Des nouvelles mitigées de l'agitation bordelaise

Publié le par la Rédaction

À Carbon-Blanc (banlieue bordelaise) le blocage de la plateforme logistique qui fournit en produits frais tous les supermarchés Auchan de la région tient toujours. Ce midi (vendredi 22) l'AG des bloqueur-euse-s a reconduit le blocage jusqu'à demain midi (samedi 23). Le site est bloqué depuis jeudi, 3 heures du matin. Une pétition signée des six maires dits «socialistes» des communes environnantes (dont Lormont) aurait été communiqué au préfet de région (D. Schmitt qui porte bien son nom…). Leur soutien aurait pour effet de retarder l'intervention des milices de l'État.

 

N.B. : Le site de Carbon Blanc vient d'être envahi par les CRS, le repli a été décidé, le site est donc débloqué. [17h45]

 

À Bègles (banlieue bordelaise), dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22, une plateforme de produits frais de l'entreprise TFE a été bloqué de 21 heures à 4 heures du matin.

 

 

Ceci en réaction à l'accord passé entre Auchan et TFE pour que le premier utilise une partie des entrepôts du second pour stocker et distribuer les marchandises qui ne peuvent être stockées sur le site de Carbon-Blanc. Il s'agissait donc de contrer la stratégie de la direction d'Auchan qui cherche à acheminer malgré tout une partie de ses produits. L'action a eu un succès mitigé car le blocage, qui devait être total, s'est petit-à-petit délité devant la pression de certains camionneurs violents, agressifs, décidés et surtout baraqués ! Les poids-lourds Auchan n'ont pu sortir uniquement sans cargaison. Auchan dispose d'une troisième plateforme mais dont les capacités de transfert de marchandises sont trop faibles pour palier aux autres blocages.

 

Ces actions ne sont pas sans conséquence : pendant une dizaine de jours l'énorme Auchan de Mériadeck dans le centre de Bordeaux, célèbre ses 30 ans d'existence à grands coups de pubs et de promotions. Seul hic : depuis hier matin déjà des rayonnages entiers manquent de produits frais en raison des blocages de plateformes ! Actions efficaces donc.


 

À Bordeaux, à la gare Saint-Jean, un rassemblement a eu lieu ce vendredi midi. Peut-être 2000 personnes. Il y a eu une tentative d'investir les quais mais les porcs en arme ont bloqué les accès.

 

 

Certain-e-s d'entre nous ont pris quelques coups de tonfa. Il était prévisible que l'on serait bloqué aisément : 4 CRS suffisent à repousser une foule de 400 personnes si l'accès est étroit. Bien qu'un mot d'ordre informel avait circulé sur une tactique pour investir les voies et qui disait de se rendre sur les quais par petits groupes discrets, c'est-à-dire sans drapeaux ni pancartes, nombre sont venu-e-s en exhibant fièrement les signes de leur aliénation, ce qui a participé entre autres à tout faire capoter.

 

 

Ensuite des SUD se sont interposés entre manifestant-e-s et CRS, criant que ces braves policiers ne faisaient que leur boulot. Le comble de la connerie a été atteint lorsqu'un groupe amorphe de syndicalistes que l'on repérait à 100 mètres grâce à leurs drapeaux, a cherché à atteindre les quais par une issue souterraine que les porcs bloquaient évidemment depuis plusieurs minutes déjà. Devant le constat de leur impuissance ils se sont mis à entonner la Marseillaise, sous mes seules huées et insultes.

 

 

Un autre type a chassé un petit groupe de personnes cagoulé-e-s en criant «Dehors les casseurs», mais s'est vite fait interrompre par d'autres personnes qui jugeaient sa conduite inadmissible.

 

Ce midi, une fois de plus, la ligne de front du conflit social s'est dessinée, non pas entre travailleurs et flics, mais entre partisans de la domination et partisans de son renversement. Si cet antagonisme apparaît explicitement au moment des affrontements avec les milices de l'État, la rupture existe déjà en permanance au sein du mouvement, qui vit et évolue en fonction de cette division fondamentale. Un mouvement réellement contestataire ne naîtra que d'une scission préalable de celui-ci en deux camps distincts et antagonistes. 

 

Vendredi 22 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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Bc33 25/10/2010 09:02



Salut étant Bordelais et SUDiste je tiens a apporter une rectification. Ce ne sont pas les militants de SUD qui ont "défendus" les porcs en armes mais bel et bien la CGT et ensuite une dispute a
éclaté entre un militant SUD et un militant CGT justement sur le fait qu'on ne pouvait défendre une force répressive étatique.


Bonne lutte !!!



guillet 22/10/2010 22:19



salut, je suis totalement d'accord avec ta conclusion, et moi aussi je pense comme d'autre camarades de lutte, que les prochaines grandes manifestations devraient se faire sans aucun drapeau
représentatif puisque les syndicats comptent sur la rue pour faire plier le gouvernement qu'ils en prennent acte! les patrons on besoin de nous et bien nous, nous avons pas besoin d'eux! voilà,
c'est une proposition, à bon entendeur salut!


un camarade de lutte.