Anarchy In Besak : La Casa répond au maire Fousseret

Publié le par la Rédaction

Réponse à Jean-Louis Fousseret

 

Pour J.-L. Fousseret, les tags sur le monument aux morts des guerres coloniales françaises (comme tous ceux qui ornent la ville), les panneaux publicitaires Decaux détruits par centaines (comme toutes les dégradations de Besançon) sont le fait d’un groupe, celui de la CASA Marulaz.

 

Il ne l’a pas affirmé, mais seulement laissé entendre au journaliste qui n’a pas évité de clarifier sa pensée dans le torchon local, juste parce qu’un A cerclé avait été apposé sur une stèle.

 

C’est une idée fixe pour le Maire que la CASA soit une maison anarchiste, il n’en a jamais parlé que dans ses termes, et c’est bien la preuve qu’il ne s’y est jamais intéressé, il aurait vu la pluralité de personnes, d’avis, de sensibilités dont la ville regorge, et qui se sont croisés, qui ont partagé, qui se sont retrouvés dans ce projet.

 

Il aurait constaté, aussi, que nos méthodes n’étaient pas celles de la destruction, mais toujours de la construction, que nos idées étaient celles de l’ouverture et non du dogme, que nos contestations étaient pacifiques, parfois bruyantes et non violentes.

 

Mais avec une ouverture d’esprit digne de lui le Maire préfère justifier l’inexcusable expulsion en plein hiver en disqualifiant un mouvement de pensée qui fait pourtant rayonner Besançon et qu’il utilise lui-même pour la promotion de la ville (souvenons-nous de l’année des commémorations de Proudhon, philosophe anarchiste, et celle de Courbet, peintre et membre du Conseil de la Commune de Paris), pour mieux passer sous silence le dernier procès de la CASA (14 janvier) où il demande la destruction de toutes les affaires ainsi que la condamnation à 1000 euros d’amende des deux résidents, obligeant le collectif à récupérer dans l’urgence un peu des trésors que contenaient encore la CASA.

 

N’ayant jamais obtenu même un rendez-vous pour expliquer notre projet et sa faisabilité, nous avons pu expérimenter avec stupéfaction toute la considération que la Mairie pouvait apporter à un projet alternatif et autonome concret, une utopie en marche, soutenue par une large part de la population, des organisations politiques de gauche (NPA, Parti de Gauche, ATTAC, AFPS) ainsi que la Fédération Anarchiste, des syndicats (Sud, CNT) ainsi que l’Assemblée Générale Populaire, des associations et des collectifs (RBEA, Lectorium Bisontin, Resto Trottoir, Putain dans l’âme, le Cable…).

 

Dans un pays dominé par le sécuritaire de l’État, les collectivités territoriales, d’autant plus si elles se parent d’un drapeau socialiste déjà délavé, se doivent d’assurer à tous des espaces d’expressions sociaux et politiques s’ils ne veulent que cette expression n’explose de façon inconsidérée et désordonnée.

 

La CASA n’est plus un lieu où chacun peut vivre ses utopies collectives, et ce n’est pas dans une nouvelle salle du conseil municipal à 700'000 Euros que les Bisontins retrouveront le goût d’une démocratie qui n’en a plus que le nom.

 

CASA Marulaz, 2 février 2011.

 

 

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