Art content pour rien / Pixação

Publié le par la Rédaction



Expo - Fondation Cartier
Né dans la rue, star des musées


La fondation expose des œuvres d’artistes internationaux et explore le mouvement et ses origines : graffiti superstar.

Drôle d’ironie du calendrier, alors que soixante personnes viennent d
être jugées pour avoir tagué des rames de métro, des trains, des murs, le graffiti na jamais été aussi célébré… dans les musées. Après T.A.G. au Grand Palais en avril dernier, et plusieurs expos temporaires dans diverses galeries, cest la Fondation Cartier qui invite les graffeurs. Avec, en préambule, lavertissement suivant : «La Fondation rappelle que la destruction, la dégradation ou la détérioration de biens appartenant à autrui par inscriptions, graffitis, tags ou gravures sans autorisation préalable est punie de lourdes peines selon le code pénal.»

Joâo Wainer - Sao Paulo, 2009

Dans l
espace urbain, le graff est donc interdit, libre, élaboré dans lurgence, éphémère. Ici, il est autorisé. Au rez-de-chaussée, dix artistes internationaux invités. Dans Death for glory, Patrice Poch convoque Elvis et Hendrix, James Dean et Kurt Cobain : disparus mythiques, fixés au pochoir. Vitché puise dans les cultures traditionnelles, mêle objets en bois trouvés dans la rue, fer, boue, toile pour un hommage à lunivers du cirque. Ailleurs, des pans de murs, aux œuvres plus lisses.


Le véritable intérêt de l
exposition, cest la plongée profonde dans lunivers des graffeurs. Une évocation des origines historiques, politiques et sociales du mouvement à New York au début des années 1970, entre films, photos, notes de police — voir le «profil type du délinquant», captivant ! Et surtout une programmation documentaire passionnante, qui nous emmène des États-Unis à la France, en passant par la Suède où les writers étaient considérés comme des aliénés. Ne pas manquer Pixo, film sur les pixadores en action. Leurs tags au goudron sont apparus dans les années 1960, dans les rues de Sao Paulo. Comme beaucoup dautres, ils motivent leur action par le triple besoin de reconnaissance sociale, dadrénaline, de protestation. La phrase de lun dentre eux claque comme un manifeste : «La voix du peuple est sur les murs».

Né dans la rue - Graffiti, jusqu’au 29 novembre, Fondation Cartier, Paris 14e. Fermé lundi. 01 42 18 56 50.

Leur presse (Nedjma Van Egmond, Le Point), 24 septembre 2009.

Publié dans Agitation

Commenter cet article