Brèves de la répression - leur presse

Publié le par la Rédaction

[saintNazaire] Deux hommes incarcérés pour les violences d'après manif

 

Quatre hommes interpellés mardi à Saint-Nazaire après la manifestation contre les retraites ont été condamnés à des peines de prison ferme en début d'après-midi par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, mais deux seulement ont été placés en détention. Ils étaient tous les quatre poursuivis pour des violences lors des affrontements qui avaient suivi le défilé réunissant environ 17'000 personnes.

 

Le premier, un docker de 41 ans a admis avoir lancé quelques bouteilles vides en direction des forces de l’ordre. Filmé lors du déclenchement des hostilités, il a été présenté par le procureur comme étant «un meneur qui a harangué la foule». Il s’est défendu en affirmant qu’il «n’avait jamais été un meneur». Il a été condamné à quatre mois de prison dont deux avec sursis, puis libéré à l’issue du jugement, sous l’acclamation de ses camarades venus le soutenir.

 

Deux garçons de 19 et 20 ans, l’un sans emploi, l’autre en formation, étaient aussi poursuivis pour des jets de bouteilles et pour avoir renvoyé des grenades lacrymogènes. Malgré leurs dénégations, le premier a écopé de deux mois de prison, avec mandat de dépôt compte tenu de son casier judiciaire. Le second s’en sort avec un mois de prison sans mandat de dépôt.

 

Enfin, un homme de 34 ans sans domicile fixe a été condamné à un mois de prison, avec mandat de dépôt.

 

Leur presse (Ouest-France), 21 octobre 2010.

 

 

[Saint-Nazaire] De deux à quatre mois ferme pour quatre prévenus. Deux d'entre eux placés immédiatement en détention

 

Ce jeudi, quatre prévenus interpellés dans le cadre des violences d'après rassemblement ont été condamnés à des peines de prison ferme avec mandat de dépôt pour deux d'entre eux. Alors que le mouvement social se durcit, la justice a semble-t-il voulu calmer le jeu, en prononçant des peines sensiblement plus légères que les réquisitions du procureur.

 

La fausse annonce d'une comparution des prévenus pour le vendredi n'a visiblement pas eu les effets escomptés. Finalement, les quatre personnes interpellées suite aux incidents de mardi ont été traduites devant le tribunal de Saint-Nazaire en comparution immédiate ce jeudi à 11 heures À l'extérieur du tribunal, plus de deux cents personnes se sont rassemblées pour soutenir les inculpés et plus spécialement un docker de 41 ans qui comme les trois autres prévenus comparaissaient pour des faits de violences (jets de pierres, canettes, etc.) envers les personnes dépositaires de l'autorité publique. Dans une salle d'audience pleine, plus de 50 personnes sont là. Parmi elles, des soutiens de la première heure comme les membres du Codelib, mais également des jeunes, des représentants de la CGT portuaire. Dans le box des accusés, un docker de 41 ans, père de cinq enfants. La mine défaite, une voix tremblotante, l'homme ne semble pas avoir l'allure d'un meneur. Et pourtant, c'est en ces termes que le procureur va décrire le prévenu : «Monsieur X. sest comporté comme un meneur. Il a donné l'exemple avec un comportement d'incitation à la casse et cela est une circonstance aggravante. C'est pourquoi, je réclame six mois dont deux avec sursis, mise à l'épreuve, obligation de soins et mise sous mandat de dépôt.»

 

Une vidéo non visionnée par la cour

 

Dans une plaidoirie particulièrement éloquente, Maître Marteret souligne le contexte politique incontestable de cette affaire. Une affaire qui selon l'avocat du prévenu souligne de nombreuses incohérences. Et de souligner : «Comment cette affaire peut-elle être jugée, alors que la cour n'a pu visionner la vidéo réalisée par les policiers, comme l'a reconnu Monsieur le procureur ?» Et de poursuivre : «Les faits d'exaspération doivent être pris en compte dans ce dossier. À 41 ans, mon client est salarié depuis longtemps. Il était fortement alcoolisé et son discernement donc altéré. L'alcoolisation était due à son anniversaire. C'est pourquoi, je souhaite que mon client bénéficie du sursis, assorti d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins.» Finalement au terme du délibéré, le docker a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme et remis en liberté à son grand soulagement et à celui de ses camarades venus lui apporter leur soutien dans cette épreuve.

