Chômeurs en lutte : Tentative d'autoréduction à Rennes

Publié le par la Rédaction

 

Aujourd’hui, une quarantaine de chômeurs et précaires en lutte se sont rendus au Monoprix Colombia au centre-ville de Rennes vers 11h30 afin de faire une autoréduction négociée. Après avoir remplis des paniers de victuailles ils se sont rendus aux caisses qu’ils ont bloquées. Pendant ce temps, quelques-uns dentre eux exigeaient une négociation immédiate avec la direction du magasin. Le directeur a refusé toute négociation et a appelé aussitôt la police. Celle-ci fut sur place dans les 5 minutes puisque les RG étaient déjà présents sur les lieux.

 

Les quelques clients présents ainsi que les salariés de la grande surface ont fait part dune certaine sympathie à légard du mouvement de grève et de laction.

 

Un petit moment de flottement a permis aux flics dinterpeller une personne malgré une tentative de désarrestation peut-être pas suffisamment déterminée.

 

Un rassemblement de soutien au camarade est prévu à 15h30 devant le commissariat central. [La personne a été libérée entretemps — Forum Classe contre classe, 14h18.]

 

Ci-dessous le tract distribué aux clients et aux salariés lors de laction :

 

Autoréduction au supermarché 
Un mouvement de grève des chômeurs et précaires s’est déclenché depuis le 3 mai dans de nombreuses villes en France mais aussi en Belgique. À Bruxelles, Paris, Caen, Tours, Montpellier, Nancy … et surtout en Bretagne : à Brest, Quimper, Lorient, Vannes, Lannion, Morlaix et Rennes, de nombreuses actions sont menées en direction des Pôles Emploi, des CAF ou des entreprises qui prospèrent sur la précarité… 
Ces collectifs entendent protester contre les radiations arbitraires, le suivi mensuel obligatoire, le chantage aux allocations, la plateforme téléphonique «3949» déshumanisée, «les stages» non rémunérés, les deux offres dites «raisonnables» d’emploi… 
Plus généralement, il s’agit de combattre le discours et les dispositifs qui culpabilisent les chômeurs et précaires et tentent de les rendent responsables de la situation. (Actuellement, il y a environ 200'000 offres d’emplois et plus de 5 millions de chômeurs et précaires réels si l’on compte les plus de 55 ans, ceux qui ont travaillé quelques heures durant le mois, ceux en formation, les DOM-TOM, etc.) 
Chacun sait que cette précarité grandissante — même si depuis la crise la situation semble menacée d’échapper aux gouvernants — est largement organisée par l’État et le capitalisme pour faire pression sur les chômeurs et les travailleurs, pour leur faire accepter n’importe quoi et les faire travailler dans n’importe quelle condition. 
C’est ce jeu-là qu’il nous semble important de renverser : un mouvement de grève des chômeurs, c’est alors une offensive contre les institutions étatiques et économiques qui gèrent ces questions de chômage et de précarité pour leur imposer de mettre fin à l’étouffement qu’elles nous font subir. C’est aussi la création d’un espace collectif où s’inventent de nouvelles formes de partage et de production qui tentent d’échapper aux logiques hiérarchiques et à celles de confiscation des richesses. 
La grande distribution est l’un des symboles de ce partage inique. 
Puisque les capitalistes n’entendent pas partager (bouclier fiscal, crise grecque) nous entendons lever nous-mêmes l’impôt ! 
Pour ce faire, nous bloquons ce mardi 11 mai les caisses du supermarché jusqu’à ce que le gérant ait accepté de nous remettre un certain nombre de sacs de nourriture.
Nous vous demandons de bien vouloir rester dans le magasin pour qu’on ne puisse pas faire le vide autour de nous, ou mieux de joindre vos courses à la négociation.
Quelques chômeurs et précaires en lutte de Rennes
Le 11 mai 2010.

 

Indymedia Nantes.

 

 

 

 

La police fait échouer l’action des chômeurs et précaires au Monoprix du centre Colombia

 

Une quarantaine de membres du mouvement des chômeurs et précaires s’est rendue ce matin, vers 11h15, au Monoprix du centre Colombia. Après avoir bloqué les caisses, ils ont demandé à pouvoir repartir avec des vivres sans payer. Une «auto-réduction» pour dénoncer leur précarité. Présent sur place, le directeur du Monoprix a catégoriquement refusé de négocier et devant le refus des précaires de quitter les lieux, à fait appel à la police. Des policiers sont arrivés quelques minutes plus tard et ont fait évacuer les manifestants en employant la manière forte. Ils ont interpellé un manifestant qu’ils ont «traîné» vers l’extérieur sous les huées de ses camarades et les regards incrédules des clients. Les manifestants ont ensuite décidé de quitter le centre avec les policiers sur leur pas.

 

 

 

Leur presse (Ouest France), 11 mai.

 


Publié dans Chômeurs - précaires

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Garden Party 11/05/2010 19:58



Demander le responsable du magasin, en sommes, c'est demander l'autorisation. On pourrait aussi demander au flic le droit de leur mettre le feu. Rien a négocier. Pillez en nombres tranquilement
et les flics dormirons encore quand vous serez autour de la table.