Chauny soit qui mal y pense

Publié le par la Rédaction

La manif qui fait peur

Un simple tract balancé sur Internet il y a une semaine (l’Union du 13 février) et aujourdhui des relais via des forums, des blogs et des réseaux sociaux. Voilà un outil bien utile pour préparer le rassemblement antifasciste du 27 mars.

Émanant d
un groupe qui se prénomme Union, action, révolution, autogestion faisant partie de la coordination libertaire, lannonce de ce rassemblement a vite fait le tour de France.

Ainsi, des groupes ont vu le jour sur Facebook en recensant les participants potentiels et ils commencent à être nombreux. De Chauny, mais aussi de Soissons, Laon, Saint-Quentin, les manifestants se tiennent visiblement prêts. Il faut aussi s
attendre à la venue de Lillois ou de Nordistes, voire de participants dIle-de-France et dailleurs.

Pour ce qui est de l
origine de cet appel, il proviendrait dun petit groupe dont les membres sont originaires de Chauny mais ny résident apparemment plus. «Nous sommes quelques-uns originaires de Chauny et vu ce qui sy passe nous voulons réagir», dit en substance un message laissé sur un site anarchiste.

Le Nord et plus particulièrement Lille serait le point de départ de la mobilisation. Un site internet qui est une antenne de «l
independent media center» présent dans de nombreux pays se fait le porte voix des différentes luttes sociales luttes sociales.

Un ras-le-bol


Au-delà de savoir d
où vient le message, lintérêt est de mesurer ce que représente une telle manif à Chauny. Les autorités qui ny croyaient pas tout à fait au début semblent prendre conscience des choses. Un déploiement de forces de lordre serait dores et déjà prévu, car il faut dire que le rassemblement sent un peu le souffre. Entre ceux qui veulent manifester devant la permanence du FN (il ny en a pas à Chauny), près de la boutique qui vend des vêtements estampillés «nationalistes» ou encore devant le poste de police (municipale) ça peut aller loin. Parmi les plus radicaux il y aura ceux qui viendront là pour exprimer un ras-le-bol vis-à-vis du contexte social ou économique, sans autre arrière-pensée. Le départ se fera de la place de la gare. Par ailleurs, la coordination libertaire souhaite «un défilé festif et joyeux». Malgré les bonnes intentions, cette manifestation soulève de nombreuses questions, notamment en terme de sécurité, et pour lheure aucun représentant de ce fameux groupe libertaire-anarchiste, na répondu à nos sollicitations. Combien seront-ils vraiment ? Des débordements sont-ils possibles ? Réponse fin mars.

Leur presse (Samuel Pargneaux,
L’Union), 20 février 2010.




L
association contre le racisme anti-blancs
ne verra pas le jour : Une structure mort-née


Après avoir été annoncée comme lassociation qui allait «faire justice» et rendre ses droits aux «blancs» de Chauny, la structure de lutte contre le racisme anti-blancs ne verra finalement pas le jour. Son instigateur, Didier Petitjean avait tout dabord souhaité monter son «asso» à lautomne, période particulièrement délicate en termes de tensions entre jeunes, puis il a repoussé léchéance à février. Au final, il nen sera rien.

Le responsable explique clairement qu
il nest plus question de lancer un tel mouvement compte-tenu du climat actuel. «Les choses se sont apaisées, il ny a pas de raison den ajouter encore.»

Et puis, y avait-il une chance pour que l
association contre le racisme anti-blancs naisse un jour ? Pas sûr. Les élus locaux y étaient hostiles, ladjoint à la sécurité de la Ville avait dailleurs indiqué quil navait pas répondu favorablement à la demande de rendez-vous sollicité par Didier Petitjean au vu de la situation et du fait quil ne représentait aucune association.

Ensuite, il semblait également que les autorités préfectorales voyaient d
un très mauvais œil cette initiative. Selon certaines sources, le préfet aurait également affirmé quil ne validerait pas lautorisation de parution au Journal officiel, jugeant peut-être quun tel groupe pourrait nuire à lordre public.