 

Un réquisitoire impitoyable, des sanctions atténuées

 

Dans le même temps, trois autres personnes comparaissaient pour des faits similaires. Mais comme pour le docker, le tribunal a prononcé des peines inférieures au réquisitoire, un peu comme si la justice voulait faire baisser la tension. Un jeune Guérandais de 20 ans en formation à l'AFPA, un SDF de 34 ans, et un membre de la communauté des gens du voyage, chômeur et âgé de 19 ans. Le premier écope d'un mois ferme sans mandat de dépôt. Le second est condamné à un mois ferme et écroué à l'issue de l'audience. Le troisième au casier judiciaire chargé écope de deux fermes et placé sous mandat de dépôt. À l’issue de l'audience, Maître Le Moigne soulignait : «Pour une fois, les arguments de la défense ont été partiellement entendus. Nos argumentations commencent à prospérer.»

 

Leur presse (saintNazaire Infos), 21 octobre.

 

 

[Lyon] Dispositif policier «en veille» à Lyon

 

L'important dispositif policier, de quelque 700 hommes, mobilisé à Lyon cette semaine en raison de casseurs, a été mis «en veille» samedi, en raison d'une nuit «très calme» a annoncé la préfecture.

 

 

«La nuit a été très calme. On est sur un dispositif de veille», a déclaré à l'AFP une responsable de la préfecture.

 

Vendredi encore, de nombreux camions de CRS sont restés garés toute la journée autour de la place Bellecour, dans le centre, avec deux engins armés de canons à eau, après plusieurs jours de violences commises en marge du mouvement contre la réforme des retraites.

 

Vendredi, quelque 150 manifestants d'extrême droite avaient défilé, encadrés par quelque 250 CRS, pour dénoncer les agissements des casseurs dans la troisième ville de France.

 

Les stations de métro alentour avaient été fermées par crainte de débordements et un cordon de policiers déployé pour éviter toute violence entre ces «identitaires» et des militants d'«extrême gauche».

 

Au total, 286 personnes ont été interpellées ces derniers jours à Lyon dans le cadre de ces violences. Cinq ont été incarcérées, «pour les faits les plus graves», avait annoncé vendredi la préfecture.

 

Leur presse (La Dépêche), 23 octobre.

 

 

[Lyon] Tribunal : le bon élève, le petit poucet et le vendangeur, caillasseurs d'un jour

 

Cinquième vague hier après-midi de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Lyon avec huit jeunes de 18 à 28 ans impliqués dans les violences de ces deux derniers jours. Les caillasseurs du jour ? Un étudiant en BTS, un Mâconnais investi d'une mission anti-CRS, un lycéen, un vendangeur et des «oisifs» ; sur le lot, quatre ont un passé judiciaire. Pris pour la plupart dans la «nasse» de Bellecour, jeudi, ils défilent à la barre, penauds, sous le regard pesant de leur père ou de leur mère, assis dans la salle d'audience.

 

Étudiant bien noté, fils de prof, que fait Oussama dans cette galère ? Jeudi, ce Villeurbannais se rend à ses cours au lycée La Martinière quand il croise des individus lançant des pierres sur les policiers. «Ça m'a amusé, j'ai fait pareil.» Le président du tribunal s'étonne de ce «comportement aberrant». Oussama «a suivi comme un mouton», reconnaît son avocate qui plaide la relaxe. Surprise de la salle (comble) quand le procureur requiert trois mois de prison ferme.

 

Même fermeté pour un autre dossier, tout aussi surprenant. Encore un jeune de 19 ans qui, lui non plus, n'avait aucune raison de se joindre à ces violences. Clément n'est ni lyonnais, ni lycéen, ni militant mais ex-peintre en bâtiment. Il veut casser du CRS. Depuis Mâcon où il vit, il prémédite sa virée. Tel un petit poucet, il collecte sur son chemin des cailloux et en remplit son sac à dos, se plaint du poids, puis prend sa panoplie de casseur : cagoule et gants. «Il a commis une grosse bêtise mais ce sera la dernière», plaide son avocate.

