Delenda est Carthago - 9 février

Publié le par la Rédaction

Tunisie/tirs de sommation : un blessé

 

Un jeune Tunisien a été blessé par le ricochet d'une balle mercredi matin à Tunis, après des tirs de sommation par un militaire qui tentait de faire revenir le calme devant un bureau d'aide sociale où se pressait une foule de chômeurs, a-t-on appris auprès de témoins. «Un militaire a tiré vers le sol et une balle a atteint un jeune au pied. Il a été évacué vers un hôpital», a déclaré à l'AFP Rim Rabihi, une chômeuse de 22 ans venue réclamer une aide. Le jeune homme blessé, Lotfi Safra, âgé de 26 ans, est originaire de Bab Souika, un des quartiers populaires de Tunis.

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, une foule compacte s'était formée dans la matinée devant des bureaux du ministère des Affaires sociales, qui avait commencé la veille à distribuer des aides aux chômeurs et handicapés. Les bureaux n'avaient pas encore ouvert et la foule manifestait son impatience, refusant de s'organiser en rangs comme le leur demandaient les militaires en faction devant le bâtiment. Un militaire a effectué des tirs de sommation alors que la foule menaçait d'entrer de force, toujours selon des témoins.

 

Dans plusieurs régions, le gouvernement distribue une aide de 30 dinars (15,5 euros) par chômeur et de 150 dinars (78 euros) par handicapé, sur présentation de la carte d'identité et/ou du certificat d'invalidité. La situation sociale et sécuritaire reste très tendue en Tunisie où le gouvernement a allégé le couvre-feu mais a fait appel aux réservistes de l'armée à partir du 16 février. La police, bras armé du régime répressif de Ben Ali, ayant pratiquement disparu des rues depuis le départ du président déchu le 14 janvier, c'est l'armée qui assure la sécurisation des ministères et bâtiments stratégiques.

 

En fin de matinée, quelques dizaines de personnes manifestaient sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, pour dénoncer l'usage des armes par les militaires et réclamer le départ du gouvernement de transition.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 9 février 2011.

 

 

 

 

Tunisie : des gouverneurs chahutés

 

Le nouveau gouverneur de la région de Sousse (150 km au sud de Tunis) en Tunisie a été contraint aujourd'hui de quitter ses bureaux par une foule en colère qui réclamait son départ en raison de son appartenance au parti de l'ex-président Ben Ali, le RCD, a rapporté l'agence TAP. Dans la journée, plusieurs commerces de la localité ont été vandalisés et pillés «par un groupe de personnes armés de couteaux et de massues», a précisé l'agence tunisienne.

 

Dans la ville touristique voisine de Monastir, des manifestants ont également réclamé la démission pour les mêmes raisons du gouverneur récemment nommé par les autorités de transition tunisiennes. La même scène s'est reproduite à Medenine (sud) où des centaines de personnes se sont massées devant le gouvernorat.

 

Dans le bassin minier du centre-ouest, le gouverneur de Gafsa fraîchement nommé, Mohamed Gouider, avait déjà connu le même sort dimanche et avait été exfiltré de ses bureaux à bord d'une voiture de l'armée.

 

Après avoir nettoyé la police héritée du président déchu, le gouvernement avait poursuivi mercredi dernier la purge de l'appareil de l'État en remplaçant les 24 gouverneurs provinciaux. Ces nominations ont rapidement été contestées, 19 des personnes choisies étant des adhérents ou des proches du Rassemblement constitutionnel démocratique. «Le peuple sait lire les CV», commentait ironiquement mardi le quotidien La Presse de Tunisie dans un éditorial.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 8 février.

 

 

Insécurité dans la localité de Hichria à Sidi Bouzid

 

La localité de Hichria relevant de la délégation de Sidi Bouzid Est a connu, mardi matin, des troubles et une situation d'insécurité.

 

En effet, le poste de la garde nationale, la demeure du chef du poste et sa voiture ainsi que le siège de l'association d'intérêt commun ont été incendiés.

 

Des témoins ont affirmé que ces agissements ont été provoqués par l'attitude du chef du poste de la garde nationale qui s'est opposé à une marche pacifique.

 

Le correspondant de l'agence TAP a rapporté que des agents de la garde nationale ont tiré en l'air provoquant la colère des manifestants qui ont commis des actes de pillage et de destruction de biens publics.

 

Les forces de l'armée nationale sont intervenues pour faire évacuer le chef du poste de la garde nationale, ce qui a permis un retour au calme relatif.

