Delenda est Carthago - 13 janvier

Publié le par la Rédaction

Deux tués pendant le discours du président

 

Deux civils ont été tués par des tirs de la police dans la ville de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, ont raconté des témoins. Ces décès sont intervenus au moment même où le président Zine El Abidine ben Ali prononçait un discours dans lequel il ordonnait la fin des tirs sur les manifestants.

 

Un électricien de 23 ans, a été tué d'une balle dans la poitrine près des locaux de la gendarmerie lors d'affrontements qui ont éclaté après une manifestation pacifique à l'appel du syndicat régional dans cette ville du centre, a dit l'un des témoins.

 

Un quadragénaire, employé d'une fabrique de tabac, a également été tué par des tirs de police dans les mêmes circonstances, a indiqué un autre témoin.

 

Ces deux habitants ayant requis l'anonymat ont évoqué des scènes de chaos dans la ville qui a connu des pillages durant plusieurs heures.

 

Au total, trois postes de police, une municipalité, une permanence du parti présidentiel au pouvoir, ont été incendiés et des commerces ont été pillés.

 

Près de Tunis, dans la Cité El Ghazala, des affrontements ont eu lieu jeudi soir entre la police et des manifestants aux abords d'un pôle technologique gardé par l'armée, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

 

Leur presse (ats), 14 janvier 2011 - 0h47.

 

 

Les miliciens de Ben Ali font régner la terreur en Tunisie

 

Alors que l'insurrection a gagné l'ensemble du pays et touche dorénavant la capitale, Tunis, où il y a eu au moins un mort, des très graves dérapages sont signalés.

 

 

Une partie de la police de Ben Ali, transformée en milice, fait régner la terreur en s'attaquant aux citoyens. Meurtres, pillages et viols sont signalés dans plusieurs villes. Les miliciens en civils, pourchassent les citoyens, incendient les infrastructures, pillent les biens privés. Selon des informations obtenues par nos correspondants sur place, l'appareil policier qui entoure Ben Ali, a décidé de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Impliqués pendant des années dans une politique répressive (enlèvements, tortures, racket en tous genre) ils savent que la population leur demandera des comptes si le régime change.

 

Face aux hésitations de la communauté internationale, voire dans certains cas, à la complicité de certains dirigeants, notamment le président français, Nicolas Sarkozy qui tente de sauver le régime actuel, l'appareil policier de Ben Ali s'engage dans une guerre totale contre la population.

 

Radio Kalima - Algérie, 13 janvier 2011.

 

 

Manif anti-Ben Ali à Ennasr - Tunis
à 22h30 (après le discours)

 

 

Tunisie : pillages à Hammamet

 

La station balnéaire tunisienne de Hammamet, prisée par les touristes européens, était livrée aux pilleurs aujourd'hui en fin d'après-midi, selon des journalistes de l'AFP arrivés dans cette cité située à 60 km au sud de Tunis.

 

Un poste de police, une permanence du parti au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali ont été détruits ainsi que des résidences cossues, dont l'une appartiendrait, selon des habitants, à un proche du chef de l'État.

 

«Mort à Ben Ali», a tracé une main sur l'un des murs de la résidence du proche du président tunisien, située sur la Corniche et qui été totalement saccagée. Dans la rue, les passants ont érigé de nombreux barrages alors que d'autres pillaient des magasins emportant tout ce qui leur tombait sous la main.

 

Les pillages ont commencé après une marche pacifique dans cette ville très touristique, qui compte des dizaines d'hôtels, et après les funérailles d'un réceptionniste de l'un de ces établissements, Zouheir Souissi, qui a été tué mercredi par les tirs de la police.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier.

 

 

Manifestant tué à Kairouan, 13 janvier

 

 

Tunisie : plusieurs magasins pillés

 

Des manifestants ont attaqué et pillé hier et aujourd'hui des magasins des enseignes françaises Carrefour et Casino auxquels sont associés des proches du pouvoir en Tunisie, selon des informations recueillies par l'AFP.

