De la manif antirépression à Freiburg - 5 mars

Publié le par la Rédaction

 

Le samedi 5 mars dernier, nous étions quelques camarades français à rejoindre la manif antirépression à Freiburg dont nous pouvons retenir, une fois encore, la justesse et l'efficacité collective de l'auto-organisation de nos camarades d'outre-Rhin.

 

 

Pour un rapide rappel des faits : le jeudi 24 février dernier, la police anti-émeute ainsi que nombreux flics en civil (une cinquantaine en tout) ont opéré à une grande razzia en pleine journée sur le lieu autogéré et libertaire de la GartenStrasse.19. Il n'y a pas eu d'arrestation, mais ils ont fait sauté les serrures, défoncés les portes et fait pas mal de remue-ménage. À l'intérieur du lieu au moment de l'attaque répressive, ils n'étaient qu'une petite poignée. La justification policière de cette razzia tient à une réplique répressive suite à de nombreuses actions incendiaires anti-flics et anti-consommation ces derniers temps à Freiburg : plusieurs voitures de police ont brûlé et de nombreuses vitrines de magasins de luxe et bourgeois ont été brisées, saccagées, taguées. Les flics, sous prétexte d'avoir trouvé dans un garage de la Garten un petit bidon d'essence, mettent ces actions sur le compte des camarades du lieu et augmentent la pression pour le faire fermer.

 

 

En riposte à cette nouvelle attaque de répression d'État, alors que les camarades ont déjà réinvesti le lieu et fait sauter les serrures policières, un appel a été lancé pour une manif antirépression le samedi de la semaine suivante, le 5 mars. Le pari était osé, à peine une semaine d'intervalle, le mot a tourné comme il a pu. D'autre part, c'était le quitte ou double : où la police n'admet pas cette reprise d'initiative et réprime frontalement la manif, ou bien ils laissent faire.

 

Samedi 5 mars, Bertoldsbrunnen Platz, 16h, nous sommes un peu plus de 200 à nous rassembler. Il y a des kamarad de Stuttgart, Karlsruhe, Offenburg… La manif est sauvage, bien sûr, et a choisi de défiler en plein centre-ville en plein week-end de carnaval et de marchés. Beaucoup de monde dans les rues.

 

À nouveau donc, nous avons pu tirer leçon de la formidable auto-organisation tactique et matérielle allemande : des petits bandeaux tournent entre tous, qui dit qu'en cas d'attaque et répression policière on se retrouve à l'arrière d'une église pour repartir en manif sauvage et les prendre de court ; des cartes d'action sont distribuées avec le parcours choisi par les kamarad de Freiburg et les points de chute ; une petite charrette de matos sono pour cracher du gros son anar et révolutionnaire et faire des speech au micro, ainsi que balancer des montages-discours anticapitalistes pré-enregistrés ; des fumigènes ; une «brigade» anti-civils qui pointent par des cartons-flèches les flics en civil ; les classiques grandes banderoles pour une formation en Bloc ; etc.

 

De sorte que si 200 est peu en terme de manif sauvage antirep, cela reste un succès si l'on considère que le mot a tourné à peine cinq jours, et que même à 200 les initiatives font que le cortège reste offensif et efficace.

 

Durant toute la manif, le Block est très vigilant et aux aguets, autant que festif et solidaire, paré à toute éventualité. Mais les flics feront le choix de ne pas intervenir, et même de ne pas se montrer du tout. Seuls trois flics à l'avant ouvrent le passage en s'adaptant à notre parcours, et dévient les voitures, et une caisse de flics viendra ensuite à l'arrière. Quelques civils vite repérés, mais aucune présence militarisée : en cela, l'initiative anti-répression est un succès politique.

 

Nous défilons en plein milieu des marchés et activités de Carnaval (sacré en allemagne), bloquant les trams ; puis nous allons devant le Rathaus (hôtel de ville) qui a donné l'ordre de la razzia, avant de retourner devant la GartenStrasse, nous passons des quartiers piétons aux gros carrefours, puis nous retournons vers le «triangle autogéré» de la BelfortStrasse (avec bars, kiosques, boutiques et squats libertaires autogérés) en passant sur les plus grosses avenues de la ville que nous bloquons sur toute la largeur. Un petit compte à rebours et nous courons aux cris de Anticapitalista sur quelques dizaines de mètres sur la chaussée ; sur les dernières grosses avenues que nous bloquons de gros quarts d'heure, causant des bouchons, des fumigènes sont claqués. Aucune présence policière, un sans faute. La manif aura duré un peu plus de deux heures.

 

Puis retour au squat KTS (Kill The System) pour le concert de solidarité SoliParty, où nous sommes tenus au courant des dernières activités : les camarades de Freiburg se sont réappropriés sauvagement dernièrement 8 hectares de terrain abandonné et construisent depuis plusieurs semaines un véritable village autogestionnaire avec caravanes, agriculture alternative, etc. Cela complète les actions du Kommando Rhino, qui est pareillement un lieu-village autogéré établi dans le quartier Vauban.

 

 

Antirepressions-Demonstration in Freiburg

 

Pour info :

Samedi 26 mars, manif antifa à Mannheim. 
Samedi 21 mai, grosse manif antirépression et antiflics à Heidelberg (suite à l'affaire Simmon et des agents infiltrés dans les milieux autonomes et libertaires).

 

Uhr dir Internationale Solidarität !

Sozial Krieg !

 

guitoto - 11 mars 2011.

 


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anonyme 13/03/2011 21:09



Le KTS n'est pas un squat. C'est un lieu d'activités politiques conventionné / légalisé, donc c'est pas un squat. Mais c'est pas grave de ne pas être un squat, hein, t'inquiète.