Christine en prison

Publié le par la Rédaction

Lettre de Christine, depuis la prison…

 

Jeudi 7 avril

 

Salut camarades !

 

J’ai reçu trois lettres postées hier, de vous, de J… et de C…. ça m’a fait super plaisir et ça m’a étonné aussi. Je pensais que, en tant que prévenue, le juge allait bloquer le courrier, et puis je n’ai pas encore eu de courrier des potes bergers et de ma famille…

 

Comment avez-vous été au courant ? Des potes à G… devaient venir aider à la tonte hier, mais ça fait bien rapide ! Et vu la teneur de la lettre de J…, je vois que vous êtes au courant du déroulement de l’histoire : RDV avec le JAP le 31 et prise de bec, GAV pour outage à magistrat, mandat de dépôt à Valence et frousse des matons, 24 heures sanglée sur le lit aux urgences, quatre jours au Valmont à Montélimar avant la levée de l’HO, transfert à la Talaudière.

 

Je suis ici depuis trois jours. Bizarrement, je trouve ça assez facile comparé à la GAV ou à l'HP. Ici, il n'y a pas de volonté d’humilier. Ils nous parquent, c’est tout. Grâce à mon statut d’emmerdeuse j’ai même une petite marge de manœuvre : j’ai refusé la biométrie à l’entrée et ils n’ont pas insisté et ils n’insistent pas quand je refuse de répondre à leur «bonjour».

 

Ceci dit, je passe quand même en commission de discipline demain… ! Hier matin à la promenade, j’ai eu envie de voir si le nid qui était à plus de 3 mètres dans le seul arbre de la cour était habité alors j’y ai grimpé. Le brigadier veut jouer la confiance et une peine de mitard obligerait un transfert car il n’y en a pas au quartier femme ici. Donc, je ne m’inquiète pas trop.

 

Merci pour le mandat mais ne gachez pas le fric du collectif pour ma seule pomme. Ma famille peut assumer les 80 euros mensuels dont j’ai besoin pour le tabac et la télé. Je ne veux pas cantiner de la bouffe sinon je vais devenir un estomac sur pattes : bouffer ça occupe et ça compense. Par contre, continuez à envoyer des timbres pour que je puisse vous répondre. Gardez le fric pour faire des photocopies : il y a un beau barouf à faire le 14 juin à 16h30 au tribunal de Valence pour refus de don d’ADN. Vous pouvez contacter mon avocat, Proust, de Valence pour ça. Payez de l’essence et venez nombreux que je vous entende du dépôt ! Les seuls anars que je connaisse sur Valence, c'est le Laboratoire. Organisez-vous et foutez le feu !

 

Cet après-midi, je vois le JAP en visio-conférence pour qu’il fasse péter un an de sursis récupéré le 19 juillet. Il y a aussi un autre an de sursis pour violences contre les condés. Et puis le délibéré du 17 mai. Et puis un procès à Lyon le 27 mai pour rébellion contre les municipaux. Bref ils ont de quoi m’emmerder pour un moment…

 

Je vais poster cette lettre tout de suite pour qu’elle parte aujourd’hui. J’écrirai à C… pour raconter l’audience avec le juge et à J… pour raconter le prétoire de demain. Passez-vous les infos entre vous.

 

Merci d’être là les poteaux. Ne vous en faites pas, je ne suis pas suicidaire : je veux retourner pisser dans l’herbe le plus vite possible.

 

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

 

Christine

 

P.-S. : Y a-t-il une radio locale qui ait de la gueule par ici ? RCF c’est bien le dimanche seulement… !

 

 

Répression dans le Vaucluse :
Un communiqué du Comité 84 contre la répression

 

CHRISTINE EN PRISON

 

Nous venons d’apprendre que Christine vient d’être incarcérée.

 

Convoquée à la gendarmerie pour l’un de ses jugements — écopé pour insoumission à l’autorité — elle a refusé le suivi psy qui était demandé et après avoir passé une journée en HP elle a été transférée à la maison d’arrêt de saintÉtienne sur décision du tribunal de Valence.

 

Ainsi, dans notre chère République, comme au bon vieux temps de l’URSS de Brejnev, si vous êtes réfractaire à l’autorité, on ne vous laisse comme choix que : «LA CAMISOLE OU LE GOULAG». C’est à croire que quelles que soient ses formes politiques, l’appareil d’État retrouve toujours ses instincts primaires.

 

Christine est une femme LIBRE, bergère habituée à vivre au grand air. Sur Avignon, nous la voyons participer à tous les combats, à toutes les luttes. Elle aime «trop» la liberté pour supporter toute forme d’enfermement. Aussi nous craignons pour elle car nous savons que l’incarcération lui sera particulièrement insupportable. Aussi, en l’enferment, le pouvoir sait ce qu’il fait, il cherche à détruire un individu particulièrement libre et réfractaire à toutes formes d’autorité.

 

Vous pouvez agir et exprimer votre solidarité avec Christine :

 

— L’urgent est de briser l’isolement, vous pouvez lui envoyer un petit mot amical (pas besoin de faire long), l’administration pénitentiaire lit les lettres adressées aux détenues de ce fait elle saura aussi que Christine n’est pas seule.

Voici son adresse :

Christine RIBAILLY
Écrou N34068
Maison d’arrêt de saintÉtienne,
rue de la Sauvagère
BP 25
42350 Saint-Étienne Cedex 2

 

— Pour la solidarité financière (tout se paie en prison, même le PQ) : mandat cash seulement.

 

— Vous pouvez aussi agir, en faisant circuler cette info. C’est aussi un moyen d’alerter sur les atteintes aux libertés, car comme Christine, d’autres personnes sont en prison, ou menacées de l’être pour avoir pris part à des luttes, pour des actes de rebellion ou simplement pour avoir exprimé leur insoumission.

 

Rebellyon, 7 avril 2011.

 


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