 

À Gafsa (sud-ouest), le dépôt d'un magasin Carrefour, au rez-de-chaussée d'un immeuble de sept étages, a été pillé par des manifestants aujourd'hui alors que le magasin situé au premier étage a été détruit mercredi, selon des témoins. Les pillages se sont déroulés sous les yeux de militaires postés avec leur blindé près d'agences bancaires dont aucune n'a été visée, selon ces témoins.

 

À Nabeul, dans le nord-est, un magasin de la même enseigne a été totalement détruit et vidé par des manifestants, a rapporté un correspondant de presse. À Gabès, dans le sud-est, un autre magasin Carrefour a été pillé, selon un correspondant de la radio Chams FM. Il appartient à l'une des filles du président Zine El Abidine ben Ali.

 

À Bizerte (nord-est), un magasin de la chaîne Monoprix a subi le même sort jeudi, ont indiqué des habitants. Dans le quartier Lafayette, proche du centre ville de Tunis, des manifestants ont tenté de marcher vers un magasin Champion mais ont été dispersés par la police, selon de nombreux témoins.

 

 

 

Ettadhamen, le 13 janvier

 

À Ettadhamen, banlieue proche du nord de Tunis, d'autres manifestants ont tenté de s'approcher de l'hypermarché Géant de la chaîne Casino qui se trouve à quelques kilomètres plus au nord et où est implanté aussi un magasin Conforma appartenant à Imed Trabelsi, l'un des frères de l'épouse du président, Leila ben Ali, a constaté une correspondante de l'AFP. Interrogé pour savoir s'il voulait s'attaquer à l'hypermarché Géant parce que c'est une enseigne française, un manifestant a répondu «non, ce n'est pas français, ça appartient à des proches du président».

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier.

 

 

Aymen Abdel WAhab Maray,

tué à Zarzis, gouvernorat de Medenine

 

 

Tunisie : Deux jeunes tués à Soliman

 

Deux jeunes gens ont été tués aujourd'hui lors d'affrontements avec la police dans la ville côtière de Soliman, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la capitale, Tunis, ont déclaré trois témoins à l'agence Reuters.

 

Des jeunes manifestants tentaient d'attaquer un commissariat de police, a expliqué l'un d'eux. Les policiers ont répliqué en tirant d'abord en l'air pour les disperser, puis dans la foule.

 

«Ils en ont touché un à l'abdomen et le second à la poitrine. Je l'ai vu de mes propres yeux», a dit ce témoin, souhaitant conserver l'anonymat. Deux autres personnes contactées par Reuters ont fourni une même version des faits.

 

Leur presse (Le Figaro), 13 janvier.
 

 

 

M'nihla, banlieue de Tunis, 13 janvier

 

 

Nouveaux affrontements en Tunisie, une station balnéaire touchée

 

La Tunisie a connu de nouveaux affrontements violents jeudi, journée à l'issue de laquelle le président Ben Ali a promis l'arrêt des tirs et la liberté aux médias. Selon des témoignages rapportés par l'AFP, un manifestant a été tué en plein centre de Tunis dans le quartier Lafayette à proximité de l'avenue Bourguiba.

 

Fait nouveau : les violences gagnent désormais les secteurs touristiques prisés par les touristes occidentaux. Ainsi, la station balnéaire de Hammamet était livrée aux pilleurs jeudi en fin d'après-midi, selon des journalistes de l'AFP arrivés dans cette cité située à 60 km au sud de Tunis.

 

Un poste de police, une permanence du parti au pouvoir ont été détruits ainsi que des résidences cossues, dont l'une appartiendrait, selon des habitants, à un proche du chef de l'État. Dans la rue, les passant ont érigé de nombreux barrages alors que d'autres pillaient des magasins emportant tout ce qui leur tombait sous la main.

 

Une des destinations préférées des Français

 

La Tunisie est l'une des destinations préférées des Français «avec plus 1,5 million de personnes chaque année», explique Georges Colson, président du Syndicat national des agents de voyages (Snav), qui se veut rassurant malgré des premières annulations de touristes inquiets.

