Delenda est Carthago - 14 janvier

Publié le par la Rédaction

L’instabilité de la situation, changeante d’heure en heure depuis que la banlieue de Tunis s’est soulevée et que l’armée s’est déployée, rend difficile à l’instant même une «synthèse» et une «analyse révolutionnaire à la mesure des événements» : il y manque une conclusion. On peut déjà constater en tout cas qu’il a suffi de deux jours pour que l’instauration de la loi martiale et du couvre-feu se transforme en une tentative désespérée de ravalement «démocratique» instantanément combattue dans la rue. Les choses vont vite et tout est possible. Certains disent que la journée de vendredi sera décisive.

 

En attendant, pour accompagner la grève générale et la manif à Tunis, cette vidéo filmée hier à Sousse, dans le fief de Ben Ali :

 

 

Delenda est Carthago.

 

 

#maniftunis
#sidibouzid

 

14h40. Le cordon de policier disposé devant le ministère de l'Intérieur à Tunis a dû tirer des gaz lacrymogènes pour contenir la foule massée devant l'édifice, nous rapporte l'un de deux envoyés spéciaux du Parisien. Les policiers ont été débordés par la foule et des manifestants sont parvenus à escalader la façade du bâtiment pour s'accrocher aux grillages protégeant les fenêtres. (Leur presse - Le Parisien)

 

 

Une maison Trabelsi saccagée à Hammamet

 

 

Mort à la Marsa - 13h56

 

 

Tunis : manifestation hostile à Ben Ali

 

 

Des manifestants ont parcouru ce matin le centre de Tunis en criant des slogans hostiles au président Zine El Abidine Ben Ali au lendemain d'un discours apaisant du chef de l'État après un mois d'émeutes sanglantes dans le pays.

 

 

 

Devant le ministère de l’Intérieur, avenue Habib Bourguiba

 

 

 

Avenue Habib Bourguiba

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 janvier 2011 - 10h15.

 

 

Des Tunisiens hostiles à Ben Ali défilent dans les rues de Tunis

 

En dépit du discours du président qui se voulait apaisant, des manifestants parcourent le centre de la capitale en criant «Non à Ben Ali». Ils n'ont pas été inquiétés par la police.

 

Des manifestants ont commencé, vendredi 14 janvier dans la matinée, à parcourir le centre de Tunis en criant des slogans hostiles au président Zine El Abidine Ben Ali au lendemain d'un discours apaisant du chef de l'État après un mois d'émeutes sanglantes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

«Non à Ben Ali», «Soulèvement continu, non à Ben Ali», ont crié les manifestants, quelques dizaines au départ, qui n'ont pas été inquiétés par les policiers.

 

La foule des manifestants a commencé à gonfler pour atteindre plusieurs centaines. Elle a été bloquée par un barrage de police qui s'est vite formé au milieu de l'Avenue Bourguiba de manière à l'empêcher de marcher vers le siège du ministère de l'Intérieur.

 

«Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur» et «hommage au sang des martyrs» ou encore «non, aux Trabelsi [ndlr: la belle famille du président] qui a pillé le pays», ont également scandé les manifestants.

 

Le président Ben Ali s'est engagé jeudi soir à quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014 et a ordonné la fin des tirs contre les manifestants, dans l'espoir d'apaiser un mouvement de contestation sans précédent.

 

Il a également annoncé une baisse des prix des produits alimentaires et des services de base.

 

Leur presse (Nouvelobs.com), 14 janvier - 10h52.

 

 

Tunisie : des milliers de manifestants demandent la démission de Ben Ali

 

Selon Reuters, au moins 5000 Tunisiens manifestent devant le ministère de l'Intérieur, réclamant le départ immédiat du président, au lendemain de son discours annonçant qu'il ne se représenterait pas en 2014. De son côté, l'AFP fait état de centaines de manifestants dans le centre de Tunis. 

 

Radio Kalima - Algérie, 14 janvier.

 

 

Cortège de bus qui déversent des anti émeute Rabbi Yostor (#sidibouzid).

 

 

Tunis now: big gathering in front of Ben Ali political party building. chants continue (#sidibouzid).

 

 


 

En ce moment : Kairouan se manifeste : Grève des avocats (#sidibouzid) !

 


 La police charge les manifestants au niveau du croisement avenues Habib Bourguiba/Hbib Thamer selon le correspond Itélé en place (#sidibouzid).

 

 

Manif à la faculté de Médecine de Tunis

 

 

 URGENT ! PLZ RT ! Snipers shooting people in #Mednine in southern #tunisia (#sidibouzid) !!!

