Contamination nucléaire en France : Des traces minimes de vérité détectées dans le panache des mensonges officiels

Publié le par la Rédaction

Radioactivité : quels risques pour notre santé ?

 

Alors que le nuage radioactif rejeté par les réacteurs de la centrale en perdition de Fukushima a fait le tour du globe, quels sont les risques en France ? Quels comportements adopter ?

 

 

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, chaque citoyen du monde a pu suivre sur internet ou à la télévision la progression spectaculaire du nuage radioactif émis par les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire japonaise Fukushima-Daiichi. Un nuage qui a fait le tour de l'hémisphère nord et a impacté la France dont le gouvernement a, dès le départ, pris le contre-pied de l'attitude de déni en vigueur jadis pour Tchernobyl. Avec un leitmotiv : informer les Français et les rassurer quant aux risques réels des retombées radioactives. Avec d'un côté l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ; et de l'autre la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), l'information délivrée quotidiennement permet de répondre aux nombreuses questions que l'on se pose. La Criirad a ainsi reçu plus d'un millier de demandes…

 

Depuis le 24 mars, l'IRSN a mis en place un plan renforcé de surveillance environnementale radiologique de l'impact des rejets. De l'iode 131 a ainsi été mesurée en Tarn-et-Garonne mardi ; de l'iode 135 a été repérée près de Lourdes. La surveillance en temps réel de la radioactivité ambiante via les 170 sondes du réseau Téléray, ou par des prélèvements d'échantillons (aérosols, herbe, lait, légumes, eau…) a permis d'établir les concentrations en iode 131, césium 134 et 137 qui sont «conformes aux prévisions».

 

«Les concentrations en radionucléides artificiels mesurées en France dans les différents milieux surveillés sont très faibles : entre quelques dixièmes de millibecquerels et quelques millibecquerels d'iode 131 par mètre cube d'air», explique l'IRSN, qui assure que ces niveaux de concentrations «ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée». Toutefois, des précautions peuvent être prises pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes.

 

Reste que le dispositif de surveillance renforcé — des contrôles sont en cours dans les stations de traitement de l'eau potable — sera en place encore longtemps, l'autorité de sûreté nucléaire japonaise (NISA) estimant que les rejets continueraient pendant plusieurs semaines…

 

 

Accumulation avec Tchernobyl

 

L'accumulation des retombées radioactives issues de Fukushima à celles de Tchernobyl est une évidence, particulièrement en ce qui concerne le césium 137, dont la durée de vie est de quelque 30 années. Peu mobile, il s'enfonce lentement dans le sol et il voyage aisément à travers la chaîne alimentaire tout en continuant à émettre ses rayonnements. Cependant, les récentes études ont montré que le niveau de césium était revenu à celui d'avant Tchernobyl.


Le chiffre : 1000 fois moins > que pour Tchernobyl. L'accumulation qui sera mesurée dans les mois à venir montrera que la radioactivité sera 1000 ou 10'000 fois plus basse que celle de Tchernobyl.
«Nous avons réalisé des mesures dans l'air et on trouve très peu de radiations. Maintenant, il faut s'attendre à une accumulation.» Roland Desbordes, président de la Criirad, Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité.

 

Les réponses aux questions que vous vous posez

Le risque d'irradiation par les masses d'air contaminé est négligeable. - VRAI. Les différentes mesures réalisées par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ou par la Criirad ont validé les hypothèses. Selon les âges, la quantité incorporée en respirant varie entre 4 Bq (enfant en bas âge) et 23 Bq (adultes). Ce qui correspond à des doses de rayonnement inférieures à 0,4 µSv, soit quelques pour cent du seuil de 10 µSv/an à partir duquel la réglementation européenne considère que les niveaux de risque ne sont plus négligeables et qu'il convient d'examiner les moyens de diminuer les expositions. Ces valeurs représentent une fraction encore plus faible de la limite de dose de 1 mSv/an (inférieure à 0,02 %).

 

On doit rester chez soi pour se protéger. - FAUX. Rentrer chez soi pour se protéger de ces très faibles niveaux de contamination n'est ni justifié ni utile. Dès lors qu'une contamination atmosphérique se prolonge sur plusieurs jours, a fortiori sur plusieurs semaines, le confinement n'est pas une réponse appropriée. Il est même déconseillé de se confiner chez soi. Le risque radiologique est négligeable, bien inférieur aux problèmes posés par l'accumulation d'air vicié.

 

Consommer de l'eau est dangereux. - FAUX mais… Les gouttelettes d'eau présentes dans les nuages et les gouttes de pluie tombant au sol peuvent capter une partie des radionucléides en suspension dans l'air. Les niveaux de concentration attendus et observés dans l'eau de pluie sont sans risques pour les différents usages de l'eau recueillie en citerne (arrosage, alimentation…). Concernant les eaux de surface (rivières, fleuves, lacs…), les concentrations seront encore beaucoup plus faibles que celles des eaux de pluie en raison de l'effet de la dilution, estime l'IRSN. En revanche, note la Criirad, si l'eau recueillie doit servir de source principale d'alimentation sur 15 jours ou 3 semaines, la dose reçue pourrait atteindre, voire dépasser le seuil à partir duquel le risque n'est plus considéré comme négligeable (10 µSv/an), en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. Il s'agit de niveaux de risque très faibles mais qu'il vaut mieux éviter. Si vous ne pouvez pas éviter d'utiliser l'eau récoltée sur votre toit pour l'arrosage de votre jardin potager, veillez à arroser la terre et non pas les feuilles des légumes, précise la Criirad. Pas de problème pour consommer l'eau de distribution qui fait l'objet de contrôles poussés.