 

À Tunis, les forces de l'ordre se sont interposées pour empêcher des manifestants, venus des abords de l'avenue Bourguiba, de se diriger vers le quartier où se trouvent un supermarché de la chaîne Carrefour et la Maison de la radio publique. C'est dans ce contexte qu'une personne aurait été tuée. (…)

 

Leur presse (Le Parisien), 13 janvier.

 

 

 

Au centre de Tunis, 13 janvier

 

 

Massacre en Tunisie : Plus de 80 morts

 

Selon des informations de sources indépendantes sur place en Tunisie, plus de 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

 

La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) parle d'un bilan qui s'établit désormais à 66 morts identifiés depuis le début des troubles, mi-décembre. L'organisation affirme détenir une liste nominative de ces 66 personnes tuées.

 

 

 

Quelques-uns parmi la dizaine de tués des dernières heures

 

Parmi les victimes, un universitaire franco-tunisien de 38 ans, professeur à l'université de Compiègne, tué par balles, mercredi, dans la ville de Douz. Jeudi, le ministère des Affaires étrangères suisse a de son côté confirmé la mort d'une de ses ressortissantes : selon la Radio suisse romande, il s'agit d'une infirmière d'origine tunisienne de 65 ans, atteinte par une balle alors qu'elle se trouvait sur un balcon dans la ville de Dar Chaabane.

 

Radio Kalima - Algérie, 13 janvier.

 

 

Tunisie : la banlieue de Tunis se révolte malgré le couvre-feu

 

Les affrontements entre les jeunes manifestants tunisiens et les forces de sécurité se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi  à Tunis malgré le couvre-feu appliqué par les autorités.  Selon les témoignages rapportés par l'AFP, «ces violences se sont produites à environ 15 km du centre de la capitale dans les cités d'Ettadhamen et Intilaka», souligne-t-on.

 

 

À Tunis, les forces de l'ordre n'inspirent plus la crainte et la terreur aux jeunes tunisiens qui, désormais, ne fuient plus la confrontation avec le régime autoritaire de Ben Ali. Durant toute la nuit du mercredi à jeudi, les tirs, les cris de révolte, les sirènes des ambulances, les détonations et les bruits de casse n'ont guère cessé d'ébranler les certitudes du Clan Trabelsi.

 

Ainsi, selon le compte rendu de l'AFP, «les incidents ont démarré mercredi après-midi pendant un rassemblement qui a ensuité dégénéré en affrontements violents entre forces de sécurité et des jeunes». Et jeudi matin, «des colonnes de fumée s'échappaient encore de deux bâtiments et les pompiers étaient à l'œuvre pour éteindre l'incendie dans des rues jonchées de débris», constatent des journalistes de l'AFP.

 

Plusieurs autres témoignages signalent que des bâtiments de la municipalité ont été caillassés et des voitures calcinées «se trouvaient jeudi matin devant les locaux de la sous-préfécture», précise-t-on. Mêmes les commerces n'ont pas été épargnés par les violences qui ont transformé la banlieue de Tunis, le temps d'une nuit, en un théâtre d'affrontement entre des jeunes réclamant le changement et des forces de police fidèles au régime en place.

 

Ces affrontements prouvent, par ailleurs, que le couvre-feu qui «était strictement observé dans le centre de Tunis», relate l'AFP, n'a pas empêché les habitants de la banlieue de sortir dans la rue et poursuivre la contestation.

 

Rappelons enfin que le ministère de l'Intérieur tunisien a justifié le couvre-feu par «le souci de protéger les citoyens» et précisé qu'il serait appliqué «provisoirement» dans  la capitale, Ben Arous, l'Ariana et la Manouba qui forment le Grand Tunis.

 

Abderrahmane Semmar - El Watan, 13 janvier.

 

 

Tunisie : retrait jeudi de l'armée de la capitale

 

L'armée s'est retirée jeudi de la capitale tunisienne où des unités spéciales de la police ont pris place dans le centre relativement animé, au lendemain d'une nuit calme dans Tunis placée sous couvre-feu, a constaté une journaliste de l'AFP.