 

Une grève générale est observée actuellement dans la localité de Hichria.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Manifestation devant le siège du gouvernorat de Monastir pour demander le départ du nouveau gouverneur

 

Une marche a été organisée, mardi, devant le siège du gouvernorat de Monastir, pour demander le départ du nouveau gouverneur.

 

Une délégation composée de représentants du syndicat des avocats tunisiens, de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, du mouvement Ettajdid et de l'Union régionale du travail a rencontré le nouveau gouverneur de la région, M. Hichem Fourati, pour demander le rétablissement de la sécurité et la démission de ce dernier, dans la mesure où il représente un symbole du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), a indiqué M. Rachid Chemli, représetnant du mouvement Ettajdid.

 

D'autre part, des citoyens se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat pour demander l'amélioration de leurs conditions sociales, faisant part de leur rejet de l'appel lancé par certains à la démission du nouveau gouverneur.

 

Parmi ces derniers, le père d'une fillette handicapée au nom de Chayma venu demander une autorisation de taxi collectif, et Jamila Gaddour de Ouerdanine, mère d'un garçon handicapé qui a été reçue par le gouverneur, lundi, et qui a déclaré que depuis 10 ans personne ne s'est préoccupé de son cas.

 

La dame a expliqué que le gouverneur s'est engagé à lui trouver une solution à ses problèmes dans les plus brefs délais.

 

Selon des témoins, les participants à la manifestation devant le gouvernorat de Monastir ne seraient pas originaires de la région.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Le nouveau gouverneur de Sousse se retire 

 

Plusieurs locaux de commerce dans la ville de Sousse ont été, la cible, mardi après-midi, d'actes de vandalisme et de pillage commis par un groupe de personnes armées de couteaux et de massues.

 

Les agresseurs ont, également, attaqués les dépôts du port commercial de Sousse et les commerces avoisinants, ce qui a nécessité l'intervention des forces de la sécurité et de l'armée nationale qui ont rapidement pris le contrôle de la situation et arrêté plusieurs malfaiteurs.

 

Le nouveau gouverneur, M. Khémais Argoubi a été contraint de quitter le siège du gouvernorat, sous la pression d'un grand nombre de citoyens rassemblés pour revendiquer son départ, en raison de son appartenance au RCD.

 

Les manifestants ont scandé des slogans réclamant la rupture totale avec les symboles de l'ancien régime et la nomination d'un autre gouverneur neutre et compétent.

 

D'un autre côté, les employés de l'hôtel «El Ksar» à Sousse, ont organisé mardi, un sit in ouvert, réclamant la régularisation de leur situation sociale ainsi que leur droit à la titularisation.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Rétablissement de la situation sécuritaire et reprise des cours au Kef

 

La ville du Kef a connu un retour au calme, dans la nuit de lundi au mardi, après les actes de vandalisme et de pillage qui ont semé la terreur auprès des habitants de la région.

 

Le rythme de vie semble ainsi avoir repris son cours normal, mardi matin, à la faveur du déploiement intensif des forces de l'armée dans toute la ville.

 

La sécurité dans la ville du Kef a été, en effet, consolidée par l'arrivée, lundi soir, de plusieurs unités antiterroristes et d'un important renfort militaire.

 

Des unités mobiles de l'armée nationale ont procédé au ratissage des quartiers, à la poursuite des malfaiteurs.

 

De leurs côtés, les services de la garde nationale ont arrêté un groupe de personnes recherchées.

 

Les cours ont, également, repris dans les différents établissements éducatifs qui ont tous été placés sous surveillance militaire.

 

Les comités locaux continuent, de leurs côtés à garder les résidences et à contrôler les véhicules suspects en vue de prévenir d'éventuelles attaques de groupes armées.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Un groupe de jeunes prennent d'assaut le siège du gouvernorat de l'Ariana

 

Un groupe de jeunes ont pris d'assaut, mardi, le siège du gouvernorat de l'Ariana, profitant du rassemblement d'un grand nombre de citoyens devant le bâtiment et du désordre qui y régnait, ce qui a obligé le gouverneur à demander la protection des locaux et des employés.

 

Les jeunes agitateurs se sont infiltrés dans les rangs des manifestants qui étaient rassemblés devant le gouvernorat pour revendiquer l'amélioration de leurs conditions sociales.