 

Lait, légumes, viande, poissons peuvent être consommés sans risques. - VRAI mais… Il y a deux catégories d'aliments à risque, note la Criirad : ceux qui sont contaminés par dépôt direct et ceux qui sont contaminés par transfert (lait et viande). Les végétaux à larges feuilles type salades, blettes, épinards, choux… font partie des aliments les plus exposés (sauf s'ils sont cultivés sous serre). L'activité en iode 131 de ces végétaux devrait atteindre quelques becquerels par kilogramme, voire quelques dizaines de Bq/kg. Le lait, les fromages frais et la viande provenant de troupeaux encore en stabulation ne posent pas problème, estime la Criirad, qui note toutefois que lorsque les animaux ingèrent des particules radioactives, une partie est éliminée, mais une partie se fixe dans leurs organes. L'iode radioactif se concentre dans la thyroïde mais il est également fixé par les glandes mammaires et transféré au lait, indique la Criirad. Mais, compte tenu du délai entre l'abattage des animaux et la consommation, l'iode 131 ne devrait pas être mesurable dans les viandes consommées, assure l'IRSN, qui indique par ailleurs qu'en raison du stade végétatif actuellement très précoce des grandes cultures céréalières, fruitières et viticoles, ces productions devraient être épargnées par ces faibles retombées radioactives. Enfin, pour le poisson, les risques sont faibles. «Avec le temps de transfert des masses d'eau, la dispersion et la dilution des éléments dans l'océan, les concentrations radioactives devraient être très faibles dans les espèces marines situées à distance», explique Jean-Marc Peres, de l'IRSN.

 

Il faut changer son régime alimentaire. - FAUX Mais… Même si les expositions actuelles sont très faibles et les denrées ne seront pas significativement affectées, il est cependant facile de limiter les expositions à des niveaux négligeables en veillant à ce que les aliments à risque ne constituent pas, tout au long du mois d'avril, la base de l'alimentation de la famille, conseille la Criirad. On peut ainsi préférer pendant quelques semaines le lait «longue conservation» au lait frais, ne pas faire d'excès avec les fromages frais au lait de brebis, les blettes ou les épinards. Ceci concerne tout particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.

 

L'expert : «Tout l'hémisphère nord est touché»

 

La catastrophe de Fukushima a-t-elle des conséquences sur la radioactivité dans notre pays ?

 

Roland Desbordes, président de la CRIIRAD. Pour l'instant, nous relevons des valeurs très faibles. Ce qui, scientifiquement, est différent de zéro. Nous avons réalisé des mesures dans l'air et on trouve très peu de radiations. Maintenant, il faut s'attendre à une accumulation. Des dépôts liés à la pluie et des dépôts secs. Aussi, nous commençons à analyser la concentration de radiation dans les aliments, ce qui pousse en ce moment, les épinards, les salades… Et puis il y a l'herbe, donc on mesure ce qu'il y a dans le lait. Les niveaux restent très faibles et ne remettent pas en cause la consommation pour les adultes et les enfants.

 

L'État a décidé de faire contrôler la radioactivité des eaux potables, que faut-il en penser ?

 

C'est surtout l'eau de pluie qui est contaminée, or en général, dans notre pays, on ne boit pas l'eau de pluie, elle ne rentre pas dans le circuit d'eau potable qui est très réglementé. Il peut y avoir de rares exceptions, du ruissellement dans des lacs collinaires dont on se sert pour l'eau potable, des citernes dans certaines zones arides. Mais l'eau de pluie est peu recommandable, car elle ramasse toutes les pollutions atmosphériques. Vérifier la radioactivité des eaux potables n'est pas une mauvaise idée, on devrait d'ailleurs le faire plus souvent, c'est une obligation depuis 2004.

 

Que va-t-on trouver ?

 

On va trouver des traces de radioactivités en provenance de Fukushima. Dans les mois à venir, on trouvera une accumulation comme on en avait trouvé une au moment de Tchernobyl, seulement là, la radioactivité sera 1000 ou 10'000 fois plus basse que celle de Tchernobyl. Ce qui est remarquable, c'est que cette pollution se soit diffusée sur tout l'hémisphère nord. Pour Tchernobyl, on peut comprendre, des particules ont été éjectées à plus de 3000 mètres. Mais à Fukushima, c'était une explosion basse et je suis étonné de trouver des particules venant d'aussi loin !

 

Recueilli par Dominique Delpiroux
Leur presse (La Dépêche), 7 avril 2011.

 

 

Grand Sud : De la radioactivité décelée dans la région

 

À l'occasion des événements de la centrale nucléaire de Fukushima, la surveillance de la qualité de l'air ainsi que les analyses sur l'environnement ont été renforcées, notamment dans le Tarn-et-Garonne où, depuis 1989, le Conseil général du Tarn-et-Garonne, à travers son laboratoire vétérinaire départemental et par sa participation à la commission locale d'Information de la centrale de Golfech, s'est fortement investi dans l'observation des phénomènes radioactifs dans l'environnement.

 

Il s'est doté de moyens indépendants de surveillance, afin de rendre compte le plus justement possible, aux Tarn-et-Garonnais, de la présence ou non de radioactivité dans leur environnement. Cette surveillance repose sur trois balises atmosphériques, situées à Valence d'Agen, Montauban et Agen, donnant les mesures en iode, alpha, bêta et radon, ainsi que sur des prélèvements dans l'environnement (eaux, végétaux, produits agricoles…).

 

C'est dans ce cadre que les analyses d'hier, mardi 5 avril, ont révélé, pour la première fois depuis le début de la surveillance par le Conseil général de Tarn-et-Garonne, la présence d'iode 131.

 

Bien que les niveaux soient faibles dans l'air, voire très faibles dans l'eau, cette présence a été mise en évidence : d'une part sur la balise atmosphérique de Valence d'Agen pour la période du 25 au 30 mars 2011 (4,8 +/- 0,8 mBq/m3), et d'autre part dans l'eau de pluie de Montauban pour la période du 27 au 31 mars (0,7 +/- 0, 4 Bq/l).

