Appel à la solidarité internationale contre la farce judiciaire du procès des onze de Lisbonne

Publié le par la Rédaction


Le 22 janvier 2010, va commencer à Lisbonne un procès contre onze personnes détenues dans le contexte de la répression policière d’une manifestation anti-autoritaire contre le fascisme et le capitalisme, réalisée à Lisbonne le 25 avril 2007. Cette manifestation visait à s’opposer à une une démonstration du parti d’extrême droite PNR. Les onze compagnons, accusés doutrage et rébellion et de désobéissance civile, risquent jusquà 5 ans de prison.
La section de lAIT au Portugal appelle à la solidarité, y compris financière.

La manifestation du 25 avril 2007 avait été convoquée en réponse à la force croissante de l
extrême droite dans cette période, et notamment du parti PNR (Parti National Rénovateur) qui bénéficiait dune grande couverture médiatique pendant que les skinhead néo-nazis étaient plus nombreux dans les rues. Durant cette même période, celui qui a régné avec sa dictature militaire fasciste sur le Portugal pendant près de 40 ans, a même été élu «meilleur Portugais de tous les temps» dans un stupide concours télévisé !

Le message de la manifestation, réalisé le jour anniversaire de la chute du régime fasciste en 1974, était très clair : contre le fascisme, mais aussi contre le capitalisme et l
autorité.


La manifestation a commencé à 18 heures et a réuni plus de 500 personnes, ce qui est peu habituel au Portugal pour une manifestation au contenu anti-autoritaire et anticapitaliste.


La police a accompagné le cortège, mais n
est pas intervenue jusquà la fin, sur le largo de Camões. Après la fin de la manifestation, un groupe de 150 personnes ont continué leur chemin à travers le quartier de de Chiado. Dans la rue de Carmo, sans aucun avis, les CRS ont bloqué les deux issues de la rue et ont commencé à avancer, agressant tout le monde, manifestants et simples passants.



En conséquence de cette intervention policière, de nombreuses personnes ont été blessées, et 11 personnes furent arrêtées. Le commandement de la PSP (Police de Sécurité Publique) a immédiatement commencé une campagne dans les médias pour justifier l
intervention brutale des CRS, affirmant que les manifestants étaient en train de sattaquer aux biens et aux personnes, quils avaient été trouvés en train de préparer des cocktails Molotov, et que la police nétait intervenue quaprès plusieurs sommations explicites infructueuses pour disperser les manifestants.

Rien de ceci n
est vrai. La police na cherché à disperser personne. Elle a seulement cherché à frapper les manifestants. Ceux qui ont eu la malchance de tomber au sol ont été très durement cognés par les CRS avec leurs matraques et leurs bottes. On a même entendu un des chefs de la police présent sur les lieux crier à ses collègues «Frappez ces cocos de merde !» La persécution des manifestants sest prolongée dans les rues du Bas Lisbonne. Le nombre de personnes blessés est impossible à quantifier. Quant aux éventuelles ripostes contre des policiers, elles ne sont que le résultat dune légitime auto-défense face à une agression violente caractérisée et disproportionnée.


Parce que nous sommes en totale solidarité avec les motivations et le contenu de la manifestation du 25 avril 2007, et parce que les inculpés dans ce procès pourraient être n
importe lequel dentre nous, nous faisons un appel à la solidarité internationale contre la farce judiciaire qui doit se tenir début janvier au Tribunal du Parc des Nations de Lisbonne. Très symboliquement, ce «palais de justice de Lisbonne» se trouve en plein cœur dun centre commercial, entouré de demeures de luxes pour riches. Tout un programme…

La meilleure démonstration qu
il sagit dune farce est dailleurs le report du procès, qui était initialement prévu le 7 décembre 2009. En effet à louverture du procès, dans un tribunal qui pour loccasion était littéralement truffé de policiers en uniforme comme en civil, le juge ne put que constater que les notifications aux accusés navaient pas été faites et dû donc reporter immédiatement le procès. Même si apparemment les compagnons sont déjà jugés coupables par avance, la Justice se doit de garder un semblant de légalité…


Daprès un courrier de la section de l’AIT au Portugal
Actualité de l’anarcho-syndicalisme, 16 décembre 2009.


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