 

Les unités de l'armée nationale sont parvenues à maîtriser les éléments qui tentaient de semer le trouble, à travers des tirs en l'air et en utilisant les hauts parleurs appelant les agitateurs qui ont défoncé la porte principale du gouvernorat à se disperser.


Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Les employés du gouvernorat de Ben Arous protestent

 

Les employés du gouvernorat de Ben Arous ont manifesté, mardi, pour revendiquer la titularisation des ouvriers des chantiers et des contractuels et pour dénoncer certains responsables administratifs impliqués dans des malversations et abus de pouvoir.

 

Le nouveau gouverneur, M. Kamel Charaabi a reçu un groupe de manifestants qui ont formulé un ensemble de revendications socio-professionnelles et politiques.

 

Ils ont fait part de leur disposition à soutenir le gouverneur pour qu'il puisse s'acquitter au mieux de sa nouvelle mission.

 

Le gouverneur a, pour sa part, indiqué qu'il n'épargnera aucun effort pour régulariser la situation de plusieurs employés du gouvernorat et satisfaire les doléances dans la mesures des moyens disponibles.

 

Il a déclaré à la TAP que le dossier de l'emploi figurera au premier rang de ses préoccupations.


Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Amélioration notable de la situation sécuritaire dans la région de Kébili

 

La situation sécuritaire dans la plupart des villes, de la région de Kébili, a connu, mardi, une nette amélioration.

 

La vie a repris son cours normal malgré l'absence des agents de la police et de la garde nationale dans la plupart des zones.

 

C'est l'armée nationale qui s'est chargée du rétablissement de la sécurité dans les villes et de l'organisation de la circulation dans les principaux carrefours.

 

Au cours de la nuit de lundi-mardi, la région n'a pas enregistré d'actes de vandalisme ni de trouble et ce, à la faveur de la collaboration entre l'armée et les comités de quartier qui s'étaient formés pour défendre leurs villes.

 

Par ailleurs, des témoins oculaires ont déclaré, au correspondant régional de la TAP, que quelques établissements éducatifs dans la région ont été, partiellement, endommagés lors des derniers événements survenus dans la région.

 

Les dégâts occasionnés n'ont pas empêché le déroulement normal des cours.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Poursuite des manifestations à Tozeur

 

Des demandeurs d'emploi, diplômés du supérieur, poursuivent leur sit-in pour la septième journée consécutive dans la localité de Tamaghza à Tozeur.

 

Ils se sont rassemblés, mardi, devant le collège de la ville, le siège de la délégation étant fermé depuis près d'une semaine suite aux troubles qui ont eu lieu dans la région.

 

Des citoyens de la zone frontalière Ain Karma de la délégation de Tamaghza se sont, également, manifestés pour protester contre leurs conditions de vie difficiles et l'absence d'un interlocuteur pour lui transmettre leurs doléances, puisqu'ils habitent loin du siège du gouvernorat.

 

Devant le siège du commissariat régional de l'Éducation de Tozeur, un grand nombre de diplômés du supérieur se sont aussi rassemblés pour revendiquer leur droit à l'emploi.

 

Ils ont appelé à un traitement égal lors des recrutements et ont condamné le favoritisme et les pratiques déloyales en matière d'embauche.

 

Dans la délégation de Nafta, des citoyens ont, dans une déclaration au correspondant régional de la TAP, désapprouvé la perturbation enregistrée au niveau des services administratifs fournis, notamment, par la municipalité de la ville en raison de l'absence des employés de l'établissement malgré le rétablissement de l'ordre.

 

Par ailleurs, le siège du comité de coordination du RCD de Tozeur a été incendié lundi soir par un groupe d'inconnus. L'incendie s'est propagé au premier étage du bâtiment qui comporte les bureaux administratifs et des équipements.

 

Les structures du RCD dans les autres délégations de la région n'ont pas subi de dommages.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Sit-in et grève d'une journée des enseignants du secondaire de Sfax

 

Les professeurs de l'enseignement secondaire de Sfax ont observé, mardi, un sit-in d'une heure devant le siège provisoire des deux commissariats régionaux de l'éducation. Ils ont, également, organisé une grève d'une journée.

 

Dans un communiqué publié par le syndicat régional de l'enseignement secondaire, les manifestants protestent contre ce qu'ils qualifient d'«atteinte volontaire» au corps éducatif, porté par le ministre de l'Éducation lors d'un débat télévisé organisé, récemment, avec un groupe d'élèves.

 

Le ministre avait, estiment-ils, mis en cause la représentativité des élèves.