 

La réglementation en vigueur en France impose une protection particulière dès lors que l'exposition dépasse une dose d'1 millisievert par an.

 

Ainsi les doses analysées ce mardi 5 avril correspondraient, si on respirait cet air pendant un an, à une exposition mille fois inférieure.

 

Le Conseil général, au travers du Laboratoire Vétérinaire Départemental, renforce sa vigilance et tiendra informé la population de toute évolution de la radioactivité (www.cg82.fr).

 

De l'iode 135 dans les Hautes-Pyrénées

 

Par ailleurs, des prélèvements d'herbe et de lait effectués à Lourdes montrent une progression des quantités d'iode 131 due à Fukushima. Ces taux ne sont pas dangereux selon l'institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN). Des mesures ont également été effectuées dans l'Aude et le Lot-et-Garonne. Enfin dans l'Ariège, les champignons sont sous surveillance.

 

Leur presse (La Dépêche), 6 avril.

 

 

Hautes-Pyrénées - Radioactivité : de faibles traces

 

Des mesures effectuées dans le cadre du dispositif de surveillance ont révélé, à Lourdes, des traces d'iode 131 dans les végétaux et le lait. Mais les concentrations sont très faibles, révèle l'IRSN.

 

Que les Haut-Pyrénéens se rassurent. Le nuage radioactif venant du Japon sera sans impact pour leur santé. Dans le cadre des mesures de radioactivité qu'il effectue après l'accident de Fukushima, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pousse d'ailleurs loin la transparence et la précision. Allant jusqu'à faire état, dans son bulletin mis en ligne le 4 avril, de la présence de 3,6 becquerels par kilo de végétaux frais et 0,17Bq/l dans le lait. C'est ce que révèlent les mesures réalisées à Lourdes le 31 mars. (Contre < 0,65 pour les végétaux le 25 mars). Ajoutons que cette collecte des mesures, réalisée à l'échelon national, s'accompagne d'un commentaire indiquant que l'on retrouve, certes, des traces d'iode 131 dans l'eau, les végétaux et le lait, mais que «ces concentrations en radionucléides artificiels sont très faibles».

 

«10.000 fois plus faibles que Tchernobyl»

 

Responsable du service surveillance et environnement au sein de l'IRSN, Jean-Marc Perès rappelle que 8.000 Bq sont mesurables dans le corps humain. S'ajoute la radioactivité ambiante (dans l'air et dans le sol), représentant 30% de celle à laquelle on est exposés. 10% proviennent d'aliments, 30% d'inhalations et encore 30% relèvent des actes médicaux. «Pour un atome venant de Fukushima, on respire entre 10.000 et 100.000 atomes radioactifs autour de nous», résume cet expert. «Certes, il y a une contamination de l'air, mais quand elle arrive en Europe, elle est très diluée.» Quant au docteur Serge Chamoiseau, spécialiste de médecine nucléaire, il juge lui aussi l'impact biologique «négligeable ou dérisoire» (ci-dessous).

 

On apprend également que le niveau de radioactivité varie selon les régions. Au niveau naturel, il est moyen dans le Pyrénées, «le plus faible est enregistré dans le bassin parisien et le plus élevé dans le Massif central».

 

Selon ce spécialiste, il y a fort à à parier que d'ici quinze jours, les mesures ne seront plus les mêmes. Ces rejets sont bien moindres que ceux de Tchernobyl, «10.000 fois plus faibles». Des gens anxieux ou qui ont de la famille au Japon appellent l'IRSN, qui informe puis rassure la population.

 

Docteur Chamoiseau : «Pas d'impact thyroïdien»
«Que pèsent 3Bq face à 8.000 Bq mesurables naturellement dans le corps humain, ou face aux milliards de milliards de milliards de noyaux d'atomes d'oxygène et d'hydrogène contenus dans toute l'eau du corps d'un être humain ?», interroge le docteur Serge Chamoiseau, spécialiste de médecine nucléaire. Et d'ajouter : «Il ne saurait y avoir, en l'état et au vu de ces résultats, d'impact sanitaire quelconque et notamment thyroïdien, du fait de la présence de 3Bq d'iode 131 par kilo de végétaux, à Lourdes notamment.» Ce médecin insiste que le fait qu'il est «totalement inutile, à ces niveaux de contaminations dérisoires (et qui baissent spontanément de moitié tous les 8 jours), de prendre de l'iode en comprimés ou en gélules. Et d'ailleurs, en l'état, les pouvoirs publics ne le préconisent pas.» Par ailleurs, le docteur Chamoiseau se dit «très favorablement impressionné par l'extrême sensibilité de ces appareils pour des niveaux de contamination extrêmement faibles eu égard à la radioactivité ambiante et naturelle».
Leur presse (Josiane Battoue,
La Dépêche), 6 avril.

 

 

Ariège : Pas de champignons radioactifs

 

Depuis Tchernobyl, des contrôles permanents sont effectués par les services de l'État et les laboratoires agréés par l'IRSN. En Ariège, Les champignons sont surveillés.

 

La crise nucléaire japonaise incite à la prudence, c'est pourquoi des échantillons de produits naturels sont testés régulièrement pour vérifier qu'ils sont consommables en toute sécurité. Notre département a sa spécificité en Midi-Pyrénées : ce sont les champignons qui sont vérifiés. Imaginez des champignons «nucléarisés» ! L'image a de quoi faire frémir les chercheurs de morilles qui sont actuellement sur les dents : les délicieux cryptogames pointent en effet le bout de leur chapeau en ce moment. Rassurez-vous : des services veillent sur notre santé. La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations dirigée par Véronique Castro est responsable d'un dispositif de contrôle permanent depuis 1986, année de Tchernobyl : «Les instructions nationales viennent de la Direction générale de la concurrence, consommation et répression des fraudes (DGCCRF) ; chaque région a un plan qui est décliné ensuite par département.» En Provence-Côte d'Azur on va tester le thym et la lavande capable d'absorber beaucoup de nucléides. Mais nous, en Ariège, ce sont les champignons qui sont dans le collimateur, et cela toute l'année. Les échantillons partent dans des laboratoires spécifiques agréés par l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Les résultats actuels sont négatifs.

