"Vandalisme" antipub à Auch - nuit du 3 au 4 décembre

Publié le par la Rédaction

Auch : Les sucettes publicitaires prises pour cible


Depuis samedi, différents slogans ornent de nombreuses sucettes en centre-ville.

 

Une bonne vingtaine de panneaux publicitaires

se sont mués en slogans anticapitalistes ce week-end, à Auch.

 

L'appel lancé par Éric Cantona, relayé depuis quelques jours par les réseaux sociaux du web et les médias, a trouvé un large écho dans la capitale gasconne ce week-end. Sur la route d'Agen, celle de Tarbes ou en plein centre-ville, de nombreuses affiches publicitaires se sont ainsi muées en slogans anticapitalistes ou antipubs, dans la nuit de vendredi à samedi.

 

Une vaste action qui n'a apparemment pas été signée et n'a pas été «revendiquée» mais qui, sans nul doute, vu l'ampleur, a été menée par plusieurs personnes. Hier, la police n'avait encore reçu aucune plainte.

 

Mc Do, Leclerc et banques

 

Devant le Mc Donald's, avenue de l'Yser, on peut lire : «On l'engraisse (un cochon représente le capitalisme). On le bouffe quand ?» Un peu plus loin, une citation de Brecht : «Qu'est-ce qui est le plus moral ? Fonder une banque ou en attaquer une ?» Près du centre commercial Leclerc : «La publicité, parce que nous l'avalons bien.» Et dans le quartier du Garros, cet appel : «Le 7 décembre, vidons les banques, vidons nos comptes. Reprenons nos vies en main ! Nous n'avons pas les mêmes valeurs.»

 

Leur presse (Jean-Charles Galiacy,
 Sud-Ouest), 6 décembre 2010.

 

 

 Une action d'envergure menée dans la nuit

 

Une trentaine de sucettes publicitaires prises pour cibles. Cette action surprise était bien préparée.

 

Avenue de l'Yser, sur la route d'Agen et du centre Leclerc,

les slogans pullulent depuis samedi.

 

Du papier kraft et un bon gros feutre rouge. Rien de bien sorcier apparemment. Et pourtant, l'action menée ce week-end par un groupe de personnes, tendance anticapitaliste, a été longuement préparée et, au final, complètement réussie.

 

Samedi, au réveil, les Auscitains ont découvert un peu partout dans la ville une nouvelle campagne de publicité : contre le système économique actuel, la société de consommation et les banques. Une trentaine de sucettes pourrait avoir été ciblée : sur les routes de Tarbes, d'Agen, en haute ville, au Garros…

 

Une clé spécifique

 

Mais qui est l'origine de ce coup ? Le collectif Action Gers qui s'illustre depuis quelques semaines un peu partout dans le département ? Un ou certainement plusieurs anonymes ? Reste que, pour la société Clear Channel, propriétaire des panneaux publicitaires dans la cité, il s'agit d'un «mystère».

 

«Ils ont réussi à ouvrir les vitres avec une clé spécifique, explique Mélodie Salle, de l'entreprise. Seulement deux employés ont ce type de clés ici. Ensuite, ils ont enlevé certaines publicités ou les ont simplement recouvertes pour afficher leurs slogans.» Aucune plainte n'a encore été déposée au commissariat de police d'Auch par la société qui réfléchit aux suites à donner à cet «acte de vandalisme».

 

Pas de plainte encore

 

«Nous n'avons jamais été confrontés à une action d'une telle envergure, reprend Mélodie Salle. Et nous nous renseignons actuellement afin de savoir si d'autres opérations de ce type ont été menées ailleurs dans la région ou en France.»

 

Les slogans sont multiples. Du mignon «Faites l'amour, pas les magasins» au plus violent «Le pouvoir n'est pas à prendre, il est à détruire», en passant par cet appel, relais de celui lancé par l'ancien footballeur Éric Cantona : «Le 7 décembre (aujourd'hui), vidons les banques, vidons nos comptes. Reprenons nos vies en main ! Nous n'avons pas les mêmes valeurs.»

 

Selon David Aylies, secrétaire départemental de la CGT, cette campagne d'affichage sauvage est «dans la continuité du mouvement social anti-réforme des retraites. Mais qui est derrière tout ça ? Quel est vraiment l'objectif ? Je ne le sais pas…»

 

Leur presse (Jean-Charles Galiacy,
 Sud-Ouest), 7 décembre.

 


Publié dans Agitation

Commenter cet article