Alliot-Marie : Des vacances en Dordogne

Publié le par la Rédaction

 

«On vit une époque où les dominants ne craignent rien, n’ont peur de personne, se sentent tout-puissants. Ils n’hésitent pas à s’étaler dans les journaux, à montrer leurs maisons, leurs femmes, leurs enfants, leurs richesses, leur pouvoir. Mais tout a une fin.
Le moment est peut-être venu de leur rappeler que tout cela pourrait bien changer un de ces jours. Une mauvaise humeur d’un type radical pourrait bientôt refaire son apparition et s’exercer, par exemple, à l’égard des caciques du petit écran, envers les patrons des multinationales de l’audiovisuel, contre les journalistes propagandistes du discours dominant. Comment avoir accès à ces gens-là ? C’est très simple : il suffit de lire les journaux.»
Pierre Carles, «Radicale mauvaise humeur»,
Le Matin, Bruxelles, 29 septembre 1999.

 

 

Et si Michèle Alliot-Marie passait vraiment ses vacances en Dordogne

 

La ministre, en pleine tourmente suite à ses vacances en Tunisie, a déclaré : «Je ne quitterai pas la Dordogne si ça continue». Dordogne, département où son compagnon possède une maison de famille.

 

 

 

 

«Maintenant, je vais être très attentive. Je ne sais pas où j'irai passer mes vacances, je pense que je ne quitterai pas la Dordogne si ça continue comme ça.» La déclaration de Michèle Alliot-Marie, samedi, au micro de France Info, laisse de marbre les habitants de Saint-Germain-des-Prés, en Dordogne. C'est en effet dans cette commune que le compagnon de la ministre des Affaires étrangères, Patrick Ollier, possède une maison de famille où ils viennent tous les deux se mettre au vert deux ou trois fois par an.

 

«Ils font ce qu'ils veulent, lâche un membre du Comité associatif germinois. Ils viennent chercher la tranquillité ici.» Au café Le Petit Saint-Germain ce client est du même avis : «C'est bien vrai ça, elle est peinarde ici.» Seule la tenancière de l'établissement est un peu échauffée par la polémique : «Ils peuvent pas la laisser en paix? C'est quand même pas les Français qui l'ont payé ce jet !»

 

Cette polémique enfle depuis qu'il a été révélé dans la presse que la ministre aurait utilisé par deux fois pendant les vacances de Noël le jet privé d'un proche de l'ancien président Ben Ali.

 

Leur presse (Sud-Ouest), 6 février 2011.

 

 

La maison de Belhassen Trabelsi, beau frère de l’ancien président tunisien,

brûlée dans les manifestations du 14 janvier dernier

 

 

 

 Saint-Germain-des-Prés (24) : dans le village du ministre Patrick Ollier

 

Patrick Ollier, nouveau ministre, revient régulièrement au pays avec sa compagne, Michèle Alliot-Marie.

 

Les badauds qui, profitant de leur repos dominical, sillonneront la commune de Saint-Germain-des-Prés, près d'Excideuil, à la recherche de la maison de famille de Patrick Ollier, risquent de tourner en rond un bon moment.

 

Certes, le bourg qui s'étale de chaque côté de la rue principale a une taille plutôt modeste. Mais la demeure du nouveau ministre chargé des relations avec le Parlement est pour le moins discrète. Et rien du tout — et certainement pas son aspect extérieur — ne peut laisser penser qu'elle abrite certains jours l'homme politique et sa compagne, Michèle Alliot-Marie, nouvellement nommée ministre des Affaires étrangères et européennes.

 

Pour tout dire, au bar Le Petit Saint-Germain, les clients qualifient même sans langue de bois la maison de «fort modeste et plutôt vilaine». Disons plus objectivement qu'elle ne paye pas de mine.

 

Patrick Ollier, qui a passé ici une partie de sa jeunesse, l'a héritée de son grand-père, qui fut le boulanger de la commune.

