Ce pour quoi nous ne voulons plus payer la cantine

Publié le par la Rédaction

 

 

Voici un petit texte invitant les travailleurs précaires de l’Éducation à ne plus payer la cantine.
Ce texte sera diffusé à divers réseaux afin que n’importe qui puisse se l’approprier, le modifier et le diffuser à son tour.
Cette action peut être menée seul mais le mieux serait sans doute de se présenter à quelques-uns dans nos cantines afin d’assumer plus facilement le fait de ne pas payer nos repas et ce dès le début de ce mois de juin. Ce tract (ou un autre) peut remplacer le ticket que nous remettons habituellement aux agents de service qui le feront certainement remonter à l’intendance.
Sinon la grève des chômeurs poursuit sa route. Toutes les infos sont sur le site de la CIP.
Bonne lecture,
À bientôt…
 
Courriel, 4 juin 2010.
 Contact (Chômeurs et Précaires en lutte d’Antony)



Ce pour quoi nous ne voulons plus payer la cantine

 

Nous sommes assistants d’éducation, assistants de vie scolaire ou maîtres au pair dans des établissements de l’Éducation nationale en Île-de-France.

La grève des chômeurs, mouvement de refus né de la volonté de s’opposer pratiquement à la politique menée par les institutions en charge de la précarité (comme Pôle Emploi ou la CAF), est une lutte dans laquelle nous pouvons nous retrouver bien que nous travaillions pour le moment.

Nous travaillons en effet, et sommes des chômeurs potentiels. Au terme d’une année de service, l’établissement dans lequel nous exerçons peut décider de ne pas renouveler notre contrat pour diverses raisons qui nous échappent le plus souvent. Ce n’est pas tant cette épée de Damoclès dressée au dessus de nos têtes que nous redoutons bien que nous préférerions avoir le choix de travailler 1 an, 2 ou plus lors de la signature de notre contrat.

Comme les chômeurs, nos revenus sont bien faibles pour payer le nécessaire que nous devons toujours payer plus sans que nos salaires soient à la hauteur.

Comme les chômeurs, nous avons besoin, dans les limites posées par ce système, d’argent. Se nourrir, se loger, se déplacer, s’habiller en demandent.

Contrairement à ceux qui se plaignent de travailler à temps partiel et de ne pas gagner suffisamment, nous posons le problème autrement. Travailler à temps partiel est une aubaine pour celui qui doit se salarier un temps soit peu et qui a tant d’attachements par ailleurs.

Aussi, beaucoup de précaires de l’Éducation poursuivent en parallèle leurs études, rendues difficiles et parfois même compromises lorsque les horaires de travail au bahut demeurent incompatibles avec celles du lieu d’études.

Ce que nous constatons alors, c’est qu’un mi-temps ne rapporte pas assez et qu’un temps plein nous vole tout notre temps.

C’est pour cela que nous ne paierons plus la cantine. Nous pouvions frapper à d’autres portes et nous le ferons sans doute, mais nous avons choisi celle-ci puisque nous la franchissons chaque jour.

Par ce refus de payer nos repas sur notre lieu de turbin, nous avons bien conscience de ne pas là mener une action grandement révolutionnaire alors qu’il y aurait tant à faire, en tant que travailleurs ou pas, en vue d’une meilleure répartition des richesses produites.

Ne plus payer nos repas, c’est tout de même toujours cela de pris sur la part remise au Capital dont l’appétit féroce et les crises à répétition qu’il nous sert, vont jusqu’à nous imposer aujourd’hui et partout en Europe des mesures d’austérité. Mesures qui invitent une fois de plus une grande part de la population à se serrer la ceinture.

Ce refus de payer la cantine est avant tout un des outils que nous employons, nous confortant dans l’idée que c’est en menant des actions collectives que nous pouvons échapper à cette situation de précaire ; situation de celui qui n’a que peu d’emprise sur le cours de sa vie quotidienne.

C’est bien une hypothèse qui par cette action est posée. L’hypothèse de sortir du cercle de la domination et de la dépossession. Nous choisissons enfin et d’abord de ne plus payer.

Quelques précaires de l’Éducation nationale.

 


Publié dans Chômeurs - précaires

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