 

 

Hammamet (13 ou 14 janvier)

 

 

D'après Aljezeera après le discours de Zinochet il y a eus 8 morts pendant la nuit (4 Kram, 2 Ariana, 2 Kairouan) sale menteur ZABA (#sidibouzid).

 

 

Cité Bahri à Sfax, soirée du 13 janvier
(une autre source indique Gafsa ?)

 

 

 Karak (Jordanie) : Une manif salue le soulèvement en Tunisie

 

Jordanian protestors in Karak salute Tunisian uprising (#sidibouzid).

 

 

 

Cortège funéraire d’un homme tué par des snipers de la police
Bizerte, 13 janvier

 

 

Monsieur Ben Ali ayez la décence de vous taire !

 

N’avez-vous pas tiré les leçons de votre dernière piteuse prestation télévisée où, comme à l’accoutumée, vous êtes incapable de construire la moindre phrase intelligible, sans qu’elle ne vous soit dictée par vos mercenaires de la plume, et qui a été suivie d’une défiance manifeste de la part des citoyens dignes, face à vos menaces explicites exprimées sous le vocable cynique de «loi». Votre légitimité acquise par la terreur, et le mépris que vous affichez pour notre peuple, contraste de façon scandaleuse avec votre vile soumission, à ceux dont vous êtes le défenseur et le garant des intérêts.

 

La mise en exécutions de vos menaces et les «instructions» de tirer sur les manifestants (qui ne peuvent qu’émaner de vous, et confiées à votre brigade personnelle, dont nul n’ignore l’effroyable conditionnement) ne sont une surprise pour personne, puisque le Tunisien n’a pas oublié vos exploits lors des événements du jeudi noir 1978, où vous avez donné l’ordre de tirer sur la foule (45 morts officiellement) pour gagner vos galons et obtenir la confiance de l’establishment déjà en crise de légitimité, qui vous nommera Directeur de la sûreté nationale en 1984, pour écraser encore une fois dans le sang les émeutes du pain de 1984 (qui n’ont duré que trois jours).

 

La seule légitimité que vous avez bâtie n’a donc été que par le sang des Tunisiens, pour préserver le pouvoir de vos maîtres de l’époque, que vous finirez par trahir (comme vous avez trahi votre appartenance à ce peuple, et comme vous avez trahi vos engagements à la suite de votre coup d’État de 1987, en spoliant le peuple tunisien et son élite de décennies de sacrifices, dans la lutte qu’il menait contre les dérives autoritaires de l’époque, et pour l’élargissement des libertés individuelles, que vous avez anéanti, durant votre sombre règne).

 

M. Ben Ali vous n’avez qu’un langage, celui de la violence meurtrière, et vous n’avez qu’une culture, celle des services de renseignement, dont la fonction est la persécution des intellectuels authentiques, pour lesquels vous nourrissez une haine que ne justifie que votre mépris des valeurs humaines. Ce n’est pas votre déficit d’instruction qui est à l’origine de votre pauvreté intellectuelle, mais bien votre divorce avec la culture millénaire de notre pays, et votre attachement à une modernité de pacotille, et à un modèle de gestion des affaires de l’État qui est d’inspiration mafieuse.

 

Vous n’avez jamais été apte à conduire les affaires de l’État, mais une brigade de maintien de l’ordre ; votre culture exclut toute communication rationnelle, c’est pourquoi vous vous refugiez derrière un autoritarisme aveugle et une poignée de piteux serviles, sans envergure intellectuelle, qui vous servent de «matière grise» (Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah…) incapables d’élaborer un programme de développement autre que celui concoctés par la Banque mondiale et la Commission européenne. Ces deux institutions, en l’absence de politique économique qui préserve les intérêts de notre pays, ont fait le choix stratégique de faire de la Tunisie la vitrine du monde arabe ; avec un modèle de développement factice, totalement dépendant, et sans portée viable à long terme.

 

La seule dimension politique de vos plus proches collaborateurs, se résume à la propagande dans les médias caniveaux, et les opérations visant à museler toute voix discordante, et à éliminer du champ public tout universitaire, penseur, homme d’entreprise, médecin ou intellectuel qui refuse de vous être complice dans votre obsession de maîtriser tout ce qui pense ou bouge. Votre frayeur des citoyens dignes, a presque réussi à réduire le pays à un corps inerte, avec une dégradation jamais observé par le passé, et ce, dans tous les secteurs à caractère vital pour notre pays (la justice, l’enseignement, la santé, l’administration publique…) à tel enseigne, que seule l’ambition de survivre a fini par prévaloir sur la légitime participation à l’édification de notre avenir, chez une large frange des cadres et de la jeunesse.

