Circulez, y'a rien à payer

Publié le par la Rédaction

Fiche pratique no 5 :
Techniques de fraude et de casse dans les TCL


Cette nouvelle fiche pratique donne quelques trucs et astuces pour appliquer la liberté de circulation et quelques idées de sabotages des dispositifs anti-fraude mis en place par le Sytral (le Syndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise).

Les tickets

Valables pendant une heure, ils sont déposés ou jetés à l’entrée des stations. Alors avec de la chance, on peut en trouver ou les demander aux personnes qui sortent pour les réutiliser. Et puis, si on en a acheté un, mieux vaut le laisser sur les composteurs à l’entrée, il peut toujours servir à quelqu’un d’autre. Bien évidemment tout ceci est passible d’une amende : le ticket est personnel, vous n’avez pas le droit de le passer, d’être solidaire.

Notons, à propos des tickets, qu’il faut toujours en avoir un neuf sur soi. D’abord parce qu’on peut le valider à l’arrache (tram et bus) quand on aperçoit les contrôleurs (donc calez vous près d’une borne et observez au loin !). Ensuite, même non composté, le ticket peut permettre d’esquiver les amendes («Il y avait trop de monde quand je suis monté, j’ai pas pu accéder à la borne, et après j’y ai plus pensé…»). Et dans tous les cas, le simple fait d’avoir un titre non validé fait baisser l’amende (qui tombe à 27€ si vous payez tout de suite, soit moins cher qu’un abonnement !). Bref, le ticket de sûreté, c’est l’investissement de base du bon fraudeur.

Les agents

Et pour finir, il faut pouvoir se jouer des pions humains. Toute une gamme d’agents très présents ; des brigades d’interventions façon cow-boys aux agents de préventions et d’informations prétendant être nos «amis». Des flics en vert, jaune, rouge, gris, bleu, et en civil… qui surveillent le réseau.

Les agents d’ambiance en tout genre, les agents de prévention et de médiation, les accompagnateurs, les «messieurs» avant… toute cette clique bariolée est assez inoffensive, et pas assermentée pour mettre des amendes.

Au-dessus de cette espèce peu nocive, on trouve les fameux contrôleurs «Prévention Sécurité», les noir et rouge (!). Leur kif c’est clairement de mettre des amendes (primes à la clé). Mais ils peuvent être déjoués. Même s‘il n’y a jamais de règles absolues dans nos pratiques, quelques petits trucs peuvent souvent s’appliquer. Bien souvent ils ne contrôlent pas à la descente mais à l’intérieur ou dans les couloirs du métro. Ensuite, ils se baladent dans des camionnettes blanches, si bien que quand on en voit une au loin ou à proximité d’une bouche de métro ou d’un arrêt de bus mieux vaut aller à la prochaine station, composter son ticket dans le bus ou le tram, se préparer psychologiquement à les embrouiller, ou à courir. Après c’est toujours le jeu du chat et de la souris : être vigilant dans le tram ou le bus permet de les voir de loin et d’éviter un contrôle. On ne le dira jamais assez, pour bien frauder il faut savoir ANTICIPER ! Sinon, évitez les terminus où ils sont souvent présents (en début de mois notamment) avec toute une armada de flics qui ne permettent pas de négocier ou de s’enfuir. Dans tous les cas, s’ils vous choppent, ne stressez pas : ça les rend nerveux et agressifs. Si vous sentez que l’esquive est impossible, allez les voir. Dites-leur tranquillement que vous avez oublié votre portefeuilles, et donc vos papiers d’identité, la carte TCL. Encore une fois, si vous passez bien, ils n’appelleront pas les flics, et ça peut rouler avec une fausse identité. D’ailleurs, si vous pouvez avoir une carte d’infidélité ou de bibliothèque, avec votre photo et un faux nom, ça peut très bien marcher.


Bon, si malgré tout ça, vous vous êtes pris plein d’amendes, il reste encore une voie : celle de la basse vengeance. On trouvera à la suite quelques techniques de nuisance.

