Appel à un rassemblement en mémoire d'Umüt et en soutien aux deux incarcérés

Publié le par la Rédaction

 

Suite à la mort d'un détenu de Bochuz dans sa celulle sous les rires des gardiens, à celle d’un requérant nigérian dans lavion qui devait le reconduire contre son gré dans son pays et enfin à celle dun jeune homme fusillé par un policier sur lA1, nous ne pouvons pas rester indifférents. Ces événements particulièrement violents sintègrent dans un contexte général répressif contre lequel il sagit de réagir.


Appel à un rassemblement en mémoire d’Umüt et en soutien aux deux incarcérés

 

Face à une répression sanglante et qui semble acceptée par la population, nous appelons à réagir.


Dimanche 18 avril, Umüt, 18 ans, un jeune de Vaulx-en-Velin, a été abattu par la police. Après le vol de trois véhicules chez un concessionnaire, les policiers ont organisé une véritable souricière : ils ont fermé complètement l’autoroute et fait dégager les témoins potentiels. La voiture où se trouvaient Umüt et Yunus a eu les quatre pneus crevés en passant sur une herse et s’est immobilisée contre une barrière de sécurité.


Pourtant un des deux policiers présents sur le barrage a fait feu à sept reprises avec une mitraillette réglée au coup par coup en visant carrément les occupants. Le passager, Umüt, est mort d’une balle en pleine tête. Le conducteur a été interpellé sur place. Aucun des deux n’était armé ! Le policier qui a tiré a été entendu par un magistrat et a repris ses fonctions deux jours plus tard.


Dans le même temps, le frère jumeau du jeune abattu était interpellé et placé en détention. Or il était venu en Suisse avec sa famille pour récupérer le corps de son frère. Les autorités suisses ne lont même pas autorisé à assister à l’enterrement de son frère, le lendemain. Actuellement, il est toujours détenu en prison !


On assiste en un seul mois aux assassinats de Umüt, de Skander Vogt dans sa cellule en feu et de Joseph Nduaku Chiakwa dans lavion qui devait le renvoyer au Nigéria contre son gré. Dans cette histoire encore, les seules choses qui émergent sont la valorisation de laction policière et de la répression.


Lassassinat dUmüt (à peine considéré comme une bavure) est une suite logique de la volonté politique de stigmatiser un ennemi. Une ambiance xénophobe et ultra-sécuritaire est largement alimentée par les médias. La peur et linsécurité produites par un système capitaliste et autoritaire peut alors fantasmer des coupables : par exemple les voleurs et les étrangers qui par nature sont des voleurs («sils ne volent pas nos voitures, ils volent notre travail»). Les flics tirent à tire-larigot sur des voleurs, avec les matons et les juges laissent des gens crever en prison (au sens propre comme au sens figuré).


Nous appellons à la solidarité en mémoire de ceux qui sont morts et en soutien aux incarcérés. Mort aux vaches !  
Rassemblement le 6 mai à 19h place Saint-François à Lausanne.

 

Courriel, 1er mai 2010.

 

 

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nathalie 04/05/2010 17:59



A L abattoir ? il y a des signes qui ne peuvent plus tromper quiconque. A l’exception peut-être de ceux pour qui la myopie est une manière de conjurer l’histoire. Des signes qui nous
rappellent tragiquement à l’évidence de la guerre qui se joue partout. On pourrait gloser sans fin à savoir si cela est vraiment la guerre et croire qu’un instant peut-être on pourrait s’y
soustraire par la seule force du doute. Peut-on pourtant encore douter de ce qui se vit en Irak, en Afghanistan, à Gaza, dans les banlieues, dans les centres de rétention, dans n’importe quelle
prison, dans l’atmosphère irrespirable des open-spaces ou sur la chaîne des usines… En mars 1943, les habitants de Varsovie continuaient à emmener leurs enfants jouer dans les parcs sous les murs
du ghetto tandis que celui-ci brûlait pour en finir avec les derniers insurgés.


A quelle distance doit-on se placer pour dire si on est guerre ou pas ? Quoi que pensent et disent ceux qui aimeraient, envers et contre tout, toujours considérer la Suisse comme une île de
paix perdue au milieu de l’océan du monde, préservée de la tourmente générale, la guerre se joue aussi ici et maintenant. Et que l’on ne vienne plus nous dire que la guerre c’est loin, c’est
autre chose, quelque chose de bien plus grave. La guerre n’est ni nouvelle ni achevée. la guerre se perpétue et se déploie sous des formes infiniment sournoises. Elle se manifeste seulement avec
plus ou moins d’intensité selon les nécessités du moment avec ses armes, ses tactiques, ses stratégies et ses morts.


