Comparution immédiate d'un gréviste de Grandpuits

Publié le par la Rédaction

La justice charge les manifestants

 

Interpellé avec son frère lors de la dernière manif à Paris, un gréviste de Grandpuits est condamné à trois mois de prison avec sursis.

 

Interpellé, jeudi soir, avec son frère, Jean-François, agent de conduite à la SNCF et syndiqué CGT, à l’issue de la manifestation, Olivier, chef d’équipe à la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) et lui aussi militant à la CGT, n’avait jamais eu maille à partir avec la justice. Tout juste était-il allé, il y a une dizaine de jours, contester, avec son syndicat, devant le tribunal administratif la réquisition générale à la raffinerie, décrétée par les autorités préfectorales… Changement de décor, samedi, en début de soirée : au terme de trente-six heures de garde à vue et d’une dizaine d’heures au dépôt du palais de justice, Olivier et Jean-François passent en comparution immédiate, poursuivis pour «outrages» et surtout «violences aggravées sur agents dépositaires de l’autorité publique».

 

D’après les témoignages des CRS qui les ont arrêtés, les deux frères, en état d’ébriété, ont, lors de la dispersion, cherché à forcer un barrage à proximité de la place Saint-Augustin. Pour Jean-François, les circonstances de l’arrestation sont moins claires : «Il y a eu une charge de CRS, j’ai vu mon frère qui prenait des coups au sol», raconte-t-il à la barre. Touchés à l’épaule, à la main, au tibia et, pour l’un d’entre eux, mordu au mollet, cinq policiers se sont constitués parties civiles, revendiquant plusieurs jours d’incapacité temporaire totale de travail (ITT). «Eux, ils ne sont pas blessés, mais côté policiers, on cumule seize jours d’ITT», s’indigne l’avocat des CRS. Le procureur de la République requiert une peine de six mois avec sursis : «Le fait de se confronter à des CRS, ce sont des violences aggravées», argumente le ministère public, en évoquant le «danger de manifester». Défenseur des deux manifestants, Me Loïc Henriot réclame un ajournement. «On utilise la réponse pénale comme réponse politique. Aucun des deux prévenus ne voulait casser du policier, ils n’ont basculé dans la violence qu’une fois arrêtés et menottés…» Le tribunal les a condamnés à une peine de trois mois de prison avec sursis.

 

Leur presse (Thomas Lemahieu,
L’Humanité), 2 novembre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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