Les portillons (fraude)

Avec le récent bouclage de tout le réseau métro lyonnais, les techniques de fraude se complexifient. Il reste possible de passer derrière quelqu’un en tenant le portique vitré. Bien évidemment, le système sonne pour visibiliser le fraudeur. Mais une fois expérimenté et assumé, ce geste peut s’accomplir quotidiennement. À Lyon, nos portillons sont gentils ! Ils ne se referment pas violemment en nous écrasant le crâne : deux doigts suffisent à le maintenir ouvert et à faire passer toute une colonie de mauvais citoyens. Quelqu’un ayant passé le sas peut aussi faire un pas vers le portillon de sortie pour ouvrir l’accès aux joies du métro. Il est plus difficile de franchir les portiques directement, les concepteurs de ce dispositif ayant tout fait pour qu’il soit périlleux à escalader. C’est néanmoins jouable avec un peu d’agilité et sans sac à dos volumineux (attention à la tête dans certaines stations basses de plafond).


Autre technique : passer par les accès pompiers (souvent juste à côté des portillons) qui, à l’aide d’un coup sec, s’ouvrent facilement. Mais comme l’ennemi s’adapte aux ruses qu’on lui oppose, ces portes sont en train d’être remplacées par des systèmes plus rigides et qui s’ouvrent uniquement désormais à l’aide d’une clé.

Monter par l’avant

La solution est simple : à nous de lutter contre la mauvaise conscience ! Rentrez clairement par devant, dites un bonjour souriant au chauffeur (s’il a l’air sympa), et ne validez pas. Peu de chauffeurs paieront le coût affectif d’une embrouille avec vous. Et puis si vous ne vous laissez pas lobotomiser par tout le signalement visuel (flèches vertes) qui incitent à monter par l’avant, vous pouvez toujours monter par l’arrière lorsque les portes s’ouvrent pour laisser descendre les voyageurs.

Les portillons (casse)

Pour rendre l’accès au métro de nouveau libre et gratuit pour tout le monde, les vitres n’étant pas très solides, elles peuvent être brisées avec une bonne caillasse ou un marteau. Il faut cependant faire attention au bruit et aux éclats de verre lors de l’action.


Les distributeurs de tickets

Un moyen simple et discret pour les paralyser, c’est d’obstruer la fente à carte bancaire ou du composteur.

Deux techniques parmi d’autres :
— La carte téléphonique à unités. La couper aux deux tiers de sa longueur, et une fois sur place l’enduire de super glue avant de l’insérer dans la fente à carte bancaire.
— La soudure à froid (deux pâtes de couleurs différentes qui une fois bien malaxée est très dure à enlever). Elle peut donc être insérée dans les différentes fentes…

Les bornes Técély

Il est possible de les endommager sérieusement. Il suffit d’une seringue remplie d’eau salée ou d’acide chlorhydrique et de déverser le tout, discrètement, dans la fente du composteur (ça ronge tous les mécanismes à l’intérieur). Le Sytral est alors tenu de les changer, et les machines sont pour un temps inutilisables. Au printemps dernier, à Grenoble, suite à un sabotage de grande ampleur toutes les bornes du tram ont été mises hors d’usage et certaines sont restées en l’état pendant plusieurs semaines. Cette action a coûté des centaines de milliers d’euros à la société grenobloise, et des milliers de personnes ont pu ressentir durant quelques jours la joie de voyager gratos.

L
es caméras

Tout le réseau TCL en est blindé. Dans le métro, il y en a sur les quais, aux entrées et au milieu des voies, et au dessus de l’entrée des tunnels pour filmer l’interieur des rames.

Dans les bus et les tramway, il y en a aussi de toutes petites, dissimulées en hauteurs dans un boitier de même couleur. On voit juste un œilleton noir de petite taille. Généralement, il faut lever un peu la tête et regarder dans les recoins pour les voir.

Sur les quais des tramway, les caméras sont au dessus des distributeurs, sauf à la Part-Dieu et à la Doua (une par quai, face à face, en biais).

Celles qui se trouvent à l’intérieur sont les plus facile à aveugler, soit en projettant de la peinture dessus (pour les plus petites un coup de marqueur suffit), soit en mettant un autocollant.

Casser les caméras peut prendre du temps parce que le verre et le boîtier de protection sont assez solides mais en s’y préparant un peu à l’avance et en s’y mettant à plusieurs, il y a toujours moyen de les défoncer.

Outrage no 5, mars 2009
Incendiaire, gratuit, sur Lyon et ses environs.


Publié dans Transports

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