 

Des blindés et des unités d'intervention de la police ont remplacé ceux de l'armée sur l'avenue centrale Habib Bourguiba et sur la place Barcelone, près d'un grand terminus des trains de la banlieue sud et du tramway.

 

Seuls deux véhicules de l'armée avec des soldats en armes étaient encore postés depuis la veille sur la place Ibn Khaldoun, face à l'ambassade de France.

 

Mais des cars remplis de policiers anti-émeutes stationnaient dans les rues latérales menant à l'avenue principale.

 

Un témoin a indiqué jeudi à l'AFP qu'un jeune homme avait été tué par balle dans la banlieue ouest de Tunis dans la nuit de mercredi à jeudi, au cours de violents affrontements qui ont opposé les forces de sécurité à des jeunes dans la cité d'Ettadhamen.

 

Les autorités ont décrété mercredi à Tunis et sa banlieue un couvre-feu nocturne pour une durée illimitée, la première mesure de ce genre dans la capitale depuis l'arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali en 1987.

 

«Malgré le couvre-feu, des gens sont sortis pour casser, on n'a pas dormi de la nuit», s'est plaint un fonctionnaire résidant dans la banlieue nord, jusque là épargnée par la violence.

 

À Tunis, plusieurs commerces étaient ouverts jeudi et des journalistes étrangers interrogeaient des passants dans la rue devant de nombreux policiers en civil.

 

«Je suis scandalisé par ce déchaînement de la violence, c'est un phénomène nouveau et inexplicable en Tunisie», a déclaré à l'AFP un libraire du centre.

 

Dans les cafés ouverts, les terrasses habituellement bondées étaient un peu dégarnies jeudi matin. Des clients échangeaient à haute voix des propos au sujet des affrontements de la nuit dernière en banlieue.

 

Dans une boutique de l'opérateur Orange, un agent s'apprêtait toutefois à baisser les rideaux, un épicier faisant de même. «Il y a de la casse, il faut être prudent», a déclaré l'agent, devant son dernier client.

 

Leur presse (AFP), 13 janvier.

 

 

Tunisie : La révolte aux portes du palais de Carthage 

 

Le compte à rebours de l’après-Ben Ali a-t-il commencé ? Cette question brûle les lèvres de nombreux observateurs qui suivent les événements qui secouent la Tunisie depuis un mois. S’il est extrêmement difficile de parier sur une chute immédiate du régime de Ben Ali, les Tunisiens ne jurent en tout cas que par son départ. Un couvre-feu nocturne est décrété dans la capitale et sa banlieue. La contestation est à son apogée.

 

 

Acculé, le président Zine El Abidine Ben Ali (74 ans) a limogé, hier, son ministre de l’Intérieur, Rafik Hadj Kacem, et a décidé de libérer tous les détenus depuis le début des émeutes sociales qui secouent le pays, dans une tentative de stopper la colère du peuple.

 

Dans le même temps, les forces armées contrôlent la capitale. Selon le journaliste tunisien, Jalal Zoughlami, joint par téléphone, «des renforts militaires, soldats en armes, camions et blindés ont fait leur apparition dans la capitale dans la nuit de mardi à mercredi. Des unités de l’armée sont postées sur les grands carrefours de Tunis, d’autres surveillent le siège du Parlement et les bâtiments de la Radio et de la Télévision publique. Des blindés sont aussi stationnés pas loin du palais présidentiel. Les rues sont désertes, la circulation est très faible». «Il règne comme un climat de siège et de peur dans la capitale.»

 

Alors que la révolte sociale jusque-là contenue dans les villes du sud-ouest du pays, la colère «des oubliés de la République» gagne en intensité et se rapproche des allées du pouvoir. Des informations font état du limogeage également du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar.