 

 

Une présence discrète

 

Érigée à l'extrémité d'une ruelle goudronnée, la demeure frappe d'abord le visiteur par son aspect plutôt massif et banal, son crépi grisâtre et ses volets blancs et clos. Pas de piscine à l'horizon, pas de gendarme ni de signes extérieurs de richesse. Certains y voient le symbole du caractère réservé du maître des lieux.

 

D'autres, avec un brin de malice, assurent au coin du bar que si la façade ne mérite pas le détour, l'intérieur, lui, vaudrait le coup d'œil.

 

Dans la commune, la nomination de l'enfant du pays à de hautes fonctions ministérielles alimente peu les conversations. Ici, on s'est habitué à voir rappliquer de temps à autre Patrick Ollier et sa compagne.

 

Dernièrement, tous deux ont déboulé sans crier gare à la Toussaint et sans bouleverser la tranquillité du village. Et assez régulièrement, le couple s'échappe de la capitale pour passer ici Pâques en famille ou se payer quelques vacances fin juillet pendant les fêtes patronales.

 

«Ils restent toujours très discrets et les habitants veillent à ne pas perturber leur quiétude, assure le maire François Lacroix. Tout le monde a conscience qu'ils recherchent ici un havre de paix.»

 

Sans doute pour préserver leur intimité, Bernard, chargé d'ouvrir les volets et de chauffer la maison familiale avant leur arrivée, ne dira rien sur leurs habitudes. Pour lui, un seul mot d'ordre : discrétion.

 

Lorsqu'ils séjournent à Saint-Germain-des-Prés,

MAM et Patrick Ollier se rendent régulièrement à Périgueux.

 

Un pain et trois œufs

 

Pour autant, Patrick Ollier et Michèle Alliot-Marie ne vivent pas reclus à Saint-Germain-des-Prés.

 

À l'occasion, ils apprécient de serrer quelques mains au village. Comme celles de Kiki. «Patrick, je le connais un peu, glisse ce dernier. C'est quelqu'un de sympa. Un jour, en rigolant, il m'a pris par le cou en me disant qu'il ne fallait plus l'appeler par son prénom puisqu'il était devenu député.»

 

Gigi se souvient quant à elle qu'un soir où les deux compagnons venaient de descendre assez tard de Paris, elle avait eu la surprise de les voir entrer dans la boulangerie, où elle travaillait alors : «Ils avaient acheté un pain et trois œufs. Trois œufs, pas un de plus, ça m'a bien fait rire.»

 

Comme l'assure Jean-Luc, qui s'échappe justement de la boulangerie un pain à la main, les deux ministres «ont plutôt un bon contact avec la population. Ils se promènent dans le coin, et MAM et Patrick ont longtemps effectué leur jogging dans les parages. Après, on les a moins vus, mais j'imagine que le temps leur manquait.»

 

MAM a également la réputation de gagner régulièrement Excideuil afin d'y effectuer ses emplettes bien plus discrètement que dans sa bonne ville de Saint-Jean-de-Luz.

 

Patrouilles

 

Pour autant, le couple ministériel ne passe pas toujours inaperçu. «Lorsqu'il descend de Paris, on voit patrouiller un bataillon de gendarmes, fait observer la patronne du bistrot. Mais il doit se sentir suffisamment en sécurité chez nous puisqu'il paraît que leurs gardes du corps dorment à Sorges.»

 

Au fil de la discussion, à la mairie comme au bistrot, les langues se délient un peu pour évoquer un léger contentieux avec Michèle Alliot-Marie. On rappelle qu'après les inondations qui, en 2007, avaient ravagé Saint-Germain-des-Prés, la commune avait sollicité un petit geste financier de la ministre, alors chargée de l'Intérieur. «Nous avions obtenu si peu qu'il est préférable d'oublier cet épisode», commente le maire un peu gêné. 

 

Leur presse (Pierre-Manuel Réault,
Sud-Ouest), 18 novembre 2010.

 


Publié dans Autodéfense

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HORCHANI Salah 08/02/2011 21:45



Allons au-delà de la devise  « Ne pas tout dire, ce n’est pas
mentir ! » !


