Calais - La réponse de la police contre "les vidéos de la honte" : toujours plus de violence

Publié le par la Rédaction

 

Hier matin, (jeudi 21 avril à 9h), lors d’une rafle brutale de la police à l’African House (rue Descartes) trois activistes No Border qui filmaient et observaient ont été arrêtés violemment et sont poursuivis devant le tribunal. Plus de 20 réfugiés principalement soudanais qui vivaient dans le squat ont été arrêtés. La police a maltraité physiquement les activistes. Elle a détruit l’une de leurs caméras et effacé les vidéos sur la seconde.

 

«Cela ressemblait avant tout à une revanche suite à la publication des vidéos de No Border sur les sites Rue 89 et les Inrockuptibles qui dénonçaient les harcèlements policiers à Calais», dit Martin, un Noborder activiste.

 

Trois activistes ont été arrêtés. Deux d’entre eux qui filmaient le raid ont été violemment attrapés et jetés au sol par la PAF et les CRS. Ils ont passé neuf heures en garde à vue et ils ont plusieurs charges à leur encontre : occupation illégale, résistance avec violence en réunion… le procès aura lieu le 12 juillet à Boulogne-sur-Mer.

 

«Une nouvelle fois, ce procès n’est qu’une stratégie de manipulation, pour détruire l’image de No Border dans l’opinion publique et pour essayer de nous faire peur, de nous décourager à continuer de filmer et témoigner de la réalité calaisienne et de son système répressif. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes prêts à aller au tribunal pour saisir l’opportunité de gagner ce nouveau procès politique» déclare Marine une activiste.

 

Il y a deux semaines No Border a publié plusieurs videos qui montrent la violence, les harcèlements sexuels, les insultes, les destructions des caméras. Dans une vidéo qui a été largement visionnée on voit des officiers de la PAF qui arrivent à l’African House au petit matin et réveillent les migrants avec Le dimanche à Bamako.

 

 

 

«Les films publiés ne sont que la partie émergée de l’iceberg des harcèlements quotidiens de la police à Calais. Cette violence est systématique et fait partie d’une stratégie globale contre les migrants dans cette ville» dit Martin. «En dehors des vidéos nous avons nombre d’autres documents qui sont prêts à être publiés ou utilisés comme preuves dans une action juridique contre la police. Nous ne nous laisserons pas intimider par ces violentes réactions des autorités, cela vient juste conforter nos convictions. À Calais la répression fait loi.»

 

Notes aux rédacteurs en chef

1) No Borders Calais maintient une présence constante sur Calais depuis juin 2009. Le travail des militants consiste principalement à faire de la surveillance face aux violences policières et à être solidaire de manières concrètes avec les communautés de migrants.
2) L’Africa House est une ancienne usine désafectée dans la Rue Descartes, Calais, où une centaine de migrants soudanais, érythréens, afghans ont trouvé un refuge.
3) Voir aussi :

 

LCI

 

 Radio France

 

Contact pour les médias : Martin Brouhere
Calais Migrant Solidarity, 22 avril 2011.

 


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