Delenda Carthago : État d'urgence en Tunisie - 14 janvier

Publié le par la Rédaction

Le pouvoir travaille à Tunis…

 

Les pillages continuent à Tunis et en province après le départ de Ben Ali

 

Des bandes se livrent à des pillages et à des destructions. Il s'agirait, selon des témoins, de miliciens du parti au pouvoir.

 

 

De nombreux habitants à Tunis et en province ont lancé des appels par le biais de la télévision demandant l'intervention urgente de l'armée pour les protéger de bandes qui se livraient vendredi soir à des pillages et des destructions en dépit du couvre-feu. L'armée a mis à la disposition des citoyens un numéro d'appel pour lui signaler ces attaques, alors que des hélicoptères diffusaient des appels au calme par haut-parleur, et demandaient aux habitants de rester chez eux.

 

La télévision publique a indiqué que l'hôpital Charles Nicolle, à Tunis, était en train d'être attaqué par des assaillants, ajoutant que des unités de l'armée faisaient mouvement dans sa direction pour le protéger. De nombreux témoins imputent l'essentiel de ces violences à des miliciens du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), mécontents de la fuite de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali et voulant déstabiliser le pays, selon eux. Ces individus cagoulés se déplacent en bandes, certains armés de gourdins et de sabres, dans l'intention manifeste de semer la terreur, selon ces témoins.

 

Renforts

 

Face à cette situation, le président par intérim Mohammed Ghannouchi est intervenu par téléphone sur deux chaînes de télévision pour indiquer que des renforts de l'armée seraient déployés rapidement pour sécuriser les quartiers et protéger la population. Plusieurs faubourgs du sud et de l'ouest de la capitale étaient touchés par ces violences selon les appels reçus par les chaînes de télévision.

 

En province, des violences ont été signalées dans des villes du nord (Bizerte) du centre (Kairouan) et du sud (Gafsa), dont les habitants ont décrit un état d'insécurité, une population terrorisée et des saccages perpétrés par des individus camouflés en l'absence des forces de sécurité. «On les reconnaît bien, ce sont des gens du parti (RCD), ils circulent en voiture, sont organisés, ils cassent et sèment la panique sur leur passage», a indiqué Ali, un habitant de Kairouan. La police a déserté la ville et l'armée tirait en l'air pour tenter de disperser ces pillards, alors que les habitants se mobilisaient pour se défendre, a ajouté ce témoin.

 

Leur presse (Le Point.fr), 15 janvier 2011 - 01h39.

 

 

 

La fuite chaotique de Ben Ali

 

Le chef d'État tunisien, qui a quitté son pays vendredi en fin d'après-midi, a atterri à Djeddah, en Arabie saoudite, dans la nuit de vendredi à samedi.

 

Le président Ben Ali, en fuite, a finalement atterri à Djeddah en Arabie saoudite. Cette annonce fait suite à un énorme imbroglio autour de la destination de Zine el-Abidine Ben Ali. Peu de temps auparavant, on annonçait qu'un avion, supposé être celui du président tunisien, faisait escale à Cagliari en Sardaigne pour faire le plein de kérosène. Mais, coup de théâtre, selon des sources gouvernementales italiennes, Ben Ali n'était pas à bord.

 

Par ailleurs, selon une confidence au Point.fr d'une source diplomatique qatarie, le président tunisien se serait vu refuser l'accès au sol du Qatar, dont l'émir aurait déclaré «se situer du côté du peuple tunisien». Plus tôt dans la soirée, la France avait également refusé d'héberger le dirigeant. La France «ne souhaite pas» la venue sur son sol de Ben Ali, a-t-on indiqué, vendredi soir, de source proche du gouvernement, expliquant notamment cette position par le risque de mécontenter la communauté tunisienne dans l'Hexagone. «On ne souhaite pas sa venue, c'est le Quai d'Orsay qui le dit», a indiqué cette source.

 

Le président Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté, vendredi, la Tunisie aux alentours de 17h40, après une contestation sans précédent de son régime qui a été réprimée dans le sang. 

 

Leur presse (Le Point.fr), 15 janvier.


 

18h25 — Ben Ali quitte la Tunisie et les militaires prennent le pouvoir. Ben Ali a quitté le pouvoir et le pays, selon Al Jazeera qui ajoute que les militaires annoncent la prise de pouvoir dans quelques minutes. Fouad Mebazaa, président de la chambre des représentants depuis 1997, pourrait annoncer qu'il a pris le pouvoir.

 

Leur presse (FTV), 14 janvier.

 

 

Un char sur l’avenue Mohamed V à Tunis,

après la dispersion de la manifestation le 14 janvier

 

 

État d'urgence décrété dans tout le pays

 

Le gouvernement tunisien a décrété vendredi l'état d'urgence dans l'ensemble du pays.

 

Un couvre-feu a été imposé de 17h00 à 7h00 avec l'interdiction de rassemblements sur la voie publique et l'autorisation donnée à l'armée et à la police de tirer sur tout "suspect" refusant d'obéir aux ordres. 

 

L'armée a pris vendredi en fin d'après-midi le contrôle l'aéroport international de Tunis Carthage.

 

L'espace aérien a été fermé, a indiqué à l'AFP une source aéroportuaire. 

 

De violents heurts se sont produits vendredi à Tunis entre des policiers anti-émeutes et des manifestants venus réclamer le départ de Ben Ali. 

 

 

 

Le Premier ministre, Mohammed Ghannouchi a annoncé vendredi le limogeage du gouvernement et la tenue d'élections législatives dans les six mois. Après environ un mois d'émeutes, les manifestants demandent toujours le départ immédiat du chef de l'État même s'il s'est engagé jeudi soir à ne pas se représenter en 2014. 

 

Des chars de l'armée se sont postés face au ministère de l'Intérieur à Tunis, et la police a dispersé avec des grenades de gaz lacrymogènes les milliers de manifestants. 

 

"Soulèvement continu, non à Ben Ali", criaient les manifestants à Tunis vendredi. Ils ont pu défiler devant le ministère de l'Intérieur, protégé par la police. Cette dernière a fini par intervenir lorsqu'un important groupe de manifestants a tenté de se joindre avec les protestataires qui étaient massés devant le ministère de l'Intérieur depuis plusieurs heures.

 

Cette annonce n'a pas calmé les affrontements. Treize civils ont été tués par des tirs des forces de l'ordre jeudi soir à Tunis et sa banlieue après le discours du président tunisien, ont indiqué vendredi à l'AFP des sources médicales. 

 

"Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur", "hommage au sang des martyrs" ou encore "non, aux Trabelsi (ndlr: la belle-famille du président) qui ont pillé le pays", scandaient les manifestants à Tunis. La police n'est pas intervenue contre eux. Elle les a bloqués un moment au milieu du l'avenue Bourguiba, avant de les laisser passer devant le ministère protégé par un important cordon de policiers. Des guetteurs filmaient la marche depuis le toit. Des avocats en robe noire figuraient parmi les manifestants. 

 

À Sidi Bouzid (sud-ouest) d'où est parti, il y a un mois, le mouvement de contestation, quelque 1.500 personnes se sont rassemblées au cri de "Ben Ali dehors", selon un correspondant de l'AFP. "Ben Ali dehors", ont aussi scandé les manifestants à Kairouan (centre) ou Gafsa (sud-ouest). (…)

 

Leur presse (FTV), 14 janvier - 17h52.

 


Publié dans Internationalisme

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