On a l’impression, à travers les multiples déclarations de Madame Michèle Alliot-Marie, dans son offensive médiatique
tous azimuts, pour sa fébrile défense concernant les variables cachées de son escapade tunisienne, que Madame Alliot-Marie a perdu le sens des réalités et, par suite,  qu’elle ne sait plus ou bien qu’elle ne maîtrise plus ce qu'elle dit ; ainsi, par exemple, « elle a eu une parole qui lui a échappé », a
noté Valérie Pécresse. MAM a oublié que la Politique ( et surtout la Diplomatie) n’a rien à faire des états d’âme [ en vrac : je suis meurtrie ;  quand je suis en vacances, je ne suis plus
Ministre des Affaires Étrangères, je suis Michèle Alliot-Marie ; je vais en vacances
en Tunisie comme beaucoup de Français ; la prochaine fois, je ne quitterai pas la Dordogne; j’essaie de vivre le plus normalement possible ; il n'est pas question que je remonte dans un avion privé quelles
que soient les circonstances tant que je serai Ministre ; je ne recommencerai pas puisque cela choque ;…]. En un mot, dans sa plaidoirie, elle s’est conduite  comme une petite fille prise, en flagrant délit, le doigt dans le pot de confiture.


Dans ce contexte, il est bon de rappeler que « ce n'est pas le droit, mais la décence, qui devrait commander
que soit maintenue une ligne de démarcation entre l'exercice de hautes responsabilités d'Etat et des relations privées dans la sphère sensible des affaires
internationales ».


Au-delà de l’escapade tunisienne de MAM, le vrai événement que retiendra l’Histoire est la connivence, du moins la
complaisance, de la France, pays des Droits de l’Homme,  avec un régime dictatorial et ses suppôts, régime qu’elle a soutenu jusqu'à l’agonie. Cette connivence, ou complaisance, a conduit
son Diplomate au plus haut niveau  à commettre un impair historique en proposant, officiellement, alors que la Tunisie était à feu et à sang, devant
les représentants du Peuple français,  que la France prête
main forte au dit régime dictatorial, et ce en mettant à la disposition des   « autorités tunisiennes le "savoir-faire" de la France en matière de maintien de l'ordre » afin de réprimer le soulèvement populaire qui fut
le fer de lance de la "Révolution de Jasmin".


Et Lorsque le Dictateur a pris la fuite, le 14 janvier 2011, le Gouvernement français s’est contenté, timidement, de
« prendre acte de la transition constitutionnelle » tout en souhaitant « une solution démocratique et durable  à la crise » ; alors qu’à
Washington, le Président Barack Obama a salué, immédiatement et chaleureusement, dans une déclaration officielle, « le courage et la dignité des Tunisiens », déclaration qui
nous a rassuré, compte tenu de l’angoisse et de l’incertitude de l’instant, et a réchauffé nos cœurs : deux Diplomaties, deux styles !


Pour le moment, les divers errements au Quai d'Orsay se sont soldés, simplement, par le rappel de l'Ambassadeur de
France à Tunis. Dans ce cadre, l’Histoire retiendra que, le 14 janvier 2011, à quelques heures de la fuite en Arabie Saoudite de l'ex-chef de l'Etat Tunisien, un télégramme de l'Ambassadeur de
France  annonçait : « Le président tunisien a repris le contrôle de la situation »(sic).


Pour être complet, il convient de mentionner que ladite  connivence (ou
complaisance)   n’est pas, en réalité, l’apanage de la majorité, mais est  partagée par certains
ténors de l’opposition. Ainsi Dominique Strauss-Kahn [qui est d’origine tunisienne, via la lignée Fellous (mot arabe signifiant : poussin)], candidat potentiel à la Primaire Socialiste
Présidentielle pour 2012 et Président du FMI, a déclaré, le 18/1/2008 : « La Tunisie est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays qui sont
émergents »(sic). 


HORCHANI Salah


Professeur à la Faculté des Sciences de Tunis