 

«En revanche, il y a maintenant des contrôles renforcés pour tous les produits qui sont importés du Japon, précise Véronique Castro. En Midi-Pyrénées les douanes sont mobilisées. Les douaniers ont pour tâche de vérifier les certificats de non-radioactivité de chaque produit importé du Japon. Mais ici, en Ariège, peu de produits arrivent jusqu'à nous ; il n'y a pas de magasins spécifiques. Et il n'y pas eu d'alertes des douaniers qui sont chargés de nous signaler les importations.»

 

Récemment les services départementaux de la répression des fraudes, sous la responsabilité de Véronique Castro, ont effectué des prélèvements de céleri, autre grand consommateur de radioactivité comme les épinards. Il s'agit de rechercher des traces de césium 137. Le résultat d'analyse est négatif. Même chose avec le lait. Ce sont les services vétérinaires qui s'en chargent et l'on prélève directement au sortir du pis de la vache, pour être sûr que l'herbe ingérée n'a pas été contaminée. «Les contrôles en la matière sont importants, mais pour l'instant rien d'anormal.» Donc, on pourra aller aux champignons.

 

Leur presse (Jean Martinet,
La Dépêche), 6 avril.

 

 

Pourquoi le puy de Dôme est impacté par le nuage nucléaire de Fukushima

 

Avec deux prélèvements révélant des traces d'iode 131, le puy de Dôme et ses environs figurent régulièrement dans les zones touchées par les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Explications.

 

Le puy de Dôme est-il radioactif ? Alors que le célèbre volcan et ses abords immédiats (Laschamps) sont apparus deux fois en dix jours dans les communiqués d’associations relevant l’impact du nuage nucléaire de Fukushima sur nos verts pâturages, la question peut se poser.

 

Le 27 mars, c’est dans une prairie, à Laschamps, au pied du Puy de Dôme que l’Association pour le contrôle radioactivité dans l’ouest (ACRO) a relevé la présence d’iode 131. Selon son communiqué, publié lundi (voir notre article), «l’herbe était faiblement contaminée», ce qui a suscité quelque émoi dans la localité.

 

«Les habitants sont un peu inquiets, soulignait, hier, le maire de Saint-Genès-Champanelle, Roger Gardes. Mais il faudrait des taux des centaines de fois supérieurs à ceux constatés pour que le seuil d’alerte soit mis en œuvre. Il n’y a aucune raison de montrer Laschamps du doigt.»

 

L’ACRO, implantée à Caen, le confirme bien volontiers. Pour effectuer les mesures qui ont mis Laschamps au centre de l’attention, l’association s’est appuyée sur les bénévoles de Greenpeace France.

 

Par hasard

 

Or, d’après son coordinateur clermontois, Philippe Flasquel, le village a été choisi «complètement par hasard» par les ressortissants de Greenpeace à Clermont. «Il fallait que ça soit un endroit isolé, pas entouré d’arbres», explique-t-il. Une description, assez vague, à laquelle ce hameau a eu le malheur de correspondre. La mesure serait passée inaperçue, si le 24 mars, des traces d’iode 131 n’avaient pas été relevées sur le sommet, tout proche, du puy de Dôme.

 

Encore le hasard ? Presque : la géographie et la météo. Le détecteur qui a relevé la présence de 0.012 mBq/m3 d’iode 131, le 24 mars dernier, était placé en haut du puy de Dôme, «pour étudier les masses d’air en altitude». Le capteur étant l’un des plus élevés de France, il a été le premier à signaler la présence d’iode 131 dans l’atmosphère.

 

«C’est en raison de l’altitude que c’est apparu là un jour plus tôt que partout ailleurs en France, explique Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Comme c’était pendant une période sèche, les dépôts sont descendus très lentement et ont été relevés d’abord en altitude. S’il avait plu, les résultats auraient été différents.»

 

Dans les semaines qui viennent, d’autres mesures de l’ACRO devraient être effectuées aux abords du sommet puydomois. Mais «non, non, non, il n’y a aucun risque sur le plan sanitaire, conclut Jean-Marc Perés (IRSN). Ce sont vraiment des traces. Et elles ne sont pas plus fortes en Auvergne qu’ailleurs.»

 

Leur presse (Sébastien Dubois,
La Montagne), 6 avril.

 

 

Yvelines : Des traces d’iode radioactif détectées dans l’herbe

Le drame de Fukushima a beau se dérouler à 15 000 km du département, ses effets sont mesurés jusqu’ici. Pour preuve, la découverte dans un champ de Vaux-sur-Seine de traces d’iode 131.

 

 

Pour ceux qui en doutaient, le nuage de Fukushima a bel et bien traversé la France. Des relevés effectués par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) ont permis de retrouver des traces de contamination à l’iode radioactif dans cinq villes de l’Hexagone. En Ile-de-France, seule la commune de Vaux-sur-Seine a été testée «positif».

 

De l’iode 131 a été détecté dans un pré situé sur les hauteurs de Vaux, près de la forêt de l’Hautil, à la suite d’un prélèvement effectué le 27 mars par un correspondant local de l’Acro.

 

Si l’herbe est bien radioactive, les quantités retrouvées (1,1 Bq/kg frais) correspondent au seuil minimal de détection. Elles sont sans danger pour l’homme et n’empêchent pas de consommer des fruits et légumes de son jardin. «Trouver ces dosages à 15'000 km des lieux de l’accident montre que les rejets au Japon ont été massifs. Mais chez nous, ces mesures sont pour l’instant faibles. Les habitants n’ont pas à s’inquiéter. Ils ne doivent pas bouleverser leur quotidien, précise David Boilley, président de l’Acro. Elles pourraient toutefois augmenter du fait de l’accumulation croissante des rejets.» Selon M. Boilley, la contamination par cet isotope relève sans aucun doute de l’accident nucléaire japonais.