 

Il aurait refusé de donner l’ordre aux soldats de réprimer les émeutes et exprimé des réserves sur un usage excessif de la force. Selon l’avocat et militant des droits de l’homme, Me Raouf Ayadi, contacté par téléphone, a décrété une situation «ouverte sur toutes les éventualités, maintenant que les évènements sont arrivés à la capitale. Les affrontements se poursuivent aujourd’hui (mercredi, ndlr) dans les quartiers populaires de la ville, à Rades, les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla et dans les quartiers populaires de l’ouest de la capitale où des camions de l’armée sont stationnés. Les agents de la police politique ont sommé les commerçants de baisser les rideaux de leurs boutiques et magasins». Si l’armée est appelée à la rescousse, «il n’est pas évident qu’elle tire sur la foule, les soldats, eux aussi, sont issus des régions les plus pauvres du pays. Des officiers peuvent s’opposer à implication de l’armée dans la répression directe des manifestants», a indiqué l’avocat.

 

Quant aux «mesures» prises par le président Ben Ali, Me Ayadi a estimé que «le limogeage du ministre de l’Intérieur ne va rien changer à la situation. Le ministre de l’Intérieur n’est qu’un exécutant des ordres venus de la Présidence. La plaie est profonde et les manifestants ne jurent que par la tête du Ben Ali. Ce dernier tente des manœuvres désespérantes, il est trop tard. Des jeunes Tunisiens sont tués par des snippers, pas question de faire machine arrière», a ajouté l’avocat.

 

L’opposant Hamma Hammami arrêté

 

Et si le Président a donné ordre de libérer tous les détenus, son pouvoir s’attaque aux dirigeants de l’opposition. Ainsi, le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit), Hamma Hammami, a été interpellé, hier à son domicile, près de Tunis, a annoncé à l’AFP son épouse Radia Nasraoui. «La police a débarqué et arrêté Hamma», selon Me Radia Nasraoui. «Plusieurs policiers ont forcé la porte de notre appartement, perquisitionné et cassé, avant de prendre Hamma sous les yeux de sa fille», a-t-elle raconté. Hamma Hammami (59 ans) est le dirigeant d’un parti «illégal» d’extrême gauche, autrefois très présent à l’université. Recherché par la police, il vivait dans la clandestinité jusqu’à récemment. Durant les événements, il est intervenu plusieurs fois sur des télévisions étrangères pour dénoncer le régime du président Ben Ali. Une preuve que Ben Ali ne cherche pas l’apaisement, mais plutôt le contraire.

 

La réplique lui a été donnée et s’est faite sentir à travers beaucoup de villes. La répression brutale n’a pas entamé la détermination des Tunisiens à faire tomber celui qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1987.

 

Des marches étaient organisées hier à Sfax, Bizerte, Sidi Bouzid, Kasserine et Thala.

 

«Les manifestants demandent le départ du président», nous a informé l’avocate, Mounia Bou Alia, qui se trouve dans la ville de Thala. Jointe par téléphone, elle a dépeint «un climat des plus inquiétants» dans cette ville qui a connu de violents affrontements depuis trois semaines. «La situation sécuritaire a franchi un cap très dangereux. Les services de sécurité nous infligent une répression sans égale. Durant la nuit de mardi à mercredi, la police a investi des maisons et a procédé à des arrestations massives.

 

Plus grave encore, une femme a été violée par un policier devant son mari. Aujourd’hui, il ne s’agit plus du pain ou du travail, mais de la dignité du peuple tunisien qui est violée. Une grande manifestation a été organisée contre la répression brutale de la police, mais les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et ont tiré avec des balles réelles contre des manifestants. Un jeune a été tué.» L’avocate a estimé que le départ du ministre de l’Intérieur «n’est qu’une manœuvre du Président. Le problème de la Tunisie, c’est Ben Ali, c’est lui qui a donné l’ordre de tirer sur la foule».

 

En somme, la Tunisie est en train de vivre un tournant historique. Le conflit entre le peuple et le pouvoir a atteint un point de non-retour. Le mouvement de contestation est en passe de créer un rapport de forces en sa faveur, il semble plus fort que le régime.

 

Hacen Ouali - El Watan, 13 janvier.

 


Publié dans Internationalisme

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