Condamnation d'un manifestant anti-Loppsi à Toulouse - 21 décembre

Publié le par la Rédaction

Loi Loppsi 2 : prison avec sursis pour le manifestant

 

Samedi la manifestation contre la loi d'orientation de la sécurité intérieure a dégénéré à Toulouse. Plusieurs manifestants ont été interpellés. L'un d'eux était jugé hier par le tribunal correctionnel. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis.

 

Le service d'ordre était serré hier au tribunal

mais les manifestants solidaires très peu nombreux.

 

Traits fatigués, regard inquiet, Nicolas est seul face au tribunal correctionnel. Samedi en fin d'après-midi au cœur de Toulouse, au milieu d'une soixante de personnes en colère, il a jeté une canette de bière sur un policier. Un incident parmi d'autres qui ont marqué la fin de la manifestation contre la Loppsi 2, la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure.

 

Une dénomination administrative pour un texte large qui revient aujourd'hui devant l'Assemblée nationale. Du traitement de la récidive à la possible interdiction de déplacement de groupes de supporteurs, cette loi prévoit beaucoup d'évolutions législatives controversées. Samedi 500 personnes, certaines au volant de leur camion, manifestaient notamment contre le volet qui vise les squats et autre hébergements «précaires».

 

Nicolas, 25 ans, a lui un appartement et un boulot «où son employeur apprécie son travail», souligne son avocate. Samedi, il était dans la manif et encore présent quand les policiers de la compagnie de sécurisation et d'intervention ont voulu mettre fin au regroupement. «Par solidarité», dit-il aux juges.

 

«On était entre amis, on buvait une bière tous ensembles. Quand les lacrymos sont partis, j'ai paniqué. Je n'y voyais plus rien…» La canette a été lancée et a heurté le casque d'un policier. «Ce n'était pas une manifestation mais une beuverie, intervient d'entrée le policier visé. À la dislocation, quand il a fallu les disperser, les incidents ont éclaté. Le hasard, je veux bien mais il m'avait déjà copieusement insulté !»

 

À jeun, les excuses de Nicolas ont été immédiates. Cela n'efface pas tout. «Ce qui est inquiétant dans cette affaire, c'est la banalisation du geste. Oui il a regretté mais il dit avoir été pris par l'ambiance générale ! C'est détestable», annonce la procureur Géraldine Labialle. La magistrate reste mesurée puisque rien, dans le passé du prévenu, ne laisse entrevoir un profil de réactionnaire dangereux. Le parquet réclame donc une peine de principe, suivie par le tribunal : un mois de prison avec sursis et 500 € de dommage et intérêt pour le policier qui réclamait deux fois plus.

 

Fallait-il interdire la manif ? 
«Nous n'avons rien à dire sur la liberté de manifester… prévient la procureur Labialle. C'est l'ordre de dispersion qui a posé problème, pas la manifestation.»
Le syndicat policier Alliance ne cache pas sa colère : «Comment laisser manifester une population connue pour son extrême violence au moment où les familles finalisent leurs achats de Noël en plein centre ville ?» [La préfecture n'a pas répondu à nos sollicitations.]
Les opposants à la loi Loppsi 2 ont appelé hier soir à un rassemblement à 14 heures aujourd'hui devant l'hôtel de police, boulevard de l'Embouchure.

 

Leur presse (Jean Cohadon,
La Dépêche), 21 décembre 2010.

 


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