Dans les centres de rétention en Italie

Publié le par la Rédaction

 

Pour information, lundi soir quelques personnes sont allées à l’Institut culturel italien de  Paris où se tenait une soirée autour dun livre et ont informé les participant/es à cette soirée sur la situation de Joy, notamment en y diffusant le tract dont je vous reproduis le texte ci-dessous. 
Par ailleurs, sachant que maintenant que Joy et Hellen ont été auditionnées par  le juge, elles sont de nouveau expulsables et que le renouvellement de leur rétention pour 2 mois risque davoir lieu autour du 11 juin, ne serait-il pas possible de réorganiser une campagne dinterpellation de l’État italien par fax et mail pour demander leur libération ? Cela avait été fait en avril dernier mais lappel venait dindividus et portait donc beaucoup moins que sil était venu dassociations ou autres réseaux plus «reconnus».  
Texte distribué à l’Institut culturel italien lundi soir :

 

DANS LES CENTRES DE RÉTENTION EN ITALIE LA POLICE VIOLE ET TORTURE IMPUNÉMENT

 

En juin 2009, Joy, une jeune Nigériane qui vit en Italie et qui est victime dun réseau de prostitution est interpellée lors dun contrôle au faciès alors quelle va faire ses courses. Elle est emprisonnée au centre de rétention de via Corelli à Milan, une prison pour sans-papiers. Une nuit, Joy emporte son matelas hors de sa cellule : elle préfère dormir dans le couloir où il fait plus frais. Durant la nuit, elle se réveille en sursaut : sur son corps, les mains de Vittorio Addesso, inspecteur en chef du centre, qui sest couché sur elle. Joy le repousse avec détermination, dautres femmes la soutiennent.

 

Quelques jours plus tard, dans ce centre de rétention de Milan, éclate une révolte contre lallongement de la durée de rétention à 6 mois. Joy et les autres femmes qui lavaient aidée sont brutalement frappées, nues, par linspecteur Addesso et ses collègues, et arrêtées : de claires représailles de la part de ceux qui mettent en acte des chantages sexuels et des harcèlements et qui nacceptent pas un refus.

 

Durant les audiences du procès de la révolte, Joy dénonce la tentative de viol quelle a subi de la part de linspecteur. Hellen, sa compagne de chambre, confirme ce qui sest passé, devenant son témoin. La Croix Rouge, représentée par le responsable Massimo Chiodini, couvre Vittorio Addesso.

 

La «justice» italienne dénonce les deux femmes pour calomnie. Avec leurs co-inculpés, elles sont condamnées à 6 mois de prison pour la révolte. Leur peine terminée, elles sont ramenées dans des centres de rétention où elles se trouvent enfermées encore aujourdhui en attendant dêtre déportées au Nigeria.

 

Demain, mardi 8 juin, se tiendra à Milan une audience durant laquelle Joy et Hellen se trouveront face à Vittorio Addesso. Avec Joy et Hellen, il y aura toutes celles et ceux qui dans les centres de rétention subissent quotidiennement enfermement, contrôle, intimidations et violences. Derrière Vittorio Addesso, il y aura toute la hiérarchie des geôliers jusquau ministère de l’Intérieur et à l’État qui gère et contrôle ces camps. Un État qui, à travers la personne dun de ses serviteurs, se trouvera pour la énième fois du côté des accusés dans une salle de tribunal de laquelle, très certainement, il sortira acquitté.

 

Aujourdhui ce nest pas du tribunal que nous nous attendons à une rupture avec ce solide mécanisme de violences et de chantages qui se vit au quotidien à lintérieur des murs de chaque centre de rétention mais de limplication de chacun et chacune pour la fermeture de ces camps.

 

LIBERTÉ POUR JOY, HELLEN ET LES AUTRES !
FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION EN ITALIE COMME AILLEURS !
LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D
INSTALLATION POUR TOUS !

 

Liste de diffusion Migreurop, 9 juin 2010.

 

 

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Mobilisations contre le CIE de Rome

 

Hier au centre de détention de Rome, Ponte Galiera, deux garçons algériens ont essayé de se pendre parce qu’ils risquent l’expulsion aujourd’hui.

 

Dans les derniers jours beaucoup ont été transférés depuis d’autres camps à celui de Rome en vue de leur expulsion. Hier aussi trois femmes du Nigeria ont été transférées du CIE de Modène à celui de Rome.

 

Un des deux Algériens a été transféré d’urgence à lhôpital avec une ambulance, lautre a été vu avec un drap au cou pendant quon le transporté à linfirmerie en très mauvaises conditions. De lintérieur ils disent quils craignaient le pire.

 

Les migrants enfermés disent quil y a aussi quelquun dont le pied a été écrasé. Il sest cassé la jambe pendant une tentative dévasion et personne ne sest intéressé à lui. En plus aujourdhui une personne a dû amener un autre migrant enfermé sur les épaules jusquà linfirmerie sinon il aurait été abandonné à lui-même.

 

Dans laprès-midi au centre de rétention Ponte Galiera sont arrivées quatre patrouilles : les gardes président le CIE et le surveillant de près au moins jusquà demain matin. La tension est très haute : la vie à Ponte Galiera est pire que lesclavage.

 

Les militants de Rome invitent à appeler le téléphone du CIE Ponte Galiera di Roma +33 (0)6 65854224 pour avoir info sur les conditions de santé des deux Algériens ! 
Pour écouter le récit des migrants enfermés au CIE de Ponte Galiera.

 

Traduit de l’italien - Liste de diffusion Migreurop, 9 juin.

 


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