 

Vient ensuite à la barre, François, un gars du Nord, dans la région pour les vendanges. «J'ai suivi le mouvement», explique-t-il benoîtement au président qui peine à comprendre les motivations de ces jeunes caillasseurs d'un jour.

 

Le Mâconnais écopera de la peine la plus sévère (deux mois de prison ferme), Oussama s'en tirera avec trois mois avec sursis sans inscription au casier judiciaire. Trois mois de prison ferme mais sans incarcération pour Vladimir, le plus âgé, déjà auteur de dégradations.

 

Leur presse (Annie Demontfaucon,
Le Progrès), 23 octobre.

 

 

[Lens] Des jeunes en possession de bouteilles d'acide interpellés en marge de la manif

 

Depuis jeudi dernier, la police a procédé à 59 interpellations, dont vingt lundi (notre photo) et encore dix-huit hier. 
Il y a eu beaucoup moins de casse hier que les jours précédents…

 

Encore des rétroviseurs cassés certes, mais pas de voitures retournées. Beaucoup moins de mobilier urbain saccagé également. La police a néanmoins procédé à dix-huit interpellations. Essentiellement des adolescents dont aucun n'était issu du cortège syndical. Des jeunes qui ont encore lancé des projectiles contre les forces de l'ordre. Et — plus inquiétant encore — se dirigeaient armés vers les manifestants.

 

Déférés au parquet

 

Si un Libercourtois de 17 ans, par exemple, été interpellé en possession d'un couteau, un autre de 13 ans surpris avec une arme, un Éleusien de 14 ans arrêté pour port d'arme prohibé aux abords du stade Bollaert, la police s'est davantage alarmée des intentions de quatre jeunes. Âgés de 14 à 15 ans, Liévinois et Sallauminois, tous rejoignaient le cortège muni de bouteilles d'acide. Un liquide qui, mêlé à de l'aluminium, peut produire un effet détonnant mais surtout brûler des gens. Interpellés, ces quatre adolescents doivent être déférés devant le parquet de Béthune. Présentés au procureur, comme l'ont été deux autres jeunes interpellés lundi (notre édition d'hier) pour avoir lancé des projectiles contre la police. Ces derniers, nés en 1994, étaient déjà connus des services de police. Présentés au juge des enfants, ils ont été mis en examen et remis en liberté surveillée lundi soir. Ils seront désormais suivis par un éducateur.

 

Leur presse (Romain Musart,
 La Voix du Nord), 20 octobre 2010.

 

 

[Dijon] Sanctions, après les violences

Une cinquantaine de personnes arrêtées à Dijon doivent rendre des comptes.

 

Dans le cadre des manifestations lycéennes, qui se sont déroulées à Dijon du 12 au 19 octobre, 47 manifestants au total, dont une vingtaine de mineurs, font l’objet de poursuites pénales.

 

Dans le détail, le mardi 12 octobre a vu deux interpellations, dont celle d’un lycéen pour «tentative de dégradations par incendie». Le jour suivant, un manifestant a fait l’objet d’un rappel à la loi pour «outrage par geste». Le jeudi 14 octobre, 15 interpellations se sont soldées par des poursuites judiciaires : sept lycéens, et un apprenti devront répondre de «violences sur agents dépositaires de l’autorité publique», devant le juge des enfants lors d’audiences fixées en décembre 2010 et janvier 2011. Quatre majeurs, auxquels il est reproché le même type de faits, feront l’objet d’une comparution devant le tribunal correctionnel, soit sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou en audience courante. Un cinquième a été sanctionné par un rappel à la loi pour «port d’arme de 6e catégorie» ; une «tentative de jet de rétroviseur» est aussi reprochée à un jeune majeur…

 

Pour avoir jeté une bouteille en direction d’un policier, un majeur de 18 ans, non scolarisé et sans emploi, a été condamné mercredi, en comparution immédiate, à 12 mois de prison dont un ferme, avec mandat de dépôt prononcé par le tribunal correctionnel.

 

Le 15 octobre, quatre lycéens, un collégien, un apprenti et un intérimaire, ont également été interpellés pour des violences commises sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils ont tous été poursuivis en justice.