Pour l
heure, tout est calme, dautant que cest les vacances et Didier Petitjean, qui est aussi responsable du Front national jeunes de lAisne, a dautres chats à fouetter en ces temps de campagne électorale pour les Régionales.

Ce dernier indique toutefois qu
il reste vigilant mais quil ne veut pas donner le bâton pour se faire battre. «Nous ne bougeons pas car il ny a pas de raisons mais si on nous attaque, nous répondrons.»

Ce pas en arrière va-t-il suffire à éviter la manifestation de la coordination libertaire annoncée pour le 27 mars ? On peut en douter d
autant que ces organisateurs appellent au rassemblement en sappuyant sur le climat social et économique.

Le FNJ se sentant attaqué, pourrait-il répondre et programmer pourquoi pas une contre-manifestation ? «Le FNJ est cité dans le tract, mais nous ne sommes pas des fascistes, il ne faut pas faire la confusion. Après s
il y a un groupe présent pour nous attaquer, nous nous défendrons.»

Et puis, les élections seront passées, ce qui signifie que les différents protagonistes n
auront pas grand-chose à perdre.

Leur presse (Samuel Pargneaux,
L’Union), 19 février.




27 mars 2010 : manifestation antifasciste à Chauny (Aisne)

Antifascistes de tous courants politiques, antiracistes, toutes et tous qui êtes agressé(e)s par les idées de la droite, de l’UMP au FN, parce que vous n’avez pas la bonne couleur, pas la bonne sexualité, pas le bon goût, pas les mêmes opinions, pas les mêmes projets, bref, vous toutes et tous qui subissez, partout en France et ailleurs les discriminations de toutes sortes, rejoignez la manifestation du 27 mars, à Chauny, dans l’Aisne (Picardie) !

Syndicalistes n’ayant pas oublié l’internationalisme ayant jalonné l’histoire de leurs organisations ; retraités ayant grandi après la défaite du nazisme et ayant encore à cœur les grandes idées du Conseil National de la Résistance que Sarko veut détruire ; membres d’associations œuvrant contre le racisme, pour l’égalité des droits et contre toute discrimination ; toutes et tous qui êtes conscient(e)s que nous sommes à une période charnière de notre histoire et que le silence et la résignation ne nous permettrons pas un avenir respirable, rendez-vous le 27 mars à Chauny, à 14 heures devant la gare pour un défilé festif et joyeux.


Pour dire non à la xénophobie ayant à nouveau pignon sur rue, non à la fermeture de nos frontières, non aux expulsions de sans-papiers, non au débat sur l’identité nationale loin d’être moribond comme aiment à le qualifier certains médias et oui à la libre circulation, oui au droit d’installation, oui au droit de vivre librement, venez nombreux, à Chauny, le 27 mars, à 14 heures devant la gare.

Cette ville est depuis des mois la proie des fascistes, du Front National Jeunesse, associations anti-racisme-anti-Français (sic), du FN. Les enseignants voient leurs élèves tenir des propos racistes, xénophobes au point que la presse nationale s’est fendue de quelques articles !

Chauny, une sympathique ville où quelques fascistes vont de provocations en provocations, allant jusqu’à aller en bandes agresser les lycéens maghrébins sous prétexte de protéger leurs sœurs et amies à la sortie des lycées par crainte de les voir agresser. (Un principe de prévention ? Le nôtre ? Manifester le 27 mars à Chauny à 14 heures à la gare !) Chauny, une ville où, à défaut de débat sur le fond, c’est la police qui fait régner l’ordre en mobilisant pendant un temps jusqu’à trente policiers pour «escorter» les lycéen(ne)s !

Plutôt que de dépenser le denier public pour de telles opérations, demandons la mise hors-la-loi du FN.

La presse s’est aussi fendue de quelques lignes à propos de cette manifestation reflétant bien l’ambiance politique du moment. L’Union, par exemple, semble chercher à discréditer cette initiative se servant du fallacieux prétexte que nous ne serions ni Axonais, ni Chaunois. Décidément, on peut donc être considéré négativement du moment qu’on est l’étranger ! Ce même article tend plus à défendre l’image d’une ville, sa «carte postale» qu’à parler du fond du problème et qui précise que, parce que deux nationalistes ont été condamnés à des peines ridicules, la situation est apaisée !


