Chronique de complicités dangereuses

Publié le par la Rédaction


Le 24 décembre 2009, le vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme laissait entendre dans un article du quotidien l’Humanité que le placement de Rroms dans des dispositifs de prise en charge pourrait être un but légitime d’expulsion de leurs lieux de vie. Cet article faisait écho à un communiqué signé par une vingtaine d’associations, pour la plupart membres du collectif Romeurope.

Puisque les «dispositifs de prise en charge» par excellence depuis 2006 sont les «villages d’insertion», non expressément mentionnés dans l’article, La voix des Rroms demandait le 29 décembre à toutes les associations signataires du communiqué de se positionner clairement et publiquement sur ces dispositifs. Hasard de calendrier, M. Salemkour cautionnait ces «villages d’insertion» dans un autre article de l’Humanité, publié le même jour. Caution à peine modérée par un questionnement flou sur leur «logique ethnique».

Au 24 janvier 2010, seules deux associations ont répondu à la demande de La voix des Rroms. Nous les citons d’autant plus volontiers qu’il s’agit de petites associations locales dont vous ne risquez pas d’entendre parler au journal TV de 20 heures.

L’association «Rues et Cité» se dit favorable à la manière dont la MOUS est mise en œuvre à Montreuil et prend ses distances avec les «villages d’insertion» ailleurs. De son côté, l’association de solidarité avec les familles roumaines de Palaiseau, soutient ces «villages» faute de mieux.

Quant aux autres associations, telles que la Cimade, la Fondation Abbé Pierre, France Terre d’Asile, Médecins du Monde, Secours catholique etc., elles maintiennent un silence assourdissant de complicité. Enfin, pourquoi ces grands se baisseraient-ils à répondre à des tsiganes qui disent autre chose que «merci» ?

Au début de l’année, Médecins du Monde annonçait commencer une campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Ceci au moment même où on se rend compte du fiasco que fut cette campagne, du surplus de doses commandées aux laboratoires, de l’exagération, si ce n’est de la fausseté de l’alerte, et où la question des effets secondaires du vaccin se pose avec le plus d’acuité. La voix des Rroms fait savoir à Médecins du Monde que cette décision, relayée par la presse, est pour le moins inopportune. Ceci n’ayant pas entamé la détermination pathologique de MDM, La voix des Rroms lui adresse alors un avertissement public, en alertant aussi l’OMS, le ministre français de la Santé, le Conseil de l’Europe et l’Agence européenne des droits fondamentaux. La campagne se poursuivra quand même.

Pouvons-nous encore nous entêter à faire confiance à «nos amis gadjé», pour reprendre à l’inverse l’expression que ces bonnes âmes utilisent souvent pour parler des Rroms ? Non, parce qu’à bien y voir, il n’y a pas à distinguer entre vrais méchants et faux gentils.

La voix des Rroms, 24 janvier 2010.

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