Blocage d'un Leclerc près de saintLô - 1er novembre

Publié le par la Rédaction

saintLô : Le centre Leclerc bloqué par des manifestants

 

Certains ne désarment pas… En ce lundi de la Toussaint, une quarantaine d'opposants à la réforme des retraites ont interdit l'entrée du centre commercial. Impressions croisées.

 

 

«La lutte continue.» Hier matin, lundi, une quarantaine de manifestants anti-réforme des retraites ont créé la surprise en bloquant l'accès au parking du centre commercial Leclerc, ainsi qu'aux pompes à carburant toutes proches. Cette action a été menée par l'Intersyndicale («à l'exception de la CFDT») à partir de 8h45. « Nous ne manifestons pas directement contre le centre Leclerc, mais contre la réforme des retraites, note scrupuleusement Pascal Varin, de Force ouvrière. C'est un blocage symbolique. Même si, un jour férié comme aujourd'hui, le centre ne devrait pas ouvrir. Mais bon, ça, c'est un autre débat…»

 

Munis de leurs drapeaux syndicaux et de palettes en bois, les militants ont donc occupé le terrain, en ne laissant passer que les salariés des magasins du centre. «Les clients n'ont qu'à aller ailleurs… Ou revenir demain !», confie un autre manifestant. Pour les bloqueurs, leur action a un but clair : «Montrer à Sarkozy et au gouvernement que l'on n'est pas fatigué. La lutte continue…»

 

Pratiquement, le blocage s'est initialement fait au niveau du rond-point d'entrée du centre commercial. Au bout d'une heure, vers 9h30, quelques policiers se sont postés au rond-point supérieur afin de dérouter le flot des automobilistes en amont, et sécuriser le dispositif. «On fait tampon, entre les deux parties, confie un des policiers présents. Cela évite que le ton monte.» À ce propos, justement, aucun trouble notable n'a été signalé.

 

Parking sauvage. Au fil de la matinée, les clients (qui n'ont pas été découragés par ce comité d'accueil militant) sont allés se garer un peu partout. Faisant le restant du chemin à pied. Les sacs remplis, le chemin retour a parfois été long pour certains. «Pour une fois que je viens faire les courses, je ne suis pas remercié !, s'amuse Didier, de Marigny. Ceci dit, il fait beau, donc ce n'est pas trop un problème. Par contre, je pense que ce genre d'action est totalement vain… Qu'ils aillent manifester en bas de la résidence du préfet ou de la permanence des élus, je comprends, mais ici…»

 

Appâtée par une publicité qui disait que le centre était ouvert en ce lundi férié de la Toussaint, Véronique a, elle, fait la route depuis Blainville-sur-Mer pour faire ses courses. «J'avoue que ce blocage me choque, confie-t-elle. Maintenant, la loi a été votée. Le débat sur les retraites est fini. Il faut que ces mouvements de contestation s'arrêtent. Le pays doit se remettre en marche.»

 

Des commerces quasi déserts. Dans le restaurant Quick et dans la galerie commerciale, les clients se sont donc faits très rares toute la matinée. «Je n'ai eu aucun client», assure Albert, le cordonnier. Chez le magasin de prêt-à-porter Jacqueline Riu, on confie avoir «réalisé une seule vente dans toute la matinée». Tandis qu'à l'hypermarché, plus de la moitié des caissières attendaient qu'un caddie veuille bien se présenter devant elles. À la brasserie Maître Kanter, le patron Emmanuel Richomme n'a pas le sourire. «Là, on a fait sept couverts, alors que d'habitude on en fait une centaine ! Les gens qui ne viendront pas manger ici, c'est de la perte sèche pour moi. Aujourd'hui, nous sommes cinq à travailler, mais il y a à peine du boulot pour une personne. Faudrait pas que ça se reproduise souvent ce truc-là !» Attablée dans la brasserie, la famille Leclerc est venue de Lison pour faire ses courses. En attendant, elle mange à la brasserie. «L'avantage avec tout ça, c'est que nous sommes quasiment les seuls clients. Du coup, on est servi super vite !»

 

À midi, c'est fini. C'est finalement vers 12h30 que les manifestants ont levé le camp, sans coup férir. Presque immédiatement, les premières voitures venaient se garer à proximité du centre commercial.

Leur presse (Ludovic Renoult,
Ouest-France), 2 novembre 2010.

 

 

[9h46] Le centre Leclerc bloqué depuis 8h45 par des manifestants

 

Depuis 8h45 ce matin, l’accès au centre commercial Leclerc d’Agneaux (près de Saint-Lô) est bloqué par une quarantaine de manifestants. Cette action a été décidée par l’intersyndicale, à l’exception de la CFDT. «Nous ne manifestons pas directement contre le centre Leclerc, mais contre la réforme des retraites, note Pascal Varin, de Force Ouvrière. C’est un blocage symbolique. Même si d’ailleurs, un jour férié, les magasins ne devraient pas ouvrir…» Pratiquement, le blocage se fait au niveau du rond-point d’entrée du centre commercial, tandis que les forces de police dévient la circulation depuis le rond-point de l'échangeur. Les manifestants laissent entrer les salariés des différents magasins, mais empêchent les clients de venir faire des achats ou prendre de l’essence. Les manifestants ont prévu de poursuivre leur action jusqu'à midi.

 

 

[12h59] Saint-Lô : Le centre Leclerc d’Agneaux à nouveau accessible

 

La quarantaine de manifestants anti-réforme des retraites qui bloquaient le centre commercial Leclerc d’Agneaux ce matin viennent de lèver le camp à 12h30. Présents depuis 8h45, ils ne laissaient passer que les salariés des différents magasins. Les clients, eux, ne pouvaient accèder aux parkings avec leur véhicules. Les policiers étaient sur place depuis 9h30. Aucun heurt notable n’est à signaler.

 

Leur presse (Ouest-France), 1er novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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