Il va de soi que nous n’imaginons pas une seconde que tous les Chaunois soient racistes, nationalistes ou nazillons. Chauny est juste un exemple parmi tant d’autres de la situation politique et économique du moment : plus d’emplois et des entreprises sur le point de disparaître, la misère qui s’installe et des boucs-émissaires nécessaires tant au gouvernment qu’aux extrêmistes du crû.

Nous sommes des individus qui refusons cette banalisation de la haine et du sectarisme c’est pourquoi nous vous appelons tous à une grande manifestation joyeuse, festive mais nombreuse à Chauny, le 27 mars à la gare dès 14 heures.

Venez nombreux soutenir les Chaunois qui refusent que leur ville ne devienne une ville ayant la réputation de laisser des fascistes afficher librement des idées dont certaines, rappelons-le, sont punies par la loi ! Solidarité anti-fasciste !

Ce jour-là sera aussi la journée dite «No Sarko Day», l’occasion de dire Ni Sarko, ni fachos !

Contact
Union, Action, Révolution, Autogestion ! Coordination libertaire.
Groupe affinitaire d’individus anticapitalistes et antifascistes de l’Aisne et d’ailleurs.
Indymedia Lille, 17 février.


Ça se passe sur internet : Une manif et des questions !

Le tract est signé par le collectif «Union ! Action ! Révolution Autogestion Coordination libertaire». Inconnu localement (et même nationalement) au bataillon, celui-ci vient de lancer via Internet un appel à une manifestation antifasciste le samedi 27 mars à Chauny.

«Nous vous invitons à occuper la rue dans toute sa largeur et avec énergie à Chauny… À Chauny parce que le FNJ (NDLR : Front National jeunes) y est sérieusement implanté, parce qu
il est violent, parce quune boutique de fringues habille les nationalistes et que parce que la police y veille, comme partout, sur la sécurité des bons citoyens» peut-on lire sur le tract électronique circulant sur divers forums français (mais aussi suisses et allemands) et autres réseaux sociaux de type Facebook.

Doucement mais sûrement, la mayonnaise monte sur la toile où l
information circule à vitesse grand V. Si quelques auteurs de messages se disent Chaunois, ou tout du moins Axonais, dautres ne savent peut-être pas localiser Chauny sur une carte mais pensent connaître la cité chaunoise. Ou tout du moins la carte postale pas toujours très élogieuse décrite, début décembre, par lenquête du service internet dun hebdomadaire national.

Au passage, certains internautes ont même forcé le trait en ouvrant un sujet de discussion baptisé «Chauny, nouveau bastion Bonehead», comprenez par-là nazi-skin. Des discussions au vocabulaire connu et reconnu par les seuls initiés.

Qui sont-ils ?

À en juger par l
historique des posts, une «action» sur le secteur de Chauny est dans les tuyaux depuis la fin décembre. Quelques propositions ont été formulées comme le blocage dune permanence du Front National, une «visite» dans une discothèque du secteur qui accueillerait à bras ouverts les porteurs de lacets blancs (signe distinctif au sein de la mouvance skinhead)…

Lundi dernier, les premiers messages étaient postés avec cet appel à manifestation le 27 mars. Une date peut-être pas choisie vraiment par hasard. Sur la page de son blog annonçant la manif
, le collectif annonce que «ce jour-là sera aussi la journée dite “No Sarko Day”, loccasion de dire Ni Sarko, ni fachos !»

Alors Chauny servirait-il de miroir à un groupuscule qui semblerait visiblement appartenir à l
extrême gauche, voire au milieu anarchiste ? Dautant quà en croire un internaute averti, de la retape pourrait être fait en direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et au Parti communiste (PC).

Alors ? Alors difficile d
y voir clair.

D
autant que de nombreuses questions restent en suspens. Qui est ce mystérieux collectif ? Est-il implanté localement ? Pourquoi sortir du bois maintenant alors que la situation semble désormais apaisée… Nous avons tenté de joindre par mail le collectif organisateur. En vain…
Leur presse (Ludovic Barbarossa,
L’Union), 19 février.


Commenter cet article