 

Hier, à l’annonce de cette nouvelle, les riverains ne semblaient pas particulièrement angoissés. Annie a tondu sa pelouse, comme prévu. Son voisin Patrick a fait preuve d’un stoïcisme évident : «On ne peut rien y faire. Donc il est inutile de s’inquiéter», confie cet habitant des bords de Seine. Et Michèle, pharmacienne, a relativisé la présence d’iode dans sa commune : «Ça ne m’inquiète pas moins que Tchernobyl.» S’il est tout aussi serein, le maire (SE), Julien Crespo, a promis d’être vigilant, notamment sur une éventuelle contamination des nappes phréatiques.

 

Leur presse (Mehdi Gherdane,
Le Parisien), 6 avril.

 

 

De l'herbe faiblement contaminée en Alsace

 

Leur presse (Dernières Nouvelles d'Alsace), 5 avril.

 

 

Fukushima : de l’herbe «très faiblement contaminée» détectée à Caen

 

Basée à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro, cinq salariés) a trouvé de l’herbe «très faiblement contaminée» par le panache radioactif japonais dans cinq des dix-sept endroits en France où des prélèvements ont été effectués. Soit à quelque 15'000 km du lieu de l’accident nucléaire japonais.

 

Les seuils de détection de l’iode 131 étaient dépassés le 27 mars à Varces (Isère), Vaux-sur-Seine (Yvelines), Strasbourg (Bas-Rhin), Lashamps (Puy-de-Dôme) et le 31 mars, à Caen. Dans la capitale bas-normande, le prélèvement a été effectué près de la Colline aux oiseaux, un parc de promenade situé au nord de la ville. Dans les cinq lieux, les valeurs sont de quelque 1,1 Becquerel par kilo de produit frais d'iode 131, alors que le seuil limite pour la consommation est de 100 Bq/kg.

 

Les valeurs trouvées seraient, selon ce laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité, «sans conséquences majeures pour la santé». Les fruits et légumes des régions concernées peuvent être consommés après avoir été lavés. Selon l’Acro, les différences d’un lieu à l’autre s’expliquent par les différences de conditions météo.

 

Depuis le 12 mars, le panache radioactif qui résulte des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de Fukushima se déplace, tout en se diluant, dans les courants atmosphériques de l’hémisphère nord. Selon une modélisation de sa dispersion dont dispose l’IRSN, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le panache a atteint la France métropolitaine le 23 mars. L’IRSN présente régulièrement des résultats des mesures de radioactivité qu’il effectue en France métropolitaine et en outremer.

 

Leur presse (David Adémas,
Ouest-France), 5 avril.

 

 

Gradignan (Gironde) : Quand les chercheurs pistent la radioactivité

 

Le Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan se fait un devoir de surveiller les retombées radioactives venues de la centrale nucléaire de Fukushima.

 

 

«C'est une contribution pour l'information du public.» Christine Marquet, chercheuse en physique nucléaire et Frédéric Perrot, enseignant-chercheur, travaillent au Centre d'études nucléaires de Bordeaux (CENBG), sis sur la commune de Gradignan depuis la fin des années 1960.

 

Depuis dix jours, soit l'arrivée du «nuage» venu de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon), ces chercheurs, à l'instar de plusieurs de leurs collègues, ont décidé de consacrer une partie de leur travail à la recherche de traces de radioactivité dans notre environnement immédiat. «Ne pas faire ces mesures serait manquer à un devoir», ajoute Christine Marquet. Près d'Agen d'autres chercheurs … ont trouvé des traces de radioactivité dans l'herbe.

 

Physique, biologie, chimie

 

Depuis un an et demi, le Centre dispose en effet de la plate-forme Prisna (Plate-forme régionale interdisciplinaire de spectrométrie nucléaire en Aquitaine), qui permet de mesurer de très faibles niveaux de radioactivité. «Cette plate-forme découle de notre activité de recherche fondamentale. Il existe très peu de centres comme le nôtre, capables d'intervenir sur une faible radioactivité.»

 

Le CENBG est le seul laboratoire de recherche en physique nucléaire du Grand Sud-Ouest. Cette unité dépend du CNRS et de l'Université de Bordeaux 1. On y effectue de la recherche fondamentale en physique nucléaire sur le noyau atomique, mais aussi de la recherche appliquée pluridisciplinaire, en lien avec la biologie et la chimie, liée à l'environnement, à la santé, au retraitement des déchets.

 

Les pluies des 27 et 28 mars

 

Philippe Hubert, chercheur émérite, participe aussi à cette démarche de recherche appliquée : «Dès qu'on a su que le nuage allait arriver, nous avons commencé à faire des mesures à Gradignan, mais nous n'avons rien trouvé, sauf quand il a plu, lors du week-end du 27 au 28 mars ; le lundi, nous avons pris des mesures sur l'eau, la terre et l'herbe, grâce à notre détecteur de rayons gamma. Dans les trois, nous avons vu apparaître des pics gamma signant la présence de l'iode 131 (NDLR élément de radiocativité). Tous les jours, quand il pleut le matin, nous prélevons l'eau. Mais ce que nous avons trouvé jusqu'à maintenant est inférieur à la radioactivité naturelle du sol.»

 

Désormais, le CENBG transmet toutes ses mesures à l'Institut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), lequel se charge d'une large diffusion.

 

«Aucune inquiétude»

 

Tout le monde s'est précipité pour avoir des informations lors de l'arrivée du nuage portant la radioactivité de Fukushima, voilà quinze jours. Reste que cette radioactivité continuera d'être amenée par les vents, tant que les effluves de la centrale n'auront pas été maîtrisés.