 

Port de la cagoule interdit

 

Même scénario le 16 octobre pour trois lycéens, dont un est poursuivi pour «dégradations de biens publics». Un intérimaire est convoqué en février prochain, devant le tribunal correctionnel, où il devra répondre d’«outrage à agent dépositaire de l’autorité publique», ainsi que de dégradations et du port d’une cagoule lors de la manifestation. Un autre majeur est convoqué à la même audience pour des violences et un recel de vol…

 

Mardi 19 octobre, 17 interpellations ont aussi donné lieu à des poursuites pénales. Le Parquet a notamment saisi le juge des enfants par requêtes pénales en vue de sanctions à l’encontre d’un lycéen et de deux collégiens, pour des dégradations commises par un incendie causé par un cocktail Molotov… Six autres mineurs se sont vu remettre une convocation par officier de police judiciaire pour comparaître devant le juge des enfants. Enfin quatre majeurs ont été présentés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ; l’un, mercredi, a été condamné à 4 mois de prison à accomplir avec un bracelet électronique. Deux des trois présentés hier (voir plus bas) ont été sanctionnés par des peines de prison avec sursis, et de travail d’intérêt général.

 

Leur presse (Anne-Françoise Bailly,
Le Bien Public), 23 octobre.

 

 

[Caen] Violences sur policiers :

Un jeune poursuivi

 

Un jeune de 14 ans poursuivi pour des violences sur agent dépositaire de l'autorité publique à Caen a été placé sous liberté surveillée dans l'attente de son jugement d'ici la fin de l'année, après des incidents à l'issue d'une manifestation hier, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.

 

La liberté surveillée implique que le jeune est laissé en liberté, sous la surveillance et le contrôle d’un éducateur, sous l’autorité du juge des enfants. Selon la préfecture ce jeune est «un des meneurs de la cinquantaine de cagoulés» qui ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre hier soir devant l'université de Caen à l'issue d'une manifestation rassemblant plusieurs centaines de personnes contre la réforme des retraites.

 

Selon la préfecture, le jeune mineur dont le casier judiciaire n'était pas vierge a reconnu les faits. Un autre jeune de 19 ans avait été arrêté hier à l'issue de ces incidents. Il a été relâché vendredi faute de preuve.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 22 octobre.

 

 

[Toulouse] Manifestation :

Un jeune arrêté avec un engin explosif condamné à 6 mois 

 

Un jeune de 18 ans a été condamné à 6 mois de prison avec sursis à Toulouse après avoir été interpellé en possession d'un engin explosif de sa fabrication en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

 

Le tribunal correctionnel, qui a jugé ce jeune jeudi, a assorti sa peine d'une période de 18 mois de travail d'intérêt général, a indiqué le procureur Michel Valet.

 

Le parquet, qui avait requis 18 mois de prison, dont 6 ferme, a fait appel.

 

Le jeune avait été interpellé le 19 octobre en marge de la grande manifestation qui avait rassemblé 155.000 personnes selon les organisateurs, 35.000 selon la préfecture, chiffre record dans les deux cas depuis le début de la mobilisation.

 

Les forces de l'ordre avaient retrouvé sur lui une bouteille de plastique contenant différents liquides, dont de l'acide chlorhydrique.

 

Le procureur n'a pas fourni plus de détails sur ce jeune.

 

Les manifestations toulousaines se sont généralement déroulées dans le calme.

 

Leur presse (La Dépêche), 22 octobre.

 

 

[Montpellier] Jet de projectiles sur des policiers :

Un mois de prison pour deux lycéens

 

Deux lycéens de 18 ans ont été condamnés vendredi à un mois de prison ferme pour avoir jeté des projectiles jeudi à  Montpellier sur les forces de l'ordre, en marge d'un rassemblement contre la réforme des retraites, a-t-on appris auprès de l'avocat d'un des lycéens.

 

Les deux garçons, qui étaient poursuivis pour violences volontaires aggravées sur personnes dépositaires de l'ordre public, devront en outre suivre un stage de citoyenneté à leurs frais et ont été condamnés à verser 200 euros de dommages et intérêts à chaque policier. Ils étaient jugés dans le cadre d'une comparution immédiate.

 

Les projectiles avaient été lancés sur le fourgon des policiers stationné aux abords d'un lycée montpelliérain. Aucun blessé n'avait été déploré. À proximité avait lieu un rassemblement de lycéens opposés à la réforme des retraites.

 

Leur presse (Midi Libre), 22 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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