 

Les enseignants se sont indignés du contenu du débat qui a incité certains élèves des lycées Mongi Slim, Habib Thamer, 9 avril, Majida Boulila et autres, à manquer de respect à l'égard de leurs professeurs, allant jusqu'à commettre des agressions verbales et physiques.

 

Les commissaires régionaux ont quitté leurs bureaux suite à ces protestations. M. Abdelwaheb Kamoun, commissaire régional de l'éducation à Sfax 2 a souligné au correspondant régional de la TAP, que cette réaction vient répondre aux revendications des manifestants.

 

Une source du syndicat des professeurs et de l'Union régionale du travail a affirmé que ces deux responsables ont, effectivement, démissionné.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Grève des chauffeurs et receveurs de la Société régionale de transport de Bizerte

 

Les chauffeurs et receveurs de la Société régionale de transport de Bizerte (SRTB) observent, mardi et pour la deuxième journée consécutive, une grève générale, revendiquant des promotions professionnelles, l'ouverture des perspectives, la revalorisation de la rémunération des heures de travail supplémentaires nocturnes, la priorité aux enfants du personnel dans les recrutements et l'organisation du secteur en général.

 

Environ 400 personnes, chauffeurs et receveurs, se sont rassemblés, devant le siège de la direction générale de la société, réclamant la satisfaction de leurs revendications légitimes.

 

Plusieurs agents ont fermé l'accès du dépôt central de la société à Jarzouna et formé un comité de surveillance pour empêcher la sortie des bus.

 

Cette grève a paralysé le trafic du transport public à l'intérieur des villes du gouvernorat et au niveau des lignes suburbaines et interurbaines, à partir de Bizerte.

 

Le parc de la SRTB rénové en grande partie, se compose de 215 bus dont 186 destinés au transport scolaire et universitaire. La société emploie plus de 500 personnes : environ 400 chauffeurs et receveurs, 70 fonctionnaires et 40 contrôleurs.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 

 

Accord entre l'UGTT et le Gouvernement tunisien pour la nomination de nouveaux gouverneurs

 

L'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et le gouvernement provisoire ont convenu de la nomination de nouveaux gouverneurs connus pour leur aptitude et leur compétence et n'ayant pas appartenu au Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) ou été impliqués dans des pratiques contraires aux intérêts du peuple.

 

Dans un communiqué qu'elle a publié, mardi après-midi, l'UGTT indique que cet accord est intervenu suite à deux séances de négociations entre le Bureau exécutif de la centrale syndicale et une délégation ministérielle du gouvernement provisoire, au cours desquelles le Bureau exécutif de l'UGTT a mis l'accent sur la nécessité de créer un conseil de protection de la révolution et de la transition démocratique, conformément à une décision de la commission administrative nationale de l'UGTT et des composantes de la société politique et civile.

 

Il a été convenu, également, que toute personne susceptible d'être impliquée dans des pratiques contraires à l'intérêt du peuple, ne siégerait pas dans aucune des trois commissions nationales et de s'ouvrir sur l'ensemble des composantes de la scène nationale.

 

Les deux parties sont convenues, en outre, d'œuvrer pour rétablir la sécurité, en faisant face aux forces anti-révolutionnaires qui tentent de déstabiliser le peuple, d'entraver le fonctionnement normal des établissements éducatifs et d'influencer négativement le climat social. Elles ont, aussi, appelé à se pencher immédiatement et systématiquement sur les problèmes et préoccupations des salariés.

 

Au plan social, les deux parties sont tombés d'accord pour poursuivre l'insertion des employés du secteur de la sous-traitance dans les entreprises bénéficiaires de leurs services, à travers l'engagement de négociations avec l'UGTT et ses structures syndicales et la mise en place de mécanismes appropriés pour entamer immédiatement des négociations au sujet des volets réglementaire et financier, de manière à favoriser la promotion des législations dans le sens du renforcement du travail permanent et de garantir la liberté effective de l'action syndicale dans tous les secteurs sans exception.

 

Elles sont, également, convenues d'améliorer le pouvoir d'achat du citoyen, à la lumière de la hausse excessive des prix et de la détérioration de la situation dans le contexte de la corruption financière et administrative durant de nombreuses années.

 

Les deux séances ont abouti, également, selon le communiqué, à l'approbation de la ratification d'une série de conventions arabes et internationales, fondées sur les principes de la liberté, de la justice et des droits de l'Homme, des principes de la révolution tunisienne.

 

Leur presse (TAP), 8 février.

 


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