Brest : Trois mois ferme pour avoir insulté des gendarmes sur Facebook

Publié le par la Rédaction

 

Dix-neuf ans et déjà de la prison ferme. Un début de carrière précoce entaché par un triste record : celui de la plus lourde peine pour outrage à agent via Facebook.

 

Pas de prévenu à la barre, l'affaire est vite jugée. Le président André expédie la lecture du casier en quelques secondes : cinq condamnations au compteur. L'affaire pourrait faire partie de la longue cohorte des «outrages à agent» des audiences du tribunal correctionnel. Mais au lieu de la traditionnelle cellule de dégrisement, c'est sur Facebook que les insultes envers la brigade de gendarmerie du Faou ont fusé. Une bordée d'injures pour les hommes en bleu et leurs familles, lâchés après un contrôle routier. Il est 22h40 quand la voiture dans laquelle se trouve le jeune homme est contrôlée à un rond-point. Les gendarmes constatent l'ivresse manifeste de l'équipage et du conducteur. Il faudra rentrer à pied à Brest. Vers les 1h20 du matin, c'est chose faite. Mais il reste un peu de ressenti envers les forces de l'ordre. L'excédent est vite expédié sur le mur Facebook de ce jeune adulte moderne. Son profil est public. Les paramètres de confidentialité de son compte sont restés sur les réglages par défaut et ses états d'âme sont visibles par n'importe qui. Rien ne changera pendant six mois, jusqu'à la découverte du profil par les principaux intéressés : les gendarmes du Faou. Facebook a beau être le rendez-vous planétaire des pensées de tout un chacun, les militaires ne goûtent pas vraiment au message. Leur ressenti porte même un nom dans le langage pénal : «Outrage à personne dépositaire de l'autorité publique».

 

Pas de liberté d'insulter

 

Le chef d'escadron de la brigade du Faou rappelle son attachement à la liberté d'expression. «Et même à la liberté orthographique, s'il le faut.» Mais la liberté d'insulter, cela ne passe pas. La procureure Léoquet goûte, elle aussi, peu à la chose et requiert six mois de prison ferme. L'absence du prévenu et le contexte pèsent lourd. Le tribunal suit : 750 € de dommages et intérêts et trois mois de prison ferme pour le prévenu. Cet habitant de Locmaria-Plouzané vient de faire tomber un nouveau record de France, celui de la plus lourde peine pour outrage à agent via Facebook.

 

Leur presse (Le Télégramme), 2 octobre 2010.

 

 

(…) Internet sans Frontières, association travaillant à la promotion de la liberté d'expression sur internet, a déploré dans un communiqué la «sévérité inédite» de la peine, relevant qu'il s'agit de «la première fois en France qu'un individu est condamné à de la prison ferme pour ce type de faits».

 

Leur presse (Le Dauphiné Libéré), 1er octobre.

 


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