Dijon, 14 novembre : Le péage s'ouvre à "prix libre" en soutien aux grévistes

Publié le par la Rédaction

 

Une trentaine de personnes a pris en main le péage de Dijon Sud pour la constitution d’une caisse de grève et pour le Mouvement Unitaire sur les Retraites à la Fac.

 

 

Dimanche 14 après-midi, un retour de week-end pluvieux pour de nombreux automobilistes sur l’«autoroute du soleil». Un brin de gaieté pourtant, puisqu’au loin sur le péage, une banderole annonce en lettres flashy «Péage Gratos». Ouah ! ça fait toujours plaisir d’éviter le racket des sociétés d’autoroute et de ne pas devoir engraisser les actionnaires. Magique ! les barrières habituellement hostiles restent levées, les flèches sont au vert et une trentaine de personnes a remplacé les habituels caissiers et fait le comité d’accueil. Avec un peu d’info sur papiers et des sourires, ils invitent plutôt à contribuer financièrement et librement à la constitution d’une caisse de grève pour soutenir ceux qui se sont battus les semaines passées et qui se battront encore dans les temps à venir, mais aussi pour aider le mouvement étudiant en gestation (Mouvement Unitaire sur les Retraites) à la Fac, suite à l’occupation la semaine dernière de l’amphi Roupnel. Depuis la lutte sur les retraites, la question d’un soutien financier aux grévistes, par le biais des syndicats ou avec des apports extérieurs, se repose de manière vivace, parce qu’il faut tenir et se donner les moyens de pouvoir encore arrêter le travail, de ne pas se retrouver seul après coup à manger des cailloux.

 

L’idée de «caisse de grève», qui semblait parfois être tombée dans les oubliettes des mouvements ouvriers passés est remise au goût du jour, avec des dons personnels mais aussi par la multiplication d’initiatives collectives, entre autres, les opérations de péages «prix libre» pour les grévistes. Initiative populaire s’il en est puisque tout le monde s’y retrouve à part la bande à APRR, AREA, Eiffage, Vinci et consorts. Les pauvres !

 

Ce dimanche, le gang des gendarmes finit par arriver à l’appel du gérant rabat-joie, qui bougonne depuis un moment déjà et se démène sur son portable, en se mettant au travers de la route au risque de créer des blocages. Après une rapide analyse de la situation et un petit moment où les gendarmes s’amusent eux aussi à faire passer les voitures gratos mais sans soutien aux grévistes, ils menacent finalement les occupant-e-s de sévir s’ils ne décampent pas très vite. Comme cela fait déjà un moment que ça dure et que le temps s’aggrave, le groupe décide de repartir, escorté par les petits hommes en bleu, mais sans encombre. Quelque chose nous dit que les empêcheurs de payer en rond étaient toutefois bien décidés à revenir là ou ailleurs, par ce moyen ou d’autres, taper dans les poches des patrons et redistribuer un peu des richesses !

 

Brassicanigra, 15 novembre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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