Là, c’est un Nigérian ligoté des pieds à la tête qui meurt étouffé lorsqu’on le force à embarquer sur un vol destination Lagos. Là, c’est un détenu qu’on laisse crever d’asphyxie dans sa cellule
de Bochuz pour s’en débarrasser définitivement. Encore là, c’est un môme à qui on loge une balle dans la tête pour avoir volé une voiture de luxe. Et c’est son frère qu’on jette en prison. Un
môme de 18 ans que la police vaudoise exécute sommairement parce qu’il incarne la figure de l’ennemi. Il a suffi à quelques journalistes d’invoquer les "gangs de lyonnais" ou de désigner ce môme
comme "connu des services de police" pour faire passer la pilule. Comme pour signifier qu’il n’y avait rien d’autre à penser hormis que Sébastien a joué et Sébastien a perdu. Et dire que ce sont
les même infâmes qui réclament courageusement en bons démocrates l’abolition de la peine de mort en Chine. Sébastien a été abattu. Pourquoi ? pour une voiture, qui aurait de toute façon fini
à la casse dans moins de 5 ans. Sébastien est mort parce que les flics tuent pour défendre et conserver un certain état des choses. On les paye aussi pour le faire. Maintenir l’illusion d’un
univers parfait composé de gentils citoyens avec des casques pour protéger leur tête et des gilets fluos sur leur bicyclette électrique qui s’alimentent en produits bios. Un petit bonheur
helvétique construit sur l’exploitation et la mise à sac du reste du monde. Si nous devions rappeler la liste des méfaits auxquels particepe ou collabore la Suisse nous n’y arriverions pas.


La confusion qui règne depuis si longtemps est telle qu’il est difficile de faire le rapport par exemple entre l’économie suisse et les SS qui pointaient leur luger sur la nuque de juif
ukrainiens en 1941. Et pourtant, précisément pour que ce geste-là ait été possible, il a fallu aussi qu’à ce moment historique, les troisième Reich puisse échanger son or à la confédération
helvétique et ses banques contre ses devises. Or, argent, diamants, pétrole, gaz, blé, riz, tout s’échange ici, tout se ventd, tout s’achète tout transite sur ces fameux comptes numérotés et fait
la fortune des banques et la richesse de la Suisse Ce pays est le coffre-fort du monde. Un coffre-fort qui recèle les vilains petits secrets de ce monde. Un coffre-fort rempli par des fortunes
gagnées sur des vies d’infortune. Et ici en Suisse, nous en profitons tous. Quoi qu’on en dise. Quoi qu’on en pense. Alors quoi de plus normal que ceux qu’on a dépouillés de tout viennent là,
dans ce pays, pour prendre de ce dont on les a privé. Dérober tout ce qui incarne les rêves de marchandises que ce monde ne cesse de nous vendre. de l’argent, tant qu’il y en aura, il n’y en aura
jamais assez pour tout le monde. Et tout le monde la sait. Et tout le monde feint de l’ignorer. La vérité, c’est que dans ce monde, Robin des bois est toujours un héros populaire et sympathique.
Tant qu’il restera un personnage de divertissement sur un écran de cinéma. Inoffensif. Quant à ceux pour qui le vol est une façon comme une autre de survivre, ils le payent chèrement. Parfois de
leur vie. Comme sébastien


On peut se dérober à la brutalité du réel. Une voiture pour un vie. On peut le faire et ne pas voir qu’il nous font la guerre et continueront à le faire. Certains persistent à parler d’accidents
ou de bavures. Qu’ils aient au moins la prudence de se taire et de retourner jouer à leurs bac à sable. Comme si la flexion dûn index de flic s’exerçait accidentellement sur la détente d’une arme
à fue. Bien sûr… Nous ne sommes pas dupes. Affirmer que Sébastien est mort assassiné est un minimum. Affirmer qu’il s’agit bien là d’une guerre en cours en est un autre. Nous ne demandons pas que
ce flic soit envoyé en prison. Nous ne demandons pas que justice soit faire. Surtout pas. Nous n’exigeons rien pour le moment si ce n’est la lébération d’Erdal et Yunus et de tous les
prisonniers. Même les innocents. En attendant…


En solidarité avec eux, rassemblement le 6 mai à 19h place Saint-françois à Lausanne.


DIE SCHWEIZ IST TÖDLICH. LA SUISSE TUE. SVIZZERA UCCIDE.