort, viennent de contraindre les manifestants réunis place du palais des Papes à quitter les lieux. 200 personnes qui protestaient contre la réforme des retraites s'étaient réunies aux portes du Palais des papes et entendaient perturber le déroulement du Forum d'Avignon, un rendez-vous annuel consacré à l'économie et à la culture. Les manifestants espéraient notamment empêcher la ministre de l'Économie, qu'ils croyaient présente à ce congrès, de reprendre son train à l'heure. En fait, Christine Lagarde ne participait pas aux débats.

 

En revanche, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, est bien présent. Il a pu quitter le Palais des papes escorté par les forces de l'ordre. Pour l'heure, 200 manifestants sont «parqués» place du petit Palais pour permettre la sortie des congressistes du Forum d'Avignon.

 

 

 

 

Le bus des congressistes bloqué par les manifestants [ 18h08]

 

Les bus des congressistes qui participaient au forum d'Avignon, un rendez-vous annuel qui aborde culture et économie, a été temporairement bloqué par les manifestants. Les CRS sont de nouveau intervenus pour libérer le trafic. Actuellement, la relative tension qu'a connue la ville d'Avignon, une bonne partie de l'après-midi, semble retombée. Mais les forces de l'ordre sont toujours présentes et font face aux 200 manifestants présents en centre-ville.

 

Leur presse (La Provence), 6 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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sebastian 08/11/2010 20:54



bonjour à toutes et tous


alors c'est pas un mec de SUD qui a pris le micro pour inviter la manifestation à se rendre sur la place du palais des Pipes mais le secrétaire général de la CGT Vaucluse et je cite il l'a dit au
nom de l'intersyndicale et à appelé la foule à s'y rendre en toute prudence et en toute responsabilité ( dit comme ça)


il est cité et nommé dans l'article et en photos aussi mais lui il a pas de glande lacrymale parcequ'il pleure pas quand il parle aux crs aprés la bousculade et le gazage....



Volodia 08/11/2010 10:59



J'y étais ! Super ! je commençais à désespérer des balades de santé pépère autour des remparts... C'était vraiment qq chose de spontané et de masse ! Les flic ne peuvent plus cantonner les
manifestants hors la ville, ils sont excédés !



josyane 08/11/2010 09:48



Bravo au journalistique qui a très bien retracé ce qui c'est passé samedi, on retrouve bien l'ambiance. Les manifestants "bons enfants" au début et la violence pour seule réponse.


Depuis bien longtemps on n'avait pas vu une telle violence à Avignon, je ne suis pas sûre qu'en 68 il y ait eu autant de flics.


Josyane d'Avignon.