 

Vous n’auriez jamais pu atteindre ce niveau d’arrogance dans la violence, n’eut été la complicité d’une élite qui a perdu toute crédibilité et tout esprit de créativité, puisque soumise jusqu’à l’abrutissement mental. Mais vos soutiens étrangers, qui constituent votre seule réelle légitimité, ils se réduisent aujourd’hui à une peau de chagrin (Berlusconi !! les autres n’osent plus vous soutenir, sachant les risques devant leurs opinions). M. Ben Ali, combien de cruauté faudra-t-il que vous fassiez subir à ce peuple, pour vous rendre à l’évidence ! Contrairement à ce que prétendent vos sous-hommes, qui vous conseillent, le peuple tunisien n’est pas vil et encore moins indigne.

 

C’est leur image qu’ils vous livrent croyant vous livrer la réalité du peuple tunisien, qui ne se soumet indéfiniment à la force. M. Ben Ali si vous aviez le minimum de culture populaire, vous auriez appris que notre peuple est très tolérant, très patient, mais jamais dans l’histoire il n’a laissé perdurer un tyran ; qu’il soit étranger, ou local. M. Ben Ali nous ne sous-estimons pas votre intelligence, qui s’est d’autant plus aiguisée auprès de vos formateurs des services spéciaux étrangers… Nous ne sous-estimons pas non plus votre capacité à réduire au silence des centaines de personnalités que vous estimiez «dangereuses». Vous avez gagné plusieurs batailles, mais vous perdrez la guerre !

 

C’est une certitude. Quelle que soit votre capacité à terroriser, en déployant vos escadrons de la mort et vos milices privées, pour semer la peur et le chaos. Seuls les êtres vils s’attaquent aux enfants et à leurs proches, pour obtenir le silence de ceux qui dérangent ! Combien de nos jeunes doivent-ils s’immoler par le feu, pour comprendre le niveau de désespoir que vous avez nourri dans notre jeunesse ? Combien de victimes et d’handicapés tombés sous vos balles meurtrières, faudra-t-il vous offrir, M. Ben Ali, pour assouvir votre soif du pouvoir, alors que le peuple réclame votre départ ! Notre culture nous enseigne de ne jamais tolérer l’injustice ni la tyrannie ; c’est le fondement même de notre humanité.

 

Elle nous enseigne de nous élever contre ces fléaux qui déciment toute société, avec tous les moyens qui sont à notre portée : «avec le cœur en dernier recours, si les autres formes de résistance sont rendues impossibles». Malgré des années de répression et de harcèlement, et le verrouillage de tout espace public, c’est le peuple sans aucun encadrement qui se soulève pour vous crier halte au pillage des ressources du pays ! Halte à la dégradation des institutions du pays ! Halte à la mainmise de la mafia sur la justice !

 

Halte à l’exil intérieur et extérieur de la vraie élite du pays ! Halte à la réduction du citoyen tunisien au statut d’immigré sans droits, dans son propre pays ! À l’heure où ses lignes sont écrites, j’apprends que vos escadrons de la mort pillent, brûlent, tuent, arrêtent et violent les jeunes filles des populations démunies et exsangues de Kasserine, après avoir encerclé et établi le siège de la ville, qui est privée d’eau, d’électricité et de vivres, depuis plusieurs jours.

 

Vous avez l’audace de déclarer que vous «exécuterez la loi avec fermeté». Votre conception de la loi nous en observons le caractère abject.

 

Notre peuple s’est révélé plus cultivé que vous et votre élite ; et plus civilisé que ne le prétendent les médias qui tentent de justifier la violence des hordes déshumanisées, que vous avez lancé contre eux.

 

Je ne vous invite pas à quitter le pouvoir M. Ben Ali, car vous n’en avez ni la dignité, ni le courage.

 

Vous le quitterez malgré vous, et malgré vos appuis étrangers. 

 

Lamjed Ben Sedrine
Radio Kalima - Tunisie, 13 janvier.

 

 

Hôpital Kaireddine à Tunis, nuit du 13 janvier

 

 

Death Squads in Dowar Heshrspecialized troops of guards chasing and killing innocent protesters (SBZ_news).

 

 

 

Tirs policiers à Hammam Zriba, nuit du 13 janvier

 


Publié dans Internationalisme

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