Deux comparutions immédiates hier à Lyon, dans leur presse

Publié le par la Rédaction

Un gros bras de 18 ans condamné

 

Un jour, ils descendent dans la rue pas forcément avec les meilleures intentions du monde. Le lendemain, on les retrouve à la barre du tribunal correctionnel de Lyon. Ont-ils eu le temps de méditer sur leur geste et ses conséquences ? À 18 ans, pas sûr. On l'a vu lundi, la justice entend frapper vite et fort. Les premières comparutions immédiates consécutives aux dégradations commises en parallèle de la mobilisation lycéenne contre la réforme des retraites, ont donné lieu lundi à des condamnations à de la prison avec sursis.

 

Hier après-midi, c'était au tour de deux autres jeunes de 18 ans de se trouver dans le box des prévenus, encadrés par des policiers. C'est d'abord Mohammed, un peu frêle dans sa veste blanche de survêtement, qui doit répondre de violences commises lundi. Est-ce ce même blouson qui a été aperçu par un policier au niveau de la place des Cordeliers ? Mohammed a-t-il lancé une pierre sur un casque d'un CRS ? Ce lycéen de Saint-Priest en mécanique générale nie les faits mais il reconnaît avoir pris ses jambes à son cou en voyant trois policiers fondre sur lui : «J'ai eu peur des matraques». Quelques minutes avant, un lieutenant de police a donné son signalement : un jeune portant casquette et blouson blanc a été surpris en train de jeter des cailloux. Mohammed est interpellé. Mais il est auditionné sans la présence d'un avocat ce qui engendrera une nullité de procédure pour «graves irrégularités», expliquera le président du tribunal. Pas de condamnation donc pour l'heure pour ce jeune pour qui le procureur réclamait trois mois de prison ferme. Il est sorti libre du tribunal en attendant les suites que donnera le parquet.

 

 

Dans son blouson bleu, il est sacrément costaud Mickaël, et ses gros bras ont été précieux lundi pour retourner une voiture dans le 1er arrondissement. Une caméra de vidéosurveillance le montre lui et ses six-sept comparses soulevant puis renversant une Kangoo jaune. «J'ai été forcé», avance-t-il d'une voix pas très assurée. Il raconte qu'il se rendait sur Lyon pour chercher du travail quand il a été embarqué par une bande de Rillieux. Le voilà donc devant un tribunal, intimidé et pas bien repentant. «Une personnalité peu affirmée», dira son avocat. Aux deux mois d'emprisonnement ferme réclamés par le parquet, le tribunal, plus clément en raison de l'absence d'antécédents, le condamnera à trois mois de prison avec sursis, 120 heures de TIG (travail d'intérêt général) et 3564 euros de réparation.

 

Leur presse (Annie Demontfaucon, Le Progrès), 20 octobre 2010.

 

 

Publié dans Colère ouvrière

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