 

Hormis les conséquences sur les populations locales, les chercheurs du Centre gradignanais se veulent rassurants quant aux retombées sur le territoire français. «Le nuage est très diffus. Pour nous, en France, il n'y a aucune inquiétude.»

 

Et d'ajouter que «chaque noyau de particule a sa propre durée de vie : trente ans pour le césium 137, deux ans pour le césium 134, huit jours pour l'iode 131. Au terme de chacune de ces échéances, la radioactivité se divise par deux. À Tchernobyl, il n'y a plus que du césium 137, les autres ont disparu. Cela dépend aussi de la dose initiale.»

 

À titre de comparaison, «aujourd'hui, ici, nous avons reçu mille fois moins de radioactivité qu'avec Tchernobyl !»

 

Leur presse (Patrick Faure,
Sud-Ouest), 5 avril.

 

 

Lot-et-Garonne : Radioactivité dépistée dans l'herbe agenaise

 

Une contamination radioactive «sans risque» a été relevée par les équipes de l'IRSN, qui étudient l'impact à longue distance des rejets de la centrale japonaise. En Gironde, on piste également.

 

 

Le premier indice de la présence en France de radionucléides [Soit la concentration de radioactivité] remonte au 24 mars. Au sommet du Puy de Dôme, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) détectait la présence d'iode 131 sur un prélèvement de particules atmosphériques… Dans les jours qui suivent, d'autres stations réparties sur le territoire confirment la persistance de sa présence dans l'air français. En Gironde, à Bordeaux-Gradignan, on piste également la radioactivité.

 

Quotidiennement, les chercheurs publient une synthèse de surveillance environnementale qui se veut très claire : «Les concentrations […] sont très faibles et ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire», même si elles s'installent dans la durée. Un constat qui vaut aussi pour les relevés positifs effectués dans l'air agenais et sur des échantillons d'herbe fraîche fauchée à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, dans une exploitation laitière, par les équipes du laboratoire agenais de l'IRSN, basé sur le site du centre hospitalier.

 

Iode 131, césiums 134 et 137

 

Dans le cadre de la surveillance de l'impact à très longue distance des rejets de l'accident de Fukushima, des prélèvements des végétaux ont été réalisés depuis le 21 mars sur une dizaine de sites en France. Le 28 mars, seuls quatre d'entre eux, dont l'échantillon d'herbe provenant de Sainte-Colombe, présentaient «une activité en iode 131».

 

C'était aussi le seul sur lequel les équipes du laboratoire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), où ils sont analysés, ont également été détectées des traces de césiums 134 et 137. Le 25 mars, les taux présents étaient trop faibles pour être détectés. Trois jours plus tard, le 28 mars, l'iode 13 représentait l'équivalent de 3,617 becquerels par kilo frais (Bq/kg frais). La présence de césiums 134 et 137 détectés en infime proportion (respectivement 0,211 Bq/kg et 0,157 Bq/kg) confirme cependant «la présence en France d'éléments radioactifs rejetés lors de l'accident de la centrale de Fukushima», indique l'IRSN.

 

Ce même jour, les mesures des concentrations en iode 131, sous forme gazeuse (dans l'air, NDLR), prélevé par des cartouches de piégeage à charbon actif réalisées sur la station d'Agen étaient de 7,369 mBq/m³ (microbecquerels par mètre cube), selon le laboratoire de l'IRSN du Vésinet (Yvelines).

 

De simples traces

 

«En tant que scientifiques, on ne peut pas s'inquiéter de tels niveaux, indique Jean-Marc Peres, responsable du service de surveillance de l'IRSN. Les gens demandent de l'information, c'est normal, alors nous en diffusons.» Pour le scientifique, dont la mission première est de rechercher pour alerter en cas de problème, il s'agit bien là d'une «contamination», puisqu'il n'y avait rien avant, mais qui «ne présente aucun risque pour la santé».

 

Pour preuve, selon lui, ces taux sont «10'000 fois plus faibles que la concentration en éléments radioactifs à l'état naturel. À exposition constante, nous avons en effet l'équivalent de 8000 becquerels en nous…»

 

Le site de Sainte-Colombe a donc été choisi en raison de la proximité avec le laboratoire agenais. L'herbe quant à elle, représente «une bonne surface de collecte». Une surface au contact direct avec la pluie, tombée en quantité depuis le début de la période de prélèvements.

 

Origine japonaise

 

Le nuage qui en était à l'origine était juste plus chargé que d'autres. Pas de raison de s'inquiéter, donc. Surtout qu'à l'état «naturel», le césium 137 reste présent, en Lot-et-Garonne comme ailleurs en France, «depuis l'accident de Tchernobyl et les essais nucléaires réalisés en atmosphère». Ce dernier, à la différence du césium 134, a une durée de vie longue. «Le césium 134 ne vit que deux ans, poursuit l'expert. S'il est mesuré, c'est donc qu'il vient du Japon.»

 

Ses taux étant quasi similaires à ceux du césium 137, ce dernier a donc la même origine. Les prélèvements doivent se poursuivre dans les semaines à venir. Si les taux relevés continuent encore à baisser, comme c'est actuellement le cas, leur fréquence va diminuer. Le 30 mars, l'un d'eux ciblait des échantillons de lait. Des traces d'iode 131, moins d'un demi-becquerel par litre, ont été mesurées à Sainte-Colombe-en-Bruilhois. A priori, les vaches peuvent donc continuer à brouter en paix. Et les consommateurs, en fonction de leur âge, à boire du lait au petit-déjeuner ou en biberon.

 

Leur presse (Julien Pellicier,
Sud-Ouest), 5 avril.

 

 

De l'iode 131 présent durablement dans l'Aube

 

À défaut d'être spécialiste des questions nucléaires, comme la quasi-totalité de la population, la raison conduit vers les sites internet des organismes fiables afin de trouver les renseignements relatifs aux conséquences de l'accident de la centrale de Fukushima.

 

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est considéré comme tel. Et dans sa synthèse qu'il actualise toutes les quatre heures depuis le drame japonais, l'IRSN évoque très clairement «la présence généralisée de traces d'iode 131 en France».

 

Dans son bulletin daté du 31 mars, cet institut évoque «la persistance d'iode 131 dans l'air en France à des concentrations variant entre quelques dixièmes de millibecquerels et quelques millibecquerels par mètre cube d'air (mBq/m3)». Il indique par ailleurs que ce niveau de concentration dans l'air «et son maintien dans la durée sont conformes aux prévisions effectuées par l'IRSN avec l'aide de Météo-France».

 

Toutes les régions métropolitaines sont concernées, sans exception. La Champagne-Ardenne se situe dans les moyennes des doses relevées, tandis que l'Auvergne, la Corse et le Limousin arrivent largement en tête.

 

Les chiffres sont toutefois évolutifs. Ainsi à Saclay, près de Paris, entre le 30 et le 31 mars, la dose de césium 137 a augmenté de 50%.

 

Niveau faible dans les légumes et le lait

 

Plus précisément, l'institut évoque des traces d'iode 131, élément à forte radioactivité, à hauteur de 0.27 à 0.76 mBq/m3 sur tout le territoire. Il note la présence de cet iode 131 dans l'eau de pluie, résultat du lessivage des masses d'air par les précipitations, ainsi que sur des végétaux. «Des traces de césium 137, césium 134 et de tellure 132 continuent également à être détectées, notamment sur la station de prélèvement de particules atmosphériques d'Orsay», indique encore l'IRSN.

 

Toutefois, les concentrations en radionucléides artificiels sont encore considérées comme «très faibles et ne présentant aucun danger environnemental ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée».

 

Même point de vue en ce qui concerne les aliments «les plus directement exposés aux radionucléides rejetés lors de l'accident de Fukushima, à savoir les légumes à feuilles et le lait». L'institut est formel : «Les niveaux de concentration sont très largement inférieurs à ceux observés dans l'est de la France en 1986 après l'accident de Tchernobyl qui avait atteint plusieurs centaines et plusieurs milliers de becquerels.»

 

Mais jusqu'à quand ?

 

Rayonnement gamma dans l'Aube
Résultat des mesures de rayonnement gamma dans l'air ambiant, transmises par les sondes du réseau Téléray.
Les relevés du 1er avril
Soulaines (site Andra) : débit de dose : valeur 90 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 85 + ou - 30%).
Bar-sur-Aube : valeur 110 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 107 + ou - 30%).
Nogent-sur-Seine : valeur 70 nanoSievert par heure (moyen-ne 2010 : 78 + ou - 30%).
Nogent-sur-Seine (EDF) : valeur 50 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 60 + ou - 30%).

 

Leur presse (Jean-François Laville,
L'Est-Éclair), 3 avril.

 

 

Le panache sur la France équivaut au tir chinois de 1980

 

Les retombées radioactives ne sont pas les mêmes lorsqu'il s'agit d'essai nucléaire ou d'accident dans une centrale.

 

 

Les retombées radioactives de l'accident de Fukushima sont très faibles en France. «Le panache correspond à ce qui a été mesuré lors du dernier essai nucléaire chinois, le 16 octobre 1980», note Philippe Renaud, de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. «Cela ne veut pas dire que la radioactivité totale dégagée par l'installation japonaise correspond à l'essai chinois», ajoute le chercheur qui a étudié l'impact sur le territoire français de la catastrophe de Tchernobyl et des 500 essais nucléaires atmosphériques effectués de 1945 à 1980 par l'URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Chine.

 

En effet, les zones proches de la centrale japonaise vont sans doute être fortement contaminées tandis que l'impact radioactif d'une explosion est localement limité, sauf incidents lors de l'essai, comme cela est arrivé plusieurs fois. Les quantités de matières fissiles en jeu ne sont pas du tout les mêmes. «Il y en a plusieurs tonnes dans les réacteurs nucléaires alors que les bombes atomiques ont une charge de quelques kilogrammes», souligne Daniel Heuer, physicien nucléaire au CNRS. La charge moyenne — classée secret défense encore aujourd'hui — est estimée en moyenne à 10 kilogrammes.

 

De plus, lors des essais atmosphériques, l'explosion dégage une telle puissance thermique que les radioéléments sont projetés dans la stratosphère. Ils tournent alors autour de la Terre et mettent plusieurs années avant de se déposer au sol. Paradoxalement, les retombées radioactives d'une explosion de faible puissance sont plus importantes car les radioéléments restent à basse altitude et 100% d'entre eux se déposent sur les sols, souligne Philippe Renaud.

 

Pression des savants

 

Dans le cas de Fukushima, il en va tout autrement : la radioactivité due aux fuites ou aux relâchements volontaires de vapeur retombe dans les zones proches de la centrale, au gré des vents et des précipitations. Autre différence notable, une bonne partie des produits de fission d'une bombe atomique ont une durée d'activité de quelques secondes comme, par exemple, le magnésium 27. Ce n'est pas le cas avec les réacteurs des centrales où le césium 134, très abondant, a une période de radioactivité d'une trentaine d'années. La pollution dure donc plus longtemps.

 

Un point commun, en revanche, ce sont les régions de l'hémisphère nord comprises entre le nord de la France et le Maroc qui ont reçu le plus de dépôts radioactifs lors des essais de 1945 à 1980 car les vents dominants dispersent les radioéléments autour de la latitude du tir. Cette large bande de territoire a reçu aussi le panache de Tchernobyl et, maintenant, celui de l'accident de Fukushima.

 

C'est sous la pression de savants comme Einstein, Sakharov ou Bertrand Russell que les essais nucléaires ont été interdits. Le strontium 90 rejeté par les explosions (et les accidents de centrale) peut en effet provoquer des cancers des os ou des leucémies.

 

Leur presse (Yves Miserey,
Le Figaro), 1er avril.

 

 

Des traces du panache radioactif de Fukushima détectées en Aquitaine

 

Il ne s'agit que de traces infimes, dont la présence ne présente aucun danger pour la santé.

 

 

En 1986, des chercheurs installés sur le campus de Talence avaient détecté le nuage radioactif engendré par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (lire ci-dessous). Les scientifiques du CNRS et des universités de Bordeaux scrutent à nouveau la radioactivité ambiante en Aquitaine, après la récente catastrophe japonaise et ses conséquences dramatiques sur la centrale nucléaire de Fukushima. Des traces d'un isotope artificiel — dont la durée de vie n’est que de huit jours — ont été détectées dans l'eau et dans la terre.

 

Les équipes du CENBG de Gradignan [Le Centre d’études nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CNRS - UMR 5797) est une composante de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3)] ont en effet mis en évidence la présence d'Iode 131 qui ne peut provenir que du panache radioactif de Fukushima. L’analyse et la quantification sont du ressort de l’ASN. Le physicien Philippe Hubert n’hésite cependant pas à dire que les quantités mesurées sont tout à fait infimes, de simples traces, comme celles mises en évidence dans d’autres régions de France. «Moins que la radioactivité naturelle de la terre, issue notamment d’isotopes du potassium.»

 

Le panache est cependant  bien là. Et il ne semble pas près de partir, si l’on en croît les projections (mises à jour au 30 mars) de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), créé juste après … la catastrophe de Tchernobyl, et de Météo France.

 

Quand l’ombre de Tchernobyl planait sur Bordeaux
«Je me doutais que vous appeliez pour ça.» Pierre Guibert sourit au téléphone. Le panache radioactif de Fukushima survolant Bordeaux renvoie l’actuel directeur du CRP2A [Le Centre de recherches en physique appliquée à l’archéologie est l’une des composante de l’Institut de recherche sur les archéomatériaux (IRAMAT CNRS - UMR 5060)], laboratoire de recherche CNRS-Université basé sur le campus de Bordeaux III, à presque 25 ans en arrière. Ingénieur, il était déjà chercheur en poste en mai 1986. Le panache généré par la catastrophe de Tchernobyl survolait alors la France, malgré les assurances contraires données par les autorités de l’époque. L’équipe en avait suivi l’évolution.
En 2011 cependant, les choses sont différentes. Les doses relevées en 1986, dans une région relativement épargnée par le nuage qu’est l’Aquitaine, étaient déjà négligeables pour la santé. Les conséquences du nuage de Fukushima sont encore moindres, pour ne pas dire nulles. «Nous n’avons rien détecté dans l’air, explique Pierre Guibert. D’abord parce que nos instruments ne sont pas fondamentalement fait pour ça. Mais aussi parce que les conditions sont très différentes. Le type d’incident, la distance qui nous sépare, la dilution…»
La surprise avait été totale pour les chercheurs du CRP2A, spécialisés dans la datation d’objets archéologiques. L'appareillage de spectrométrie gamma à bas bruit de fond, mis au point afin de mesurer la radioactivité naturelle d'échantillons provenant de fouilles archéologiques, donnait des résultats surprenants. Les mesures mettaient en évidence la présence dans l’atmosphère d’iode 131 et de Césium 134 et 137. Des éléments artificiels produits par la centrale nucléaire ukrainienne. Le silence était de rigueur à l’époque. Les chercheurs ont respecté l'embargo qui leur avait été imposé. Ils ont cependant étudié le phénomène, dont ils ont publié les résultats un an plus tard, communiqués devant l'Académie des Sciences (page 148).

 

Leur presse (Philippe Belhache,
Sud-Ouest), 31 mars.

 

 

De nouveaux relevés confirment la présence du panache radioactif en France

 

Ces traces «ne représentent aucun danger environnemental ou sanitaire», souligne l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire.

 

De nouveaux relevés ont confirmé la présence en France du panache radioactif émis par la centrale japonaise de Fukushima à des niveaux restant sans danger pour la santé et l'environnement, a indiqué dimanche l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN).

 

En revanche, l'association la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) a estimé samedi que  le niveau de radioactivité révélé par l'IRSN est «très probablement sous-évalué».

 

Des traces d'iode 131 ont été mesurées sur des prélèvements de particules atmosphériques réalisés entre le 24 et le 25 mars par la station de l'IRSN installée à Cherbourg-Octeville (Manche) et entre le 25 et le 26 mars par la station installée à Orsay (Essonne).

 

Ces traces «confirment la présence en France d'éléments radioactifs rejetés lors de l'accident de la centrale de Fukushima», indique l'IRSN dans un communiqué.

 

La valeur de ces traces est «plus faible que celles observées le 23 mars en Europe du Nord» et «ne représente aucun danger environnemental ou sanitaire», souligne l'Institut.

 

Les autres radio-nucléides présents dans les rejets de l'accident de Fukushima, notamment le césium 137, n'ont pas été détectés «car leur concentration dans l'air reste encore inférieure aux limites de détection», ajoute-t-il.

 

Tous les résultats de mesure de prélèvements effectués sur les autres stations de l'IRSN sont inférieurs aux limites de détection.

 

Par ailleurs, un échantillon de mousse prélevé à Saint-Pierre-et-Miquelon le 18 mars et des échantillons de lait prélevés à Pélussin (Loire), Marcouria (Guyane) et Taravao (Tahiti) présentent des traces de césium 137 correspondant à des niveaux «souvent observés dans ce type de produit», en raison des effets des essais nucléaires en atmosphère et de l'accident de Tchernobyl.

 

Leur presse (Sud-Ouest), 28 mars.

 


Publié dans Terre et environnement

Commenter cet article