Dans le Vaucluse, des classes vides pour une classe en lutte

Publié le par la Rédaction

Le mouvement lycéen continue sur sa lancée sur Avignon et dans le Vaucluse, quelques informations, forcément partielles (l'ampleur du mouvement, sa spontanéité, les rumeurs, etc. rendent difficile la rédaction d'un CR complet : les journaleux locaux résolvent le problème en racontant n'importe quoi) :

 

 

AVIGNON :

 

À l'intérieur des remparts, la quasi-totalité des lycées ont été sujets à des blocages ou à des mouvements.

 

Aubanel était bloqué, suite au vote de la veille, la rue était jonchée de barricades. Quelques «incidents» auraient eu lieu, avec notamment des jets de fumigènes, etc. On sent une grosse détermination, une fermeté qui pour ce lycée-là se passe d'organisations «jeunes» type UNL. Présence policière plus accrue dès le milieu de la journée, probablement due aux soubresauts de la matinée. Une manifestation sauvage est partie du lycée, rassemblant 200 à 300 lycéens, manif qui a rejoint le lycée Mistral, après un crochet (rapide) par St-Jean-Baptiste-de-la-Salle (si, si, ça existe).

 

 

Mistral massivement perturbé, même si là-bas le blocage total n'existe pas (les lycéens qui le souhaitent peuvent rentrer, ainsi que les collégiens et les prépas). La barricade, les tracts et pancartes ont été remis en place après le «nettoyage» effectué la veille. Pas mal de lycéens rassemblés devant le bahut (entre 150 et 200, à vue d'œil), brièvement rejoints par les lycéens d'Aubanel et de La Salle, ces derniers ayant la bougeotte. Comme hier, le piquet est clairement tenu par l'UNL, le discours est donc sensiblement moins radical qu'à Aubanel.

 

Saint-Joseph bloqué pour la deuxième fois en une semaine (ce qui est hautement improbable, étant donné le «public» de ce lycée privé), un tout petit groupe de motivés, qu'on sent volontaire. Certains auraient même tendance à reprendre à leur compte un discours «de classe», ce qui est plutôt amusant, et finalement intéressant.

 

St-Vincent-de-Paul était fermé par l'administration, suite aux événements de la veille. Aujourd'hui, à peu près les mêmes «attractions"», mais la BAC, la DCRI et la municipale étaient apparemment présents (à confirmer). Jets d'extincteur, de fumigènes, feux, etc.

 

St-Jean-Baptiste-de-la-Salle a eu droit à sa tentative de blocage, mais l'établissement (qui va de la maternelle au lycée) fonctionnait normalement, même si quelques élèves ont rejoint leurs camarades d'Aubanel.

 

Aucune nouvelle du Lycée Pasteur.

 

À l'extérieur, ça bouge sensiblement, avec l'entrée dans le mouvement d'un gros gros «double-lycée», qui à ma connaissance n'a été que très rarement bloqué totalement (recensé comme tel par le rectorat).

 

Philippe de Girard et Schumann (deux lycées sur un même «campus») ont été bloqués totalement, une poubelle brûlée, quelques jets de pierre… délégation vers le centre d'Avignon pour l'AG à la fac.

 

 

Pas de nouvelles de Maria Casarès.

 

S'agissant de l'Université, une AG «ouverte» s'est tenue sur la pelouse devant la fac, CGT et FSU (de la fac) ont boycotté, tandis que SUD soutenait. À peu près 200 personnes au plus fort du rassemblement. Beaucoup de lycéens, des cheminots (CGT), des salariés de France Télécom (CGT), des impôts (FO), des profs (SUD, FSU)… mais finalement trop peu d'étudiants (peut-être une soixantaine au total). L'AG aura surtout permis de montrer aux lycéens qu'ils ne sont pas seuls, et d'amener la lutte devant les yeux — myopes — des étudiants-diants-diants. Tractage ridicule de l'UNI/MéT/UMP/Jeunesse Identitaire (on sait plus trop, faudrait qu'ils nous disent) parlant d'un blocage en préparation (???), dans un style «Je suis partout» de toute beauté. Certains personnels étaient en grève : un piquet — distinct de l'AG — se tenait devant le vieux bâtiment. Interventions dans deux cours de Lettres, bon accueil, mais aucune implication…

 

 

CARPENTRAS :

 

Les trois lycées étaient bloqués, pas plus d'infos.

 

 

L'ISLE-sur-SORGUE :

 

Lycée bloqué, tractage à 8h de la part des enseignants, avec AG enseignante à la clé. Apparemment, une solidarité est mise en place entre profs et lycéens.

 

 

ORANGE :

 

Blocage d'après AFP, pas plus d'infos.

 

 

VILLENEUVE :

 

Jean Vilar bloqué depuis hier, dixit une lycéenne interviewée par Avignews (version locale «web», «djeuns» et gratuite du Daubé…), vote à 84% pour la poursuite du mouvement. Une délégation de 50 élèves est venue à Avignon vers la mi-journée, perturbant la circulation sur la rue de la République (principale rue intra-muros). Des profs solidaires.

 

 

Pour demain :

 

Impossible de prédire l'ampleur du mouvement, même si jusque là il n'y a pas eu de baisse. Mistral suspendrait le blocage pour l'élection des représentants CVL/Parents d'élèves. Action à 7h à la cité Administrative.

 

 

14 octobre 2010.

 

 

Publié dans Colère ouvrière

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KEM 14/10/2010 22:42



Pour celui qui a posté le com' sur Carpentras : pour ton pseudo, je me pose vaguement une question : on se connaît ? Rapport avec la B5B ?



blondart6 14/10/2010 21:02







Une des bites de la bête 14/10/2010 18:42



J'ai participé au blocage du lycée victor hugo de carpentras, je fais un bref compte rendu de la journée. Blocus du lycée dès 6h30.


A partir de 8h, Certains élèves et profs essaient de rentrer, de forcer les barrages, en abusant souvent de force, comme l'une des lycéennes qui a été griffée et les cheveux tirées. Jusqu' 11h le
blocus tient bon, malgré les enturlupes de la part des administration et des personnes voulant rentré. Finalement tout ce calm, on tient le blocus jusqu'à 16h


Une AG est faite